Rik Verbrugghe : "Evenepoel en rose, 19 ans après moi ? Oui, c’est tout à fait possible"

Rik, imaginez-vous que Remco Evenepoel s’empare du maillot rose, lors du prologue du Giro en octobre, 19 ans après vous ?

"Ah ce serait bien, oui. Je le lui souhaite".

Est-ce possible ?

"C’est tout à fait possible. Le prologue devrait lui convenir".

Remco n’a aucune référence sur trois semaines. Que peut-on attendre de lui, d’après vous ?

"L’idée de départ était qu’il fasse deux semaines sur le Tour d’Italie. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le plan initial sera-t-il respecté ? Un abandon est-il toujours planifié ? On sent que les coureurs ont le feu. Ils ont beaucoup d’énergie. Ils veulent rouler le plus possible. Avec le confinement, ils n’ont presque pas couru cette saison. Ils n’ont fait que s’entraîner. Peut-être Remco voudra-t-il se tester sur trois semaines plutôt que deux. Je pense qu’il a les qualités pour briller sur trois semaines. On peut espérer quelque chose de lui prochainement sur le Tour de France. La Belgique attend depuis longtemps ce type de coureur mais il est encore très jeune et il faut preuve de sagesse avec lui."

Vous aviez disputé votre premier Giro à 27 ans, après trois Tours de France et un Tour d’Espagne. Est-ce un bon choix pour Evenepoel de commencer par le Tour d’Italie ?

"Je trouve que oui si on tient compte de la place du Tour d’Italie au calendrier initial et du fait qu’il y aura trois chronos. Dans mon cas, au début de ma période chez Lotto, on ne participait qu’au Tour de France. J’ai donc dû attendre plus longtemps avant de pouvoir aller sur les routes du Giro."

Evenepoel sera privé d’un de ses grands objectifs avec le report des Jeux Olympiques. Le fait de disputer le Tour d’Italie le privera aussi de Liège-Bastogne-Liège et, très vraisemblablement de la Flèche Wallonne qui se dispute trois jours avant le départ du Giro. D’autant que grimper le Mur de Huy et rouler un prologue sont athlétiquement et mentalement deux exercices incomparables, non ?

"Si la Doyenne avait été programmée le jour de la Flèche, peut-être aurait-il pu y songer car il est endurant et apprécie la succession de bosses mais la Flèche et la montée sèche du mur de Huy demandent des qualités d’explosivité qu’il n’a pas."

Vous comprenez donc qu’il opte pour un premier grand tour, quitte à ce que ce soit au détriment de (presque) toutes les classiques ?

"Oui, je comprends tout à fait le raisonnement. Cela va lui donner beaucoup plus de jours de courses et on va pouvoir tirer plus d’enseignements."