Un Tour, un exploit : 2013, Bakelants ou la victoire sanguinaire d'un sans gain

En 2013, le Pape François succède à l’Allemand Benoît XVI qui a démissionné, Nelson Mandela s’éteint à l’âge de 95 ans et le Tour de France s’élance pour la toute première fois de la Corse, l’île chère à l’Empereur Napoléon Bonaparte…qui était l’idole de Henri Desgranges, le père de la Grande Boucle. 

Pour sa centième édition, le Tour s’offre un grand départ somptueux et inédit. La Corse est le seul département de la métropole qui restait à visiter. Ce grand départ dans l’île de beauté, on le doit en grande partie à Pierre Cangioni, le père de Téléfoot. Le premier présentateur de l’émission culte de TF1 réalise ainsi son rêve. En l'absence de Bradley Wiggins, et vu ce qu'il a montré en 2012, Christopher Froome fait figure de grand favori. Dès la première étape pyrénéenne, à Ax-Trois Domaines, il relègue ses principaux adversaires à une minute et plus. Le natif de Nairobi écrase ensuite la concurrence sur les pentes du Mont Ventoux. Hormis dans l’étape venteuse de Saint-Amand-Montrond, le leader du Team Sky n’est jamais inquiété par l’Espagnol Alberto Contador et il se contente de surveiller le Colombien Nairo Quintana, révélation de cette édition, deuxième du classement général, meilleur grimpeur et meilleur jeune.

Un bus coincé sur la ligne d’arrivée 

Pour s'être un peu trop avancé, un bus se retrouve bloqué sur la ligne d'arrivée et provoque un chaos inédit dans le final de la première étape remportée à Bastia par l'Allemand Marcel Kittel. Encastré dans le portique d'arrivée, le véhicule de l'équipe Orica, trop haut pour passer, reste immobilisé alors que la course entre dans sa phase décisive. Impossible de dégager immédiatement le bus, coincé dans le portique dont il a endommagé des éléments importants (pour le chronométrage notamment). De longues minutes sont nécessaires pour procéder à l'opération (pneus dégonflés, suspension abaissée). Un "plan B" est rapidement mis en place avec une arrivée fixée aux trois kilomètres, un endroit où le système de chronométrage est installé afin de prendre les temps en cas d'incident sur la partie finale. Avant de revenir au schéma initial, dès lors que le bus a pu être désincarcéré. Le peloton, lancé à près de 60 km/h vers la mer Thyrénienne, approche alors des cinq derniers kilomètres. L'invraisemblable confusion qui régne entraîne des chutes au sein d'un peloton rendu nerveux par les ordres "Arrivée jugée trois kilomètres plus tôt" puis les contrordres "Pas de changement : l'arrivée aura lieu où elle était prévue". La volte-face alimente la polémique sitôt la ligne franchie, dans la tension provoquée par plusieurs chutes dans le final. La principale est survenue à six kilomètres de la ligne. Elle a retardé plusieurs sprinteurs, entre autres Mark Cavendish et André Greipel, mis hors-jeu. Mais elle a surtout jeté à terre l'un des favoris, Alberto Contador, touché à l'épaule gauche, et le champion du monde du contre-la-montre, Tony Martin, le plus sévèrement blessé selon un premier bilan.

Dimanche 30 juin 2013 - étape 2 : Bastia – Ajaccio 156 km

La deuxième étape, entre Bastia et Ajaccio, présente plusieurs ascensions qui risquent d'être, rédhibitoires pour Kittel. Le temps est clair, lumineux. Depuis le vieux port de Bastia on peut distinguer l’archipel toscan avec l’île d’Elbe, Capraïa et Monte-Cristo.

L’archipel des sanguinaires inspira de nombreux récits de voyageurs dont celui de l’écrivain Alphonse Daudet " le phare des Sanguinaires ". Ce nom aurait été donné en raison de la couleur du ciel et de la mer au soleil couchant prenant une teinte rougeâtre ensanglantant les roches… Sur la route des sanguinaires qui longe toute la côte sud d’Ajaccio, après la plage Saint-François avec ses belles villas, criques et plages, Gauthier est repris. En bordure du cimetière marin où est enterré Tino Rossi, l’allure est très rapide. Au débouché de la route, à peine le temps d’apercevoir la fameuse pointe de la Parata et six hommes prennent les devants Chavanel, FlechaFuglsangGorka IzaguirreMori et Jan Bakelants. Derrière le peloton tergiverse. Tous les regards se tournent vers Peter Sagan et ses équipiers. Le maillot jaune Marcel Kittel étant pointé dans un deuxième groupe à plus de 12 minutes, les coureurs, tous classés dans le même temps la veille à Bastia, savent que c'est la victoire d'étape et le maillot jaune qui se jouent. L'écart oscille toujours entre 10 et 15 secondes et lorsque le peloton se rapproche à huit secondes, Bakelants accélère dans le dernier faux-plat montant. Il reste 1,5 kilomètre. Médaillé de bronze aux derniers championnats de Belgique, Bakelants dispute son premier Tour de France. Il ne s'attendait d'ailleurs pas à être sélectionné. "Sterke Jan" résiste au retour des sprinters et devance Sagan de très peu. Le Belge prend le maillot jaune pour une petite seconde d'avance sur le Slovaque. Vainqueur complètement inattendu, Jan Bakelants n'avait jamais gagné une course chez les professionnels. Cet ingénieur en  biologie est né à Audenarde ville arrivée du Tour des Flandres...une classique qu'il n'a jamais disputée !

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Grand sourire pour Jan Bakelants qui cédera son maillot après le contre-la-montre par équipe de Nice © Belga
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