Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Georges Vandenberghe

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Georges Vandenberghe
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Georges Vandenberghe - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

3️⃣6️⃣ Georges Vandenberghe

Né le 28 décembre 1941 à Oostrozebeke.
Décédé le 23 septembre 1983 à Bruges.
7 participations de 1965 à 1971
11 jours en jaune
3 victoires d’étapes dont 2 contre-la-montre par équipes :

  • Revel - Sete (191,5 km) en 1966

Georges Vandenberghe aura passé autant de jours en jaune que Hugo Koblet !

« Du talent mais trop timide. Il aurait souvent eu le droit de frapper du poing sur la table afin de bénéficier de davantage de collaboration de ses équipiers », disait son directeur sportif Guillaume Driessens.

Le Brugeois a disputé sept fois le Tour de France. Il y a remporté une étape et deux fois le classement des points chauds, en 1967 et 1968. Il y a surtout porté le maillot jaune pendant onze étapes en 1968.

En 1965, Georges Vandenberghe a 23 ans, et termine son premier Tour de France dans un relatif anonymat à la trente-neuvième place.

En 1966, le Flandrien décroche une discrète soixantième place dans un Tour qu’il marque cette fois de son empreinte. Il se classe troisième de la première étape à Charleville, derrière Rudi Altig et Willy Planckaert, mais devant Rik Van LooyIl remporte ensuite la treizième étape à Sete devant Tom Simpson et Guido De Rosso. Georges se classe encore troisième à Orléans.

En 1967, Vandenberghe gagne une étape au Tour d’Italie avant de prendre la route du Tour où il enchaîne trois jours de folie: vainqueur du contre-la-montre par équipes, puis troisième à Metz, et enfin deuxième à Strasbourg. Le Brugeois, encore deuxième à Bordeaux, termine quarante-cinquième à Paris et se classe surtout troisième du classement final du maillot vert, derrière les très véloces Jan Janssen et Guido Reybrouck.

En 1968, Vandenberghe est aligné au sein de l’équipe B de la Belgique.

Pendant le Tour, on le voit souvent avec un petit enregistreur sur lequel il écoute des chansons populaires allemandes. Et cela l’inspire manifestement puisqu’il passe onze jours en jaune. Deuxième de la quatrième étape à Rouen, derrière Georges Chappe, il profite de l’échappée pour faire un bond à la troisième place du classement général. Georges se classe encore troisième le lendemain à Bagnoles-de-l’Orne au terme d’une nouvelle échappée, de six coureurs cette fois.

Contre toute attente, il s’empare du maillot jaune dans la ville normande et compte un avantage confortable de 2’19” sur Bernard Guyot. L’après-midi, à Dinard, il conserve sa précieuse tunique et se classe troisième le lendemain à Lorient et quatrième le surlendemain à Nantes. Cet équipier discret mais au sens de l’humour aiguisé connaît tous les jours l’ivresse de la renommée en haut du podium où il ne satisfait à la cérémonie protocolaire qu’après avoir minutieusement ajusté... sa perruque et son dentier ! En course, Georges ne porte pas ces accessoires, mais avant d’endosser le maillot jaune, le Flandrien les sort discrètement d’un petit sac en plastique.

Sans être vraiment un grimpeur, Vandenberghe réalise des miracles dans la montagne surtout dans les descentes qu’il dévale à une allure vertigineuse, gommant des écarts de plusieurs minutes. De cette façon, il tient bon durant une douzaine d’étapes avant de rendre son maillot jaune à Aurillac, au profit de l’Allemand Rolf Wolfshohl. Le Brugeois détient alors la forme de sa vie et ses équipiers ont-ils vraiment tout fait pour défendre ses intérêts ? « Ses chances de victoire étaient réelles, mais il n’y croyait pas », affirma Driessens. Le clan belge préféra miser sur Ferdinand Bracke, un gentleman pour qui Vandenberghe travailla fidèlement. Malgré une chute lors de la dix-neuvième étape qui lui fit perdre beaucoup de temps, malgré un coude ensanglanté et un visage tuméfié, Georges n’abandonna pas et se classa dix-huitième à Paris.

En 1969, il entre à service d’Eddy Merckx et il remporte le contre-la-montre par équipes avec la formation Faema à Woluwe Saint-Pierre. Il se classe aussi deuxième à Montargis, huit secondes derrière son équipier Joseph Spruyt.

Vandenberghe abandonne lors de la dix-neuvième étape en 1970 après s’être classé deuxième de la deuxième étape à Angers, derrière Zilioli et avoir (encore) enlevé le contre-la-montre par équipes le lendemain. Il termine quarante-deuxième en 1971 avec une belle deuxième à Bordeaux dans le même temps que son ex-leader, Merckx, qu’il a quitté pour accompagner Guido Reybrouck chez Salvarini.

Entre-temps, Georges Vandenberghe, l’oncle d’un certain Johan Bruyneel, a déjà pensé à sa reconversion. Il a ouvert un car-wash à Sint-Michiels, une affaire florissante.

Il décède suite à un problème cardiaque à l’âge de quarante-et-un ans.

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