Vers 2 semaines de vélo en Wallonie fin juillet ?

Vers deux demaines de vélo en Wallonie fin juillet ?
Vers deux demaines de vélo en Wallonie fin juillet ? - © Martine Lainé

C'est devenu une habitude à la sortie du Tour de France, les amateurs de vélo peuvent encore prolonger leur immersion cycliste en suivant le Tour de Wallonie (2.HC). De plus, ils peuvent se mettre en appétit avec le Grand Prix Cérami, course professionnelle au niveau 1.1 se déroulant deux jours avant le TRW. Une période faste pour le cyclisme en Wallonie qui pourrait s'étendre à deux semaines dans un futur proche. En effet, les organisateurs du Grand Prix Criquielion et du Grand Prix José Dubois envisagent de changer de date et de format pour venir cohabiter avec le Cérami et le TRW."On pourrait ainsi avoir quasiment quinze jours de vélo consécutifs en Wallonie à la fin du mois de juillet", se réjouit Laurent Haegemann, organisateur du Grand Prix Criquielion et secrétaire du Grand Prix Cérami.

La 25e édition du Grand Prix Criquielion s'est déroulée ce dimanche 13 mai et évolue depuis plusieurs saisons en catégorie 1.2. Elle présentait un plateau intéressant, car trois formations Continentales Pros belges étaient au départ, avec Wanty-Groupe Gobert, Sport Vlaanderen-Baloise et WB-Aqua Protect-Veranclassic. Pourtant, c'est un Espoir wallon qui s'est imposé avec la victoire de Lionel Taminiaux (AGO-Aqua Service). Néanmoins, la course désire monter en grade."Cela a toujours été notre philosophie de voir les jeunes se révéler sur le GP Criquielion, mais avoir des coureurs professionnels comme Jelle Wallays il y a trois ans, cela apporte aussi du cachet à notre palmarès. Notre objectif est d'être en 1.1. Le Grand Prix Criquielion a toujours été le petit frère du Cérami et si on réunit les deux rendez-vous, on peut construire un magnifique projet."

Le GP Dubois au niveau UCI dès 2019 ?

Un projet dans lequel le Grand Prix José Dubois pourrait s'imbriquer. La seule kermesse professionnelle en Wallonie a des plans concrets pour passer au niveau UCI en 2019."Cela fait deux ans qu'on hésite. L'an dernier, nous n'avons pas rien organisé, car Wanty-Groupe Gobert était sur le Tour de France 2017. Nous avons décidé de démarrer à nouveau en kermesse pro cette saison et les retours sont à nouveau positifs. La course est organisée comme une épreuve UCI, nous dit-on", se réjouit Jean-Pierre Roman, le président de l'ASBL GP José Dubois.

Le manager général de Wanty-Groupe Gobert et organisateur du Grand Prix José Dubois Jean-François Bourlart estime que sa manifestation sportive doit franchir un cap supplémentaire."Cette année, il n'y avait pas vraiment de vedette au départ. Ce qui est logique, car le Tour d'Italie, le Tour de Californie et les Quatre Jours de Dunkerque se déroulent au même moment. J'ai peur que le projet s'essouffle. Une montée en 1.1 permettrait d'attirer de nouveau des stars du vélo, comme on a déjà eu par le passé quand cela se déroulait au mois de juillet avec l'ancien Champion de Belgique, Philippe Gilbert. Nous avons envoyé une demande à la fédération pour trouver une date adéquate, mais c'est clair que la juxtaposition de ces trois épreuves dans la même période serait intéressant."

Rapprocher les trois courses, un passage obligé

Pour Laurent Haegemann, rassembler le GP Criquielion, la GP Cérami et la kermesse pro d'Isières, est un passage obligé. "En restant seuls chacun de notre côté, nous ne progressons pas. Les trois courses se déroulent dans un rayon de 50 kilomètres entre Acren, Isières et Frameries. On pourrait diviser par trois les dépenses en terme de services et de logement. Chaque organisation conserve son identité propre, mais peut apporter quelque chose aux autres. Le Cérami de par son expérience, le GP Criquielion par son parcours et le GP Dubois par sa force du marketing et des relations publiques. Un rapprochement des trois comités permettrait d'attirer plus facilement un gros sponsor car il faut bien se dire que ce sera durant le Tour de France et que l'exposition télévisuelle sera réduite à zéro. Cependant, il n'y a pas que la Grande Boucle. Les gens ne restent pas fixés devant leur écran pendant quatre heures. S'ils voient les coureurs passer devant chez eux, ils vont sortir dans la rue. Ils iront ainsi voir l'arrivée. Et le lendemain, il pourrait faire le petit déplacement pour aller sur le GP Criquielion ou le Grand Prix José Dubois."

