Remco Evenepoel est-il vraiment le petit Cannibale ?

Remco Evenepoel ne se contente pas de gagner les courses : il écrase, voire ridiculise ses adversaires. Avec parfois plusieurs minutes d’avance, soit quelques km/h en plus sur la route… Evenepoel est un phénomène. Depuis ses débuts en compétition il y a… un an et demi à peine, le jeune Belge a tout gagné, des championnats de Belgique (contre-la-montre et en ligne) à ceux d’Europe (même doublé), en passant par des courses à étapes, en Belgique et en Italie, et maintenant les Mondiaux de chrono. Un vrai "petit Cannibale". Sans surprise, ce surnom apparaît déjà par-ci par-là, et certains vont au bout de l’idée en parlant carrément du "nouvel Eddy Merckx" ! Gérard Bulens, consultant vélo RTBF, tient à nuancer : "C’est un phénomène au niveau de son âge et de la catégorie des juniors, c’est vrai. Mais on a déjà pensé par le passé avoir un autre Eddy Merckx, avec un autre junior qui avait beaucoup de qualités. C’était Frank Vandenbroucke, en 1992. Puis un autre encore avec le malheureux Igor Decraen [ndlr: champion du monde junior en 2013, décédé en 2014]… Donc il faut être réaliste : ce que Remco Evenepoel a fait jusqu’à présent est extraordinaire mais il sera très important de le laisser évoluer le mieux possible sans aucune pression médiatique, pour qu’il puisse continuer sa progression sans perdre le fil, les 2 pieds sur terre. Dans 10 ans, on pourra peut-être parler d’un nouveau Cannibale. Mais aujourd’hui non, pas du tout."

Pro, sans transition

C’est que le jeune Remco va (en plus) découvrir l’an prochain les courses professionnelles au sein de l’équipe QuickStep, sans passer par la case " Espoirs ", la catégorie des moins de 23 ans. En clair : il va passer de courses de 120 kilomètres à des compétitions parfois deux fois plus longues. Un autre monde à découvrir, une évolution à digérer, sans transition (une Classique Espoirs tournant plutôt autour des 180 kilomètres). "Heureusement, il apprendra tout cela avec Patrick Lefevere, soit quelqu’un de très respectueux des jeunes coureurs au niveau de leur programme. Je pense que c’est pour cela que Quick-Step l’a engagé, pour ne pas le " perdre ", le voir partir chez Sky par exemple. Chez Patrick Lefevere il restera dans un giron belge, dans une ambiance familiale, et il pourra d’ailleurs rentrer assez souvent dans sa famille, dans sa région."

D’autant plus qu’à 18 ans, Remco Evenepoel n’a pas encore un gabarit très robuste. "Beaucoup de choses doivent encore se mettre en place, physiquement, musculairement, mais aussi mentalement". Et le passé de footballeur du jeune homme pourra peut-être bien lui servir : "Il va se frotter au monde des pros, avec des gens plus âgés qui ne vont pas hésiter à tackler le petit jeune s’il faut le tackler ! On ne lui fera pas de cadeau. Il ne faut pas se voiler la face : des gars routiniers chez les professionnels n’aiment pas se faire taquiner par un petit jeune. Heureusement, chez Quick-Step je pense qu’il sera bien encadré pour ça, parce que c’est un aspect qu’il ne faudra pas négliger."

Il sera en tout cas très intéressant de suivre les prestations du "golden boy" de la catégorie junior l’an prochain sur les courses pros. Entouré d'équipiers aussi talentueux que roublards et avec un Philippe Gilbert qui pourrait bien voir en lui un nouveau disciple à intégrer au mieux dans le " Wolf Pack " Quick-Step…

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