Un Tour, un exploit : 2001, Rik Verbrugghe décroche la lune(tte) à Lavaur

Rik Verbrugghe remporte à Lavaur, dans le Tarn, la plus longue étape de ce Tour de France 2001, disputée sous la chaleur et à plus de 44 km/h de moyenne. Le Belge qui participe au Tour pour la quatrième fois de sa carrière, a fêté son 27e anniversaire la veille durant la journée de repos. Cela fait plusieurs jours qu'il se focalise sur cette étape et " Quand il décide quelque chose, en général il l'obtient ", note Claudy Criquielion, son directeur sportif. 

Coup de tonnerre à Pontarlier

Vainqueur du prologue à Dunkerque, Christophe Moreau cède le maillot Jaune à Marc Wauters qui gagne à Anvers. Un maillