Il y a 30 ans, Criquielion perdait le titre mondial sur un coup de coude de Bauer

Le 28 août 1988, les championnats du Monde se déroulent en Belgique, à Renaix. Claudy Criquielion, qui a remporté le titre mondial quatre ans plus tôt, rêve de renouveler l'exploit devant son public. Mais le Canadien Steve Bauer va en décider autrement. 

Ce jour-là pourtant, Claudy Criquielion est bien le plus fort. Parti dans une échappée avec l'Italien Maurizio Fondriest, le Belge est en excellente position pour l'emporter, jusqu'à ce que Steve Bauer revienne sur le duo sous la flamme rouge. Cette donnée change tout car le Canadien est intrinsèquement le plus rapide au sprint.

C'est d'ailleurs lui qui lance les hostilités mais dans la dernière ligne droite, il coince. Criquielion commence alors à le déborder sur la gauche de la route. L'espoir a changé de camp et la Belgique se voit déjà avec un nouveau maillot de champion du Monde.

Mais voilà, à quelques mètres de la ligne, sentant la victoire lui échapper, Steve Bauer coince Criquielion contre la balustrade et ferme la porte. Il donne un coup de coude dans le guidon du Crique. Le Belge ne peut éviter la chute et heurte une barrière. Il est au sol, tout comme ses espoirs de deuxième couronne mondiale. Le troisième larron de l'échappée, l'Italien Fondriest, légèrement distancé durant le sprint, profite de ce fait de course pour sauter Bauer sur la ligne et remporter le maillot arc-en ciel.

Criquielion, lui, est à terre, son vélo inutilisable. Il passe la ligne à pied, le vélo à la main et prend la 11ème place. Déçu, meurtri, l'originaire de Deux-Acren, tentera de trouver réparation devant les instances du cyclisme et même devant le tribunal, sans succès.

Plus de 25 ans après cet incident, Claudy Criquielion en gardait encore des séquelles: "Cette route, je l'emprunte régulièrement. À chaque fois, il y a un choc. Le souvenir de quelque chose de particulièrement cruel... Même si cela commence à s'atténuer un peu avec le temps, je ne peux pas arriver à ne pas y penser. Il n'y a quand même pas beaucoup de coureurs qui ont été à deux reprises champions du monde... Ce qui, aujourd'hui, m'ennuie le plus" déclarait l'Acrenois il y a quelques années, "c'est que l'on a parfois tendance à se souvenir plus de ma chute et de ma défaite à Renaix que du titre que j'ai conquis en 1984 à Barcelone. Ça, c'est frustrant!"

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