Van Avermaet dans le rétro et dans le projo: "Je vieillis oui mais j'ai plus d'expérience !"

Van Avermaet dans le rétro et dans le projo: «Je vieillis oui mais j’ai plus d’expérience !»
Van Avermaet dans le rétro et dans le projo: «Je vieillis oui mais j’ai plus d’expérience !» - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Greg Van Avermaet a certes échoué derrière le tennisman David Goffin au référendum du "Sportif belge de l'année" (qu’il avait remporté il y a un an) mais cela n'enlève rien à sa formidable saison. Greg Van Avermaet termine 2017 avec le statut de numéro 1 mondial, ce qui n’était plus arrivé à un coureur belge depuis l’incroyable saison de Philippe Gilbert en 2011.

Avec un panache qu’il s’est lui-même découvert, le Waaslandien a d’abord réalisé un printemps exceptionnel, entamé dès le Nieuwsblad, la course d’ouverture en Belgique. Première épreuve de l’année et déjà une première victoire… symbolique puisque, pour la deuxième année consécutive, Greg a dominé le champion du Monde Peter Sagan au sprint sur la faux-plat montant de Gand. Symbolique également car trois mois plus tôt, il s’était cassé la cheville lors d’une sortie d’entraînement en VTT. Ce succès gantois relevait d’ailleurs de l’inattendu, voire du miracle.

Dans la foulée, Van Avermaet s’est encore imposé, avec une cadence effrénée, sur Gand-Wevelgem, sur le Grand Prix de l’E3 et surtout, surtout, sur l’une des plus belles classiques de l’année, celle que l’on surnomme d’ailleurs la " Reine des Classiques ", l’Enfer du Nord… Paris-Roubaix. C’était le 9 avril dernier. Et ce jour-là, la carrière du timide Lokerenois a basculé. C’est fait, il a enfin gagné l’un des cinq " monuments " du cyclisme ! Il peut oublier désormais son sobriquet de " Poulidor des classiques ".

Après sa médaille d'or aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, tous les regards étaient tournés vers le coureur de la BMC... qui a assumé son nouveau statut ! Focalisé sur la prochaine saison, il a effectué un premier stage mi-décembre en Espagne. Samuël Grulois a rencontré Greg Van Avermaet. Et ils ont jeté ensemble un regard dans le rétro 2017 en se projetant déjà vers 2018. Interview.

Greg, après l’or olympique, le Nieuwsblad, le classement final de Tirreno-Adriatico, une étape et le maillot jaune sur le Tour de France, tout cela en 2016, il était quasi impossible de faire mieux cette année. Et pourtant, vous avez fait ce qu’il est toujours compliqué de faire : confirmer !

" J’étais vraiment motivé pour faire aussi bien qu’en 2016. Je voulais réaliser cette année d’aussi belles choses que la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio. J’avais envie d’être très performant au printemps. Le Tour de France et les Championnats du Monde n’ont pas été une grande réussite. Avec du recul, je suis donc très content d’avoir gagné beaucoup de classiques. "

Vous avez aussi terminé deuxième du Tour des Flandres et des Strade Bianche. Ces deux courses-là constitueront-elles de réels objectifs en 2018 ?

" Oui, gagner ces deux courses, ce sera le plus important pour moi. En 2018, je veux remporter les épreuves que je n’ai pas encore gagnées dans ma carrière. Il y en a même trois : les Strade Bianche, le Ronde van Vlaanderen mais aussi l’Amstel Gold Race. "

Votre volonté de gagner le Tour des Flandres est plus forte que tout. Vous n’imaginez pas achever votre carrière sans l’avoir épinglé à votre palmarès…

" C’est vrai oui. Mais ça n’est vraiment pas facile à faire. Je suis déjà passé très près plusieurs fois (NDLR : 2ème en 2014 et 2017, 3ème en 2015, 4ème en 2012, 8ème en 2008 !). C’est une course magnifique et je vais de nouveau essayer l’année qui vient. "

Il y a un an, vous deviez vous déplacer avec des béquilles à cause d’une fracture de la cheville. Aucun bobo à signaler cette fois-ci. C’est important pour préparer la prochaine saison… même si cette blessure vous a peut-être aidé à réaliser un merveilleux printemps en arrivant en forme un peu plus tard !

" C’est clair qu’en ce moment, je fais de bons entraînements, sans trop forcer. Je préfère quand même ne pas être blessé comme l’année passée ! Ma préparation sera forcément différente cette année mais l’objectif reste identique : faire une bonne saison ! "

Vous allez fêter vos 33 ans en 2018… à cet âge-là, les coureurs commencent à sentir le poids du temps qui passe. Est-ce que vous sentez que vous vieillissez ?

" Oui mais j’ai plus d’expérience aussi. Et c’est le plus important. Pour un coureur de classiques, c’est un âge idéal pour gagner des courses. L’expérience accumulée est un réel avantage. Je pense être mieux armé maintenant que quand j’avais 28 ans. "

Boonen n’est plus là, Cancellara non plus. Maintenant, il y a Sagan, Gilbert, Van Avermaet. Même s’il y en a d’autres, vous êtes l’une des stars actuelles du vélo…

" C’est clair qu’il y en a d’autres ! Je vais essayer de garder mon niveau et de rester parmi les meilleurs coureurs. Je serais vraiment de content de préserver mon statut dans le top mondial. "

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK