Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Hoevenaars

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Hoevenaars
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Joseph Hoevenaars - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

2️⃣7️⃣ Joseph Hoevenaars

Né le 30 novembre 1932 à Anvers
Décédé le 15 juin 1995 à Anvers 

7 participations entre 1958 et 1964
4 jours en jaune

Joseph, dit “Jos”, Hoevenaars était un garçon cultivé et un coureur solide, dynamique et entreprenant, à la fois un rouleur et un bon grimpeur. Son père, Henri, fut le premier belge champion du monde sur route (chez les amateurs en 1925 à Apeldoorn), après avoir obtenu la médaille d’argent lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924. Il trouva la mort dans un accident de la route dans les rues d’Anvers, le 12 novembre 1958. Il était âgé de 58 ans.

Jos Hoevenaars est sélectionné pour la première fois pour la Grande Boucle en 1958, l’année du grand départ à Bruxelles. Il s’y comporte plus qu’honorablement. Il commence même très fort. Dès la première étape Bruxelles-Gand, il termine deuxième sur les talons de l’intouchable André Darrigade qu’il détrône le lendemain à Dunkerque et s’empare pour 24 heures du beau maillot jaune, dès son deuxième jour de course ! Lors de cette deuxième étape, l’Anversois s’est glissé dans une échappée de dix-huit coureurs qui a précédé le peloton d’une minute et quarante secondes. Jos connaît donc son jour de gloire pendant 177 kilomètres entre Dunkerque et Le Tréport-Mers-les-Bains où il doit céder son maillot au Néerlandais Wim Van Est. A l’issue de ce Tour remporté par Charly Gaul, Hoevenaars décroche un prometteuse dixième place qui, conjuguée avec la quatrième d’Adriaensens et la sixième de Planckaert, permet à la Belgique de remporter le challenge inter équipes.

Valeur montante au sein de l’équipe Faema, Jos Hoevenaars remporte la Flèche Wallonne l’année suivante. Tragiquement décédé cinq mois plus tôt, son papa n’est plus là pour l’applaudir. C’est dans la peau d’un leader que Jos prend le départ de son deuxième Tour de France. L’opposition est redoutable avec l’armada française composée de Bobet, Rivière, Anquetil et Géminiani auxquels il faut ajouter les grimpeurs Bahamontes et Gaul. Hoevenaars termine huitième de ce Tour 1959 où il a souffert du manque d’entente au sein de l’équipe belge. Cela ne l’a pas empêché d’endosser à nouveau le maillot jaune, cette fois à Aurillac, sur les routes escarpées du Cantal et de le conserver pendant trois jours, notamment contre-la-montre sur les pentes du Puy de Dôme, lors d’une étape remportée par Bahamontes. Hoevenaars cède sa précieuse tunique à Pauwels, un autre anversois, le lendemain à Saint-Etienne.

En 1960, il change d’équipe et émigre en Italie au sein de la Ghigi. Il endosse d’ailleurs le maillot rose qu’il conserve de la sixième à la treizième étape. Hoevenaars devient ainsi, après Rik Van Steenbergen, le deuxième belge de l’histoire à avoir porté les maillots jaune et rose. Il enchaîne avec le Tour de France où, lors de l’étape Pau-Luchon, il effectue une fameuse cabriole et rejoint miraculeusement l’arrivée dans les délais. Admirable de courage, Jos poursuit son calvaire, franchit héroïquement les Pyrénées mais doit capituler devant la douleur sur la route menant à Toulouse. 

En 1961, Hoevenaars change à nouveau d’équipe. Il rejoint Philco où il devient le lieutenant d’Emile Daems. Moins performant que par le passé, Jos termine onzième cette année-là. Il plafonne et se classe dix-huitième en 1962 et vingt-troisième, son plus mauvais classement, en 1963. Il revient en Belgique, chez Flandria, pour disputer son dernier Tour en 1964 qu’il abandonne lors de la douzième étape.

Une fois sa carrière terminée, Jos Hoevenaars devient représentant dans une fabrique de cycles établie à Mortsel.

A suivre : 2️⃣8️⃣ Eddy Pauwels

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