Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Adelin Benoit

Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Adelin Benoit
Ces Belges qui ont porté le maillot jaune: Adelin Benoit - © Tous droits réservés

En 100 ans, 56 coureurs belges ont porté le maillot jaune. Pendant les mois qui viennent, soit jusqu’au grand départ du prochain Tour de France, je vous raconterai l’histoire (souvent croustillante) de chacun d’entre eux. Bonne lecture.

6️⃣ Adelin Benoit.

 

Né à Châtelet (Hainaut) le 12.5.1900

Décédé à Châtelet le 18.6.1954

 

3 participations au Tour de France de 1925 à 1927

5 jours en jaune

4 victoires d’étapes

  • Bayonne - Luchon (326 km) en 1925
  • Le Havre - Cherbourg (357 km) en 1926
  • Les Sables d’Olonne - Bordeaux (285 km) et Evian - Pontarlier (213 km) en 1927

En 1925, Adelin Benoit devient le sixième coureur wallon à revêtir le maillot jaune...alors que cinq Français seulement l’ont fait jusque-là !

Louis Mottiat arrive détaché à Brest. Benoit termine deuxième, comme la veille, mais il précède cette fois Ottavio Bottecchia de six minutes. Et il endosse le maillot jaune, trois ans après son dernier possesseur belge, Firmin Lambot.

Leader de Brest à Bayonne, Benoit le redevient dans les Pyrénées, pour une seule journée. Il s’impose en solitaire à Luchon avec plus de huit minutes trente d’avance sur le deuxième. L’étape Bayonne-Luchon commence comme un marathon nocturne, le contrôle de signature étant ouvert à minuit. Les coureurs restent en cortège jusqu’aux allées de Paulmy où le départ est donné à deux heures. Dans le col d’Aspin, Bottecchia est devant et semble au-dessus du lot mais Benoit, qui a bien géré ses efforts, revient progressivement sur l’Italien sur les pentes du célèbre géant pyrénéen. Le coureur de Châtelet le lâche même au bas de la descente, à Arreau. Benoit franchit aussi Peyresourde en tête et remporte la victoire avec plus de huit minutes d’avance sur son premier poursuivant, Omer Huysse. Bottecchia, troisième, termine à onze minutes. Adelin Benoit portera donc le maillot jaune entre Luchon et Perpignan. C’est la consternation au sein de l’équipe Automoto. Pendant la journée de repos, la consigne est claire : "Demain, dans Luchon, il faut faire sauter Benoit." Quand Lucien Buysse dit au journaliste Karel Steyaert (fondateur du Tour des Flandres en 1913) : "Demandez leur ce qu’il y a à gagner", l’étrange intermédiaire réponds : "200 francs par minute de retard que vous infligerez à Benoit." Buysse réplique : "Bottecchia sera leader demain soir, je m’y engage, mais je veux 10.000 francs de Bottecchia, 10.000 francs de Automoto et une part de ce que gagnera Bottecchia en primes dans le Tour."

Pendant qu’Adelin fait de beaux rêves, son sort est scellé. Le lendemain, le maillot jaune crève au pied du Puymorens. Lucien Buysse y met le grand braquet. Il grimpe à bloc avec Bottecchia et quelques autres qu’il a rallié à sa cause. Benoit n’a aucune chance de revenir. Adelin arrive à Perpignan avec quarante-six minutes de retard. Buysse fait ses comptes: 46 fois 200 = 9200 francs, prime de la marque, plus la part de Bottecchia qui va remporter son deuxième Tour, plus les primes de la firme, plus ses gains personnels. Le Flandrien n’a pas fait le déplacement pour rien !

Henri Desgrange ayant modifié son règlement cette année afin d’autoriser l’esprit d’équipe, il n’y a rien d’illégal dans le contrat tacite conclu entre représentants de la même marque. Adelin Benoit termine douzième à Paris.

Le Hennuyer remporte encore une étape à Cherbourg en 1926 en réglant au sprint un groupe de dix-neuf coureurs.

En 1927, Benoit gagne à Bordeaux et à Pontarlier. Il devance les deux fois au sprint ses quatre compagnons d’échappée.

Adelin Benoit renonce à la route en 1928 et s’oriente ensuite vers la piste, se focalisant sur le demi-fond et plus précisément les courses derrière grosses motos.

Son frère Auguste remporta Paris-Liège-Bruxelles pour indépendants en 1911.

 

A suivre : 7️⃣ et 8️⃣ Lucien et Jules Buysse

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