Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Freddy Maertens

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Freddy Maertens
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Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Freddy Maertens - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

4️⃣2️⃣ Freddy Maertens

Né le 13 février 1952 à Nieuport
3 participations en 1976, 1978 et 1981
9 jours en jaune
Maillot vert en 1976, 1978 et 1981
Vainqueur de 15 étapes :

  • prologue Merlin Plage - Saint-Jean-de-Monts (8 km), Merlin Plage - Angers (173 km), Le Touquet - Paris Plage (chrono de 37 km), Nancy - Mulhouse (207,5 km), Auch - Langon (86 km), Langon - Lacanau-Ocean (123 km), Montargis - Versailles (145,5 km), Paris - Champs Élysées (chrono de 6 km) en 1976
  • Caen - Mazé-Montgeoffroy (244 km) et Poitiers - Bordeaux (242 km) en 1978
  • Nice - Nice (97 km), Martigues - Narbonne Plage (232 km), Roubaix - Bruxelles (107,3 km), Beringen - Hasselt (157,4 km), Fontenay-sous-Bois - Champs Élysées (186,8 km) en 1981

Routier sprinter irrésistible et capable d’utiliser des braquets démentiels, Freddy Maertens est un surdoué qui passe professionnel dès l’âge de vingt ans. Il remporte Paris-Tours, l’Amstel Gold Race, le Championnat de Zurich, le Grand Prix de Francfort, le Grand Prix des Nations, Het Volk (deux fois) et Gand-Wevelgem (deux fois)...mais étrangement aucun monument.

Convaincu d’être un martyr du cyclisme, l’enfant terrible de Lombardsijde connaît une carrière chaotique et passe à côté d'une carrière exceptionnelle en raison de problèmes psychologiques qui le poussent parfois à user du dopage.

Désigné comme le rival de Merckx, le coureur natif de Nieuport n’affronte cependant jamais le " Cannibale " dans le Tour de France.

En 1976, Maertens débute dans le Tour sous les couleurs de Flandria-Velda. Il vient de remporter le titre de champion de Belgique à Beringen. Freddy triomphe huit fois dans cette Grande Boucle, comme seuls Charles Pélissier et Eddy Merckx l’ont fait avant lui et se classe huitième du classement final. Il porte le maillot jaune du premier jour à Saint-Jean-de-Monts jusqu’à l’Alpe-d’Huez où Lucien Van Impe devient leader de la course. Maertens dispute et gagne le prologue avec un développement de 55 x 12, ce qu’il n’avait jamais osé jusque-là. Il gagne aussi à Angers, au Touquet (un contre-la-montre où il rejette la concurrence à trois minutes), à Mulhouse, à Langon, à Lacanau, à Versailles et lors du chrono final des Champs-Élysées. Dans les semaines qui suivent, Freddy Maertens devient champion du monde, en Italie, à Ostuni, devant Francesco Moser.

En 1977, le Flandrien remporte Paris-Nice, le Tour d’Espagne et... treize des vingt étapes (!) avant de partir à la conquête de sept étapes dans le Tour d’Italie où il est contraint à l’abandon à la suite d’une chute.

En 1978, Maertens est toujours chez Flandria et revient une deuxième fois sur le Tour. Il y remporte deux étapes en trois jours, à Montgeoffroy et à Bordeaux.

Empêtré dans d’inextricables soucis financiers, traqué par le fisc, il disparaît des radars pendant deux ans. Freddy Maertens connaît une véritable descentes aux enfers. Ses visions du diable le conduisent à se faire exorciser.

Le Tour de France 1981 est celui de l’inattendue résurrection. Maertens y signe cinq victoires d’étapes et remporte un troisième maillot vert. On a cependant longtemps cru que Freddy ne serait pas dans la sélection Sunair-Colnago. “Je le dois à Maria, la femme de Guillaume Driessens (son Directeur Sportif). C’est elle qui l’a convaincu de me sélectionner.

Gery Verlinden est le leader l’équipe et Maertens, encore un peu enveloppé, n’est pas un coureur protégé. Ce qui ne l’empêche pas de gagner à Nice dès le lendemain du prologue. Il se faufile habilement et sort irrésistiblement du sillage de Sean Kelly. “Il s’en est fallu de peu que je n’éclate en sanglots”, se souvent le Flandrien. Dans la caravane, c’est le scepticisme pour ne pas dire la consternation : “comment est-ce possible” ? Quarante-huit heures plus tard, Maertens remet cela sur le large boulevard de Narbonne Plage en devançant Urs Freuler. L’incrédulité grandit. Le huit juillet, entre Roubaix et Bruxelles, Freddy pénètre en Belgique avec le maillot vert sur les épaules. Il est applaudi, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps et gagne à la Gare Centrale devant Freuler, encore. Le surlendemain, il s’impose une quatrième fois entre Beringen et Hasselt avant de parachever le travail le dernier jour sur les Champs Élysées. En attendant, personne n’a été capable de répondre à ce grand mystère : quelle est l’explication de ce retour miraculeux ?

L’état d’euphorie se poursuit à Prague où il remporte un deuxième titre mondial devant Giuseppe Saronni et Bernard Hinault, à l’issue d’un sprint impérial.

Affabulateur génial ou naïf manipulé, mythomane parano ou mouton égaré chez les loups ? Il doit une fière chandelle à Carine, son épouse qui sa carrière durant, fut davantage une mère poule qu’autre chose, auprès de son champion de mari aux muscles impressionnants mais à la cervelle de moineau”, écrit Claude Degauquier dans “Les Stars du cyclisme belge”.

A suivre : 4️⃣3️⃣ Willy Teirlinck 

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