Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Gustaaf Van Slembrouck

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Gustaaf Van Slembrouck
Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Gustaaf Van Slembrouck - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

9️⃣ Gustaaf Van Slembrouck

Né à Ostende le 25.3.1902
Décédé à Ostende le 7.8.68

3 participations au Tour de France entre 1926 et 1929
7 jours en jaune
4 victoires d’étapes :

  • Metz - Dunkerque (433 km) en 1926
  • Brest - Vannes (207 km) et Luchon - Perpignan (323 km) en 1927
  • Brest - Vannes (208 km) en 1929

Gustaaf Van Slembrouck, le costaud d’Ostende, était un solide rouleur mais de caractère fantasque. Lors de Paris-Tours 1927, en froid avec son directeur sportif, il se releva alors qu’il était seul en tête à proximité du but, et laissa la victoire à Henri Suter.

En 1926, Gustaaf Van Slembrouck dispute le premier de ses trois Tours de France. Il remporte la troisième étape à Dunkerque où il bat son compagnon d’échappée et équipier, le pourtant véloce Albert Dejonghe. Il faudra attendre dix minutes et quarante-cinq secondes pour voir arriver les cinq coureurs suivants ! Pour son troisième jour de course sur les routes du Tour, Gustaaf s’empare d’un maillot jaune qui était depuis deux jours sur les épaules de Jules Buysse. Le lendemain au Havre, il termine bien calfeutré dans un peloton de trente coureurs réglé au sprint par Félix Sellier. Il n’y en a que pour les Belges qui remportent les six premières étapes : Jules Buysse, Aimé Dossche, Van Slembrouck, Sellier, Adelin Benoit et Joseph Van Dam ! Van Slembrouck conserve le maillot jaune de port en port, le long de la Manche et de l’Atlantique, de sa victoire à Dunkerque aux Pyrénées, pendant sept jours. Il le cède à Luchon, au terme de l’effroyable étape pyrénéenne, à Lucien Buysse qui le conservera jusqu’au bout. Après s’être accroché dans les Pyrénées, Gustaaf abandonne dans les Alpes, au cours de l’étape Nice-Briançon. Cette année-là, les Belges gagnent douze des dix-sept étapes. Seuls l’Italien Bartolomeo Aimo et le Luxembourgeois Nicolas Frantz (quatre fois !) montent sur la première marche du podium. Quant au maillot jaune, il n’a jamais quitté des épaules flandriennes : Jules Buysse, Gustave Van Slembrouck et Lucien Buysse. Et dire que jusque-là, jamais un coureur flamand n’avait porté la célèbre tunique !

En 1927, il y a toujours plus d’étapes. Elles sont désormais au nombre de vingt-quatre ! Van Slembrouck s’impose à Vannes où il devance ses trois compagnons d’échappée : Geldhof, Van de Casteele et Martin... tous belges. À Perpignan, Gustaaf remporte aussi la douzième étape devant Nicolas Frantz, André Leducq et Maurice De Waele, soit (on ne le sait pas encore) les vainqueurs des Tours 1927, 1928, 1929, 1930 et 1932 ! Van Slembrouck termine quatorzième du classement final. C’est la seule fois qu’il atteindra Paris.

Gustaaf revient une troisième et dernière fois sur le Tour en 1929. Il n’a pas participé à l’édition précédente. Il y remporte un dernier succès, à Vannes, lors de la cinquième étape, en battant au sprint un peloton de vingt-sept coureurs. À Bordeaux, terme de la huitième étape, Van Slembrouck échoue de peu derrière le Français Julien Moineau dans un sprint à trois où Gaston Rebry termine troisième. Il abandonne dans la grande étape pyrénéenne menant les coureurs à Luchon.

Gustaaf Van Slembrouck était le joyeux drille des pelotons. On le voyait parfois fumant la cigarette en course afin d’offrir un bon cliché aux photographes. Le public était ravi et sa popularité croissante. Pierre Chany décrit une scène du Tour des Flandres dans " La fabuleuse histoire du cyclisme " (page 308) : " Alors que les coureurs en file indienne roulaient à toute allure sur un " cyclable ", il fut soudain éjecté et tomba KO sur la route. Une vache qui broutait tranquillement l’herbe sur l’accotement l’avait assommé d’un coup de queue ! Le temps pour Van Slembrouck de recouvrer ses esprits, le peloton était loin. Il s’étonna et se dirigea vers le bovin :

- J’ai soif, mon bidon est vide, et j’aime le lait ! Puis il entreprit de traire la vache ! "

À suivre : 1️⃣ 0️⃣ Hector Martin

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