Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Jean Aerts

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Jean Aerts
Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Jean Aerts - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

1️⃣5️⃣ Jean Aerts

Né à Laeken le 8 septembre 1907

Décédé à Bruges le 15 juin 1992

5 Tours de France disputés entre 1930 et 1935
1 jour en jaune
Vainqueur de 12 étapes dont 6 en 1932:

  • Les Sables d’Olonne - Bordeaux 285 km) en 1930
  • Paris - Caen (208 km) en 1932
  • Metz - Belfort (220 km), Perpignan - Ax-les-Thermes (158 km), Luchon - Tarbes (91 km), Pau - Bordeaux (233 km), Bordeaux - La Rochelle (183 km) et La Rochelle - Rennes (266 km) en 1933
  • Metz - Belfort (220 km), Grenoble - Gap (102 km), Digne - Nice (156 km) et La Roche-sur-Yon - Nantes (chrono par équipes de 95 km) en 1935

Redoutable sprinter, Jean Aerts dispute son premier Tour de France en 1929. Il abandonne au cours de la dixième étape entre Luchon et Perpignan. L’année suivante, il revient sur le Tour avec le dossard...numéro un ! Ce Tour de France 1930 est celui des grands changements. En conflit avec la direction d’Alcyon, Henri Desgrange, le grand patron du Tour, a décidé d’abandonner les équipes de marques. Il crée les équipes nationales. La formule ne fait pas que des heureux. Elle écarte en effet de l’épreuve les petites nations cyclistes, telles le Luxembourg, la Suisse ou l’Autriche. Ainsi, Nicolas Frantz, vainqueur en 1927 et en 1928, deuxième en 1924 et en 1926, quatrième en 1925, cinquième en 1929 et vainqueur de...vingt étapes, n’est pas au départ ! Desgrange introduit également le classement par équipes. Pour la première fois, la caravane publicitaire fait son apparition. Elle doit permettre à l’organisation (qui prend en charge tous les frais et fournit même les vélos, tous de couleur jaune) de maintenir son équilibre financier. Ce Tour est aussi celui du premier reportage radiophonique en direct, assuré par Jean Antoine et Alex Virot.

Jean Aerts est le premier coureur de l’histoire du cyclisme belge à endosser la glorieuse tunique sombre de l’Escadron Noir (nom de l’équipe nationale belge) sur le Tour de France. Malade, il sera aussi le premier à devoir renoncer. Aerts abandonne au cours de la treizième étape, sur la route de Cannes, après avoir gagné au sprint à Bordeaux, terme de la sixième étape. André Leducq, malgré une lourde chute dans la descente du Galibier, s’impose à Paris. C’est la deuxième victoire française...depuis 1911 !

Voici ce qu’on peut lire alors dans le journal Les Sports : “Ce Tour de France est une épreuve d’une envergure un peu exagérée pour Jean Aerts, le brave ketje de Bruxelles, un morceau un peu trop gros à avaler, mais il a du coffre et de la volonté. Du courage aussi. L’avenir peut et doit lui réserver de beaux jours...” Belle prédiction, puisque Aerts deviendra, cinq années plus tard, champion du monde professionnel sur route.

En 1932, Jean Aerts remporte la première étape à Caen au terme d’une démonstration de l’Escadron Noir. Demuysere se classe deuxième, Schepers cinquième, Lemaire sixième et Loncke septième. Aerts endosse le maillot jaune, le seul de sa carrière, qu’il perd le lendemain entre Caen et Nantes. Retour de manivelle, Aerts, Demuysere et Schepers perdent dix minutes. Jean Aerts se classe treizième du classement final.

Le Tour 1933 est celui de la polémique pour le Bruxellois, qualifié d’individualiste au sein de l’équipe de Belgique pour ne pas avoir aidé Georges Lemaire. Aerts gagne l’étape Luchon-Tarbes mais la critique fuse : que faisait-il en tête au lieu de rester auprès de son leader pour le dépanner au besoin ? “Il est de ceux qui ne peuvent supporter le triomphe d’un équipier et il a voulu prendre pour lui une parcelle de sa gloire”, affirment ses détracteurs. Certains journalistes parlent de Lemaire comme du “petit Wallon abandonné par les Flamands.” Ce qui est injuste. D’abord Aerts est Bruxellois, ensuite il est ambitieux et surtout il est très très fort. Il remporte six étapes dont trois consécutives au cours de ce Tour ! Mais même la direction de son équipe le lâche : “Il avait pour mission, comme Rebry qui a rempli sa tâche avant d’être lâché, de rester avec Lemaire ".

Aerts termine neuvième du classement général remporté par Georges Speicher. Les bonifications ont joué un rôle (trop) important. Aerts en a récolté 14 minutes.

Lors de son dernier Tour de France, en 1935, Jean Aerts remporte encore quatre étapes et se classe vingt-neuvième du classement final. Quelques semaines plus tard, il devient champion du monde à Floreffe.

Aerts dirige l’équipe belge du Tour de France entre 1958 et 1960 avant de devenir le pilote du célèbre reporter de la radio belge (RTB), Luc Varenne.

Jean Aerts était également un passionné de jardinage et de vin. Il participait chaque année aux vendanges près de Bordeaux. Le Bruxellois avait aussi créé un véritable musée du vin dans une annexe de sa maison de Céroux.

A suivre : 1️⃣6️⃣ Georges Lemaire

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