Affaire Froome: trois récusations, trois échecs pour le Tour de France

FRANCE SWITZERLAND CYCLING TOUR 2009 STAGE 15
FRANCE SWITZERLAND CYCLING TOUR 2009 STAGE 15 - © ERIC LALMAND - BELGA

Avant Chris Froome, déclaré persona non grata, les organisateurs du Tour de France (ASO) ont procédé par trois fois à une ou des récusations qui ont été contestées devant la justice sportive. A chaque fois, ils ont été déboutés.

 

Tour 1999: Saiz et Virenque réintégrés par l'UCI

Un an après la désastreuse édition de l'affaire Festina, le directeur du Tour Jean-Marie Leblanc ferme la porte avant le départ de Vendée à Manolo Saiz (responsable de l'équipe Once), qui avait insulté le Tour l'année précédente, à Richard Virenque, impliqué dans l'affaire Festina, et à l'équipe TVM, elle aussi concernée.

L'appel de Saiz et Virenque devant la commission disciplinaire de l'UCI, à l'époque présidée par le Néerlandais Hein Verbruggen, leur permet d'être réintégrés au bénéfice d'un vice de forme.

 

Tour 2006: le TAS autorise Astana qui finit par renoncer

A Strasbourg, le Tour bouillonne dans les turbulences de l'affaire Puerto, du nom d'un réseau de dopage sanguin, révélée en Espagne quelques semaines plus tôt. ASO refuse la participation de l'équipe Astana, dont le directeur sportif Manolo Saiz -toujours lui !- a été interpellé par la police. La formation désormais appelée Astana et dirigée par le Kazakh Alexandre Vinokourov, qui veut défendre ses chances dans le premier Tour de l'ère post-Armstrong, fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Le 29 juin, à deux jours du prologue, le TAS, par la voix d'un juge unique, constate qu'"aucune information officielle concernant cette enquête n'a encore été révélée par les autorités espagnoles" et autorise Astana à prendre le départ. Même s'il reconnaît que les organisateurs du Tour ont "pris leurs responsabilités en tentant de préserver l'image et la crédibilité de leur épreuve, ainsi que du sport cycliste en général".

Le lendemain, après examen du dossier remis par les autorités espagnoles, l'équipe de Vinokourov se voit contrainte de renoncer, en application du code éthique en vigueur qui prévoit la mise à l'écart des coureurs impliqués dans une procédure pour dopage. Cinq de ses neuf éléments sont concernés. Avec quatre coureurs rescapés, elle présente un nombre insuffisant par rapport au règlement pour s'aligner au départ.

 

Tour 2009: Boonen sur les rails du départ

Le 18 juin, ASO récuse le dernier vainqueur de Paris-Roubaix, le Belge Tom Boonen, qui a fait l'objet quelques semaines plus tôt d'un contrôle positif à la cocaïne, mais hors compétition. "L'image et le comportement de Tom Boonen sont incompatibles avec l'image du Tour de France et celle qu'un champion exceptionnel comme lui se doit de véhiculer", soutient la direction du Tour.

Les avocats de l'équipe Quick-Step de Boonen et du coureur saisissent le Tribunal de grande instance de Nanterre qui se déclare incompétent le 30 juin et les renvoie devant la Chambre arbitrale du sport du comité olympique française, celle qui sera encore compétente dans l'affaire Froome. L'affaire est examinée le 2 juillet, la sentence rendue le lendemain, 24 heures avant le contre-la-montre inaugural du Tour à Monaco. Boonen obtient le feu vert. Il abandonnera, fiévreux, au matin de la 15e étape sans jamais avoir tenu un rôle majeur.

Un an plus tôt, les organisateurs du Tour avaient déjà fermé la porte au coureur belge, qui avait déjà été contrôlé (hors compétition). Ni le coureur, ni son équipe, n'avaient alors contesté la décision.

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