Saugrain : "Pedersen pétri de résistance, la Belgique à contretemps"

La victoire de Mads Pedersen analysée par Cyril Saugrain
La victoire de Mads Pedersen analysée par Cyril Saugrain - © Belga et RTBF

Après la victoire surprise de Mads Pedersen aux championnats du monde du Yorkshire, notre consultant Cyril Saugrain débriefe la course. Le maillot arc-en-ciel du Danois, la fringale de Mathieu van der Poel et les difficultés de l’équipe belge, découvrez son analyse ci-dessous.

Pedersen pétri de résistance

"Mads Pedersen a fait un numéro, il était solide. Rappelez-vous de ce Tour des Flandres en 2018, quand il vient terminer 2ème. Il était parti dans une longue échappée, sans coincer et faiblir dans le final. Il aime les courses usantes. Il était en difficulté toute la saison. Mais le week-end dernier, il a gagné le GP d’Isbergues de manière admirable, avec une échappée solitaire où il a résisté au peloton. Il va encore courir puisqu’il sera au départ du Tour de l’Eurométropole, en Belgique, samedi prochain. Un Mads Pedersen pétri de talent et je dirais pétri de résistance".

La fringale vous cueille d’un seul coup

"C’est clair que personne ne s’attendait à cette fringale de Mathieu van der Poel. La fringale, elle vous guette tout le temps. On a eu des conditions climatiques difficiles. C’est compliqué à gérer, mettre la main à la poche avec le coupe pluie, la veste, les gants,… Peut-être que vous n’allez pas à la poche de manière aussi facile que quand il fait beau. Avec le froid, vous puisez beaucoup plus d’énergie. Et puis quand ça vous cueille, ça vous cueille d’un seul coup. Avant le coup de fringale, on a même un petit pic, on se sent mieux quelques kilomètres avant. C’est ce qui est arrivé à Mathieu van der Poel. Il s’est écarté, il s’est garé et il prend plus de 10 minutes en six ou sept kilomètres".

Une Belgique à contretemps

"C’est toujours compliqué une course d’un jour, il ne faut pas se louper. Les Belges ont couru un peu à contretemps. La tactique a été perturbée par la chute de Philippe GilbertRemco Evenepoel fait l’effort pour le ramener. Et à ce moment-là, devant, Tim Declercq fait le forcing. La communication n’était pas possible sans les oreillettes. Ça a peut-être anéanti le retour de Gilbert. Deuxième chose que je pointe, c’est quand Oliver Naesen demande un relais à Yves Lampaert. On est à ce moment-là à 10 ou 13 secondes du groupe de tête. Et Lampaert met un relais qui nous paraît un peu mou, un peu creux. C’est d’ailleurs Naesen qui reprend le relais un peu plus loin, mais il est cuit. Du coup, l’écart grandit et la Belgique est à contretemps. Finalement, Greg Van Avermaet ne termine pas si mal que ça (8ème). Il aurait peut-être été un peu court, mais en prenant les bons wagons, ça aurait pu inverser la tendance".

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