Reste à étudier la faisabilité financière pour le Grand Prix Criquielion et le Grand Prix José Dubois de passer au niveau 1.1. "Pour y arriver, il faut quadrupler notre budget", précise Laurent Haegemann. En ce qui concerne le Grand Prix José Dubois, une augmentation de 30 à 40.000 euros est nécessaire pour atteindre la barre des 100.000 euros pour soutenir financièrement l'organisation d'une épreuve 1.1. "Ma seule crainte était de pouvoir organiser un tracé en circuit en 1.1, mais j'ai déjà l'aval de l'UCI. D'après les premiers échos avec nos partenaires, il y a moyen de réunir les fonds. En réunissant nos forces, on peut trouver ensemble les sous manquants au GP Dubois et GP Criquielion pour atteindre notre objectif ", soutient Jean-François Bourlart.

Attention au budget et aux dates

L'organisateur du Tour de Wallonie Christophe Brandt salue cette initiative. " Je comprends la démarche. Nous avons voulu regrouper les courses wallonnes sous l'égide de la Lotto Wallonia Cup pour minimiser les coûts des organisateurs en trouvant des partenaires, non pas pour une mais pour un ensemble d'épreuves. Malheureusement, le projet n'a pas connu le développement souhaité avec l'apparition de la Napoléon Games Cycling Cup. Néanmoins, nous apportons encore une aide logistique et humaine au GP Criquielion et au GP Pino Cérami. "

Toutefois, le manager de l'équipe WB-Aqua Protect-Veranclassic met en garde les organisateurs du GP Dubois et GP Criquielion sur les budgets et le choix des dates. " Il est impératif de choisir le bon moment pour éviter des frais évitables. Il ne faudrait pas arriver à des situations où les courses sont trop espacées dans le temps, genre une le lundi, une le mercredi et une le vendredi. Cela ferait beaucoup de nuitées inutiles à payer. Idéalement, il faudrait les organiser sur trois jours, mais ensuite la question qui risque de se poser, c'est de savoir si enchaîner 3 jours (GP Cerami-GP Dubois-GP Criquielion) et 5 étapes du Tour de Wallonie, ce n'est pas un peu de trop ", s'interroge-t-il. Laurent Haegemann a un autre point de vue sur cette question. " Rien n'oblige une équipe à faire les huit jours de course. Regardez Quick Step l'an dernier. Ils ont roulé le GP Cérami avant d'aller rouler le Tour de Pologne et la Prudential Ride London, sans participer au Tour de Wallonie. Chose que je regrette d'ailleurs, car le Tour de Wallonie sans une des deux équipes World Tour belges au départ, c'est quand même regrettable. "

Outre la problématique des dates, le manager de l'équipe WB-Aqua Protect-Veranclassic Christophe Brandt s'interroge également sur l'intérêt du GP Criquielion à accéder au niveau supérieur. " Le GP Criquielion a fait ses preuves en 1.2. Quand on voit la victoire de Lionel Taminiaux hier, cela donne du crédit aux jeunes. C'est une épreuve sur laquelle ils peuvent s'exprimer. J'entends dire que le Circuit de Wallonie veut également passer en 1.1. Si on regarde les dernières années, le nombre de classes 2 diminue. Que va-t-il rester aux Espoirs ? Cette année, le GP Marcel Kint et la Gooikse Pijl montent également de catégorie, mais avec quel plateau ? Le GP Marcel Kint n'a pas de World Tour au départ. Sont-ils gagnants dans l'affaire ? "

Le GP Dubois, le GP Criquielion, le GP Cerami et le Tour de Wallonie vont-ils s'enchaîner dans le calendrier en 2019? Réponse lors de la publication du calendrier UCI lors du Championnat du Monde à Innsbruck en Autriche.

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