Koen Pelgrim, coach de Remco Evenepoel, avant le Giro : "Les chiffres montrent qu’il est prêt, mais ils ne disent pas tout"

À l’approche du départ du Giro, on cherche toujours à évaluer la forme de Remco Evenepoel. Où en est-il après neuf mois de revalidation et de travail intense pour revenir à la compétition ? Est-ce le Remco 'd’avant' ? Peut-il ambitionner un bon classement général ou doit-il se contenter d’essayer simplement d’aller au bout de ce premier grand tour ? Seul le coureur possède (peut-être) une partie de ces réponses. Remco, mais aussi son entraîneur Koen Pelgrim. Le coach néerlandais suit Evenepoel depuis un moment et il l’a accompagné lors de ses deux stages en altitude (trois semaines en mars à Tenerife et trois semaines en avril en Sierra Nevada). Dans le cyclisme d’aujourd’hui, où les chiffres semblent être plus importants que les sensations, l’entraîneur de la formation Deceuninck-Quick Step a un bilan statistique face aux yeux. Mais est-ce suffisant pour nous en dire plus sur la condition du jeune coureur ?

 


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"Les chiffres et les statistiques de performance qu’on a pu récolter et observer pendant sa préparation montrent que sa forme évolue, que c’est de mieux en mieux et qu’il est prêt à reprendre la compétition en course", explique Koen Pelgrim.

"Mais pour être honnête, les chiffres ne disent pas tout. Il faudra voir comment il va répondre face à la course, face à ce retour à la compétition. On connaît certains chiffres, on sait par exemple chiffrer sa condition physique par rapport au passé. Mais la course, c’est quelque chose de complètement différent. Voilà pourquoi il y a encore des points d’interrogations par rapport à ce qu’il peut faire et ambitionner dans ce Tour d’Italie. Quand on parle de grand tour, le tout est de savoir comment vous allez survivre à une course de trois semaines. Et par rapport à ça, nous n’avons aucun point de comparaison puisqu’il n’a encore jamais fait de grand tour. Ce n’est pas que physique, c’est aussi mental et tactique".

Tout miser sur l’entraînement plutôt que sur des courses

L’entraîneur de l’équipe Deceuninck-Quick Step a également expliqué et justifié le choix de le faire commencer le Giro à blanc, sans aucun jour de compétition dans les jambes. "On a surtout fait le choix de faire recommencer Remco sur le Giro parce que le temps pour se préparer était très limité. Il a seulement pu reprendre l’entraînement sur son vélo à la mi-février, donc on était vraiment sur une période courte pour reconstruire sa condition physique. On a donc privilégié l’entraînement à la compétition, en essayant de ne pas brûler les étapes. On ne voulait pas lui mettre de pression en lui programmant une course avant ce Giro".

"En compétition, il y a inévitablement toujours plus de tension et de pression. Quand vous épinglez un dossard, vous voulez performer. Comme on n’avait que deux mois pour se préparer, on a considéré qu’il était préférable de tout miser sur l’entraînement plutôt que sur des courses. Ça permettait aussi de mieux contrôler et gérer sa progression. Le mettre sur des classiques d’un jour n’aurait pas vraiment eu de sens et quand on voit la météo qu’il y a eue au Tour de Romandie, c’était préférable de ne pas y aller. C’est évidemment toujours délicat et difficile de reprendre la compétition, qui plus est sur un grand tour. Mais encore une fois, il a une bonne condition et s’est bien préparé", précise Koen Pelgrim.

Un Giro sans objectif concret

Alors que tous les observateurs se demandent s’il peut aller chercher un résultat (un classement au général ou une victoire d’étape), Koen Pelgrim tempère. "On n’a pas envie de lui mettre de pression, par exemple par rapport à ce chrono de la 1ère étape et d’un éventuel maillot rose. S’il parvient à accrocher les meilleurs dans ce chrono, ce sera une surprise pour nous. Un chrono plus long aurait été plus intéressant pour lui, avec ses qualités. Il préfère un long effort à l’explosivité. Pour ces raisons, il ne sera pas le grand favori pour cette 1ère étape et ce premier maillot rose".

"Après, vous dire s’il peut aller jusqu’à gagner ce Giro… c’est une très bonne question ! C’est tellement difficile à dire, personne ne peut prédire ce qu’il va se passer. Est-ce qu’il sera dans le coup ou pas ? Je ne pense pas qu’on puisse le considérer comme un grand favori. On verra s’il peut se mêler à la grande bagarre pour le général. Ce n’est pas notre objectif, le but était de lui permettre de prendre le départ et d’être compétitif. D’ailleurs, on ne lui a pas fixé d’objectifs concrets pour ce Tour d’Italie. Remco a beau être un grand talent, on ne sait pas comment il va répondre à cette charge de trois semaines d’efforts. On entre dans cette course avec l’esprit libéré et on verra. Si des résultats positifs arrivent, tant mieux !" conclut Koen Pelgrim.

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