Filip Sercu, masseur de Remco Evenepoel : "Il a presque retrouvé sa musculature, il ne manque que quelques pourcents"

Filip Sercu est sans aucun doute l’une des personnes qui a le plus côtoyé Remco Evenepoel avant son retour à la compétition. Ce soigneur-masseur de l’équipe Deceuninck-Quick Step a accompagné le champion dans ses différents stages en altitude préparatoires au Giro. Si quelqu’un connaît parfaitement les jambes de Remco c’est Filip ! Nous lui avons donc demandé où en était "R.EV".

Pour préparer son retour à la compétition sur les routes du Tour d’Italie, Remco Evenepoel a notamment choisi de s’isoler en Espagne pour deux longs stages en altitude. Trois semaines en mars du côté de Tenerife et de son célèbre volcan Teide. Et ensuite, en avril, trois nouvelles semaines dans la Sierra Nevada, au sud de l’Espagne. Sur place, le coureur de Schepdaal était entouré de quelques équipiers (João Almeida, Mikkel Honoré ou encore Fausto Masnada), mais aussi d’un entraîneur (Koen Pelgrim) et d’un soigneur : Filip Sercu. "L’ambiance était très familiale, en petit comité. Tout était tranquille et relax, mais on savait tous qu’on est là pour travailler et atteindre un résultat", confie Filip Sercu (petit-fils de l’ex-coureur Albert Sercu et neveu de Patrick Sercu, ancien spécialiste de la piste et des six jours et partenaire d’Eddy Merckx).

"Pour ses stages, Remco a demandé un soigneur belge parce que c’est plus facile de communiquer avec quelqu’un qui parle la même langue. C’était important pour lui que tout soit au top dans ses deux stages. Tout s’est bien déroulé. On a eu de la chance avec la météo et dans ce genre de rendez-vous c’est important d’avoir du bon temps, ça permet de suivre exactement le programme d’entraînement prévu. C’était vraiment agréable de travailler avec lui. Il est très professionnel et sait ce qu’il veut. Il suit toujours très bien et de manière stricte les instructions de l’entraîneur ou du diététicien. C’est un gros bosseur et il est très sérieux dans son métier. Pour moi, c’est facile de travailler avec quelqu’un comme ça", explique le soigneur qui travaille depuis 20 ans dans les pelotons.

"La journée type se déroulait comme ceci : petit-déjeuner, présentation du programme de la journée, entraînement de trois, quatre, cinq ou six heures. Puis quand il rentrait, moi j’avais préparé quelque chose à manger. Un peu de repos et puis c’est le massage. Pour moi, le plus grand travail c’est ce massage car il travaillait dur sur le vélo et les muscles souffrent. Il faut aider à la récupération de ces muscles pour pouvoir repartir au travail le lendemain et progresser au fur et à mesure des efforts. Ça peut paraître comme du luxe de partir en stage avec son propre masseur et son propre entraîneur, mais c’est nécessaire pour bien travailler".

J’ai vu une évolution positive dans les muscles de ses jambes

Filip Sercu a passé des heures à manipuler les jambes de Remco. Alors, elles sont comment ses jambes ? "Après les entraînements elles étaient dures évidemment ! C’était alors à moi de jouer pour les rendre le plus souple possible en fin de journée. Durant le premier stage, je sentais que ses jambes étaient vraiment dures et contractées après les premiers entraînements. Mais au fur et à mesure, j’ai senti que les muscles s’adaptaient à la charge de travail et aux efforts. J’ai vu une évolution positive. Je dirais qu’il a presque retrouvé sa musculature d’avant, il ne manque que quelques pourcents. Il est prêt pour reprendre la compétition. J’ai le sentiment qu’il est prêt pour ce Tour d’Italie, oui. La grande question pour lui c’est maintenant de savoir comment son corps va réagir dans une grande course à étapes de trois semaines. C’est logique, c’est sa première fois".

La fracture au bassin ? Tout est bien guéri

Est-ce que Remco a complètement récupéré de sa fracture au bassin ? C’est la question que tout le monde se pose avant ce Tour d’Italie. Pour Filip Sercu, il n’y a eu aucun moment de doute par rapport à ce bassin. "Pendant le stage, certainement pas ! Tout était programmé avec un plan et il a suivi ce plan sans aucun problème, et sans ressentir de doute. Au niveau des soins et des massages, nous n’avions pas besoin de travailler sur la zone du bassin qui a été fracturée. Tout était très bien guéri".

Maisons, voitures, Netflix et… une petite siesta !

Pendant six semaines, sur la table de massage, Filip et Remco ont refait le monde. "Souvent, pendant le massage, on regardait le final des courses cyclistes en cours. On parlait un peu de la course mais ensuite on évoquait assez vite la vie à la maison, les voitures, les maisons, les programmes sur Netflix, etc. On parle un peu compétition au début mais après ça change vite. Après, quand il avait fait six heures d’entraînement, Remco ne parlait pas beaucoup tant il était fatigué, c’est normal. À ce moment-là, il faut bien le laisser récupérer et même le laisser faire une petite 'siesta' sur la table de massage (rires) !". Dans le milieu cycliste, la relation entre le coureur et le masseur a toujours été particulière. "Oui c’est vrai, notamment parce qu’on parle de choses très intimes sur cette table de massage, des choses confidentielles. Ce qui se dit sur la table de massage reste sur la table de massage ! Le plus important est que le coureur soit le plus tranquille possible, être à son écoute et travailler en fonction de son ressenti à lui".

Un Giro réussi ? Minimum gagner une étape !

Filip Sercu a maintenant fini son travail avec Remco. Nous lui demandons donc ce que l’on peut attendre du jeune coureur pour ce premier grand tour ? "Moi, je ne peux vraiment pas répondre à cette question. On va voir où il va avec ce Giro-là. Un Tour d’Italie réussi je dirais que ce serait de minimum remporter une étape. C’est un compétiteur extrême, il va se battre avec tout son cœur pour y arriver. Quel message je lui enverrais juste avant le départ du Giro ? Je dirais : 'Reste bien tranquille et crois en toi' ", conclut Filip Sercu.

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