Impérial au Tour de Burgos, Remco Evenepoel s'est érigé en candidat crédible pour le Giro

Impérial au Tour de Burgos, Remco Evenepoel s'est érigé en candidat crédible pour le Giro
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Impérial au Tour de Burgos, Remco Evenepoel s'est érigé en candidat crédible pour le Giro - © TOMAS ALONSO - BELGA

Vainqueur du Tour de Burgos, Remco Evenepoel (Deceuninck-Quick Step) poursuit son sans-faute cette saison. Trois courses par étapes, trois victoires. Et à chaque fois avec la manière. Le gamin de Schepdaal plaît par son tempérament offensif, il impressionne la concurrence. Malgré son inexpérience, certains n’hésitent pas à faire du champion d’Europe du chrono un candidat au maillot rose sur le Giro.

Porté autant par l’insouciance de ses 20 ans que pas son assurance, Evenepoel bouscule l’ordre établi. Phénomène de précocité, Remco nous a habitués à brûler les étapes. Sur la selle comme au niveau du palmarès, la patience très peu pour lui. Époustouflant dès sa première année pro, le louveteau de Lefevre avance dans la saison de la confirmation avec maestria. San Juan, Algarve et Burgos, trois courses par étapes. Et à chaque fois la même issue : la victoire. En 17 jours de courses, il a glané… 7 bouquets.

Des stats étourdissantes, souvent assorties de numéros sur le vélo. Malgré tout, son succès en Castille et León est un cran au-dessus pour plusieurs raisons.

La concurrence d’abord. La start-list de Burgos avait de la gueule. Richard Carapaz, Alejandro Valverde, Mikel Landa, George Bennett, Esteban Chaves, Adam Yates, que des candidats à un Top 10 sur un grand tour. Aucun d’eux n’a pu suivre Evenepoel au sommet de Picon Blanco. Pouvoir toiser tous ces noms-là, ce n’est pas rien. Un peu moins bien ce samedi vers Lagunas de Neila, il a fait plus que limiter la casse, puisqu'il a terminé troisième en ne concédant qu'une poignée de secondes.

La manière ensuite. Cette fois Remco n’a pas eu besoin d’un chrono – sa spécialité – pour asseoir sa domination. C’est en montagne, au sommet d’un vrai col (8,5 km à plus de 9%), qu’il a fait la différence dès le troisième jour. Et déjà balayé certaines interrogations. On attend encore de voir comment il encaisse, les enchaînements de cols, typiques des Grands Tours.

Sa démonstration de force a marqué les esprits. "Ce gamin est une machine" a titré Marca le lendemain. Suffisant pour le proclamer candidat à la victoire sur le Giro ?

Si on parle de capacité ou de jambes, il est un de mes favoris

Alberto Contador et Ivan Basso le pensent. "Il est capable de tout faire", résument d’une seule voix les deux ex-vainqueurs du Tour d’Italie dans une interview commune réalisée par l’organisateur du Giro. "Au niveau des watts par kilo, il a les chiffres pour gagner un grand tour. Si on parle de capacité ou de jambes, il est un de mes favoris", ajoute El Pistolero.

"C’est définitivement un talent extraordinaire. Du peu que je le connais, il est aussi très fort mentalement, il a le niveau psychologique d’athlètes matures et expérimentés. Il sait ce qu’il veut, il sait où il veut aller et cela fait la différence dans le peloton", complète l’Italien.

Quid sur trois semaines ? Quid de son équipe ?

La capacité de Remco a digéré les efforts reste un grand point d’interrogation. Sur une semaine, il a montré sa valeur. Mais sur trois. "La chose cruciale avec Remco, c’est de savoir comment il va évoluer dans la deuxième et la troisième semaine. C'est tout à fait neuf pour lui", souligne Contador.

D’autant plus que la fin du Giro s’annonce folle avec trois arrivées au sommet et un chrono individuel dans les cinq derniers jours. Tout pourrait se jouer entre la 17e et la 21e étape.

L’autre élément clé concerne son équipe. Sera-t-elle assez forte pour l’épauler ? Là aussi on a eu un début de réponse à Burgos. Joao Almeida, lui aussi très jeune, a laissé entrevoir des belles choses. Un élément intéressant pour l’avenir mais sur le court terme, le Portugais n’a pas plus de planches que son leader.

Pieter Serry, James Knox, voire Mattia Cattaneo (pas présélectionné) seront sans doute appelés à encadrer le prodige et à l’accompagner le plus loin possible quand la route va s’élever. Le vétéran Iljo Keisse et Remi Cavagna joueront, eux, les anges gardiens dans la plaine.

Le Wolfpack démontre depuis des années sa science de la course dans les Classiques. Avec Evenepoel, l’équipe de Patrick Lefevre va aussi devoir s’adapter. Dans sa riche carrière, le mage de Moorslede a tout gagné, sauf un Grand Tour. L’heure va peut-être sonner… plus tôt que prévu.

S’il devait s’imposer à Milan le 25 octobre, Remco Evenepoel deviendrait le plus jeune vainqueur du Giro depuis Fausto Coppi en 1940. Notre compatriote manquerait le record pour seulement… 7 petits jours.

"Prendre du plaisir et arriver à Milan", mais pas seulement

Evenepoel affirme vouloir "prendre du plaisir et arriver à Milan". Mais il ne faut pas pousser beaucoup le champion d’Europe du chrono pour qu’il dévoile ses ambitions. "C’est mon premier grand tour, donc d’abord essayer de survivre à une course de trois semaines et voir comment mon corps réagit. Mais on ne sait jamais, si je me sens bien peut-être que je pourrais jouer le général. Le plus important est d’essayer de me battre pour une bonne place au classement. Après on verra de quelle position il s’agit. 1er, 5e, 10e, peu importe tant que j’ai pu tirer le maximum de mon corps je serai content".

Son côté "gagneur" surgit très vite. Quand on lui parle de la première étape, un chrono, il raisonne comme un candidat au Général. "Est-ce que je vise le maillot ? Non, je veux d’abord creuser l’écart par rapport aux autres candidats (Carapaz, Nibali) au classement. Je vais y aller à fond et si le maillot est au bout de l’effort, ce sera un extra. Est-ce que ce Giro arrive trop tôt ? Non ! On part pour trois semaines et on verra. Cela va être trois semaines de bataille. Je n’abandonne pas facilement. Mon gros avantage c’est mon contre-la-montre. Je dois survivre dans les cols. Je travaille dur pour ça".

Il a prouvé à Burgos qu’il était dans la bonne direction.

 

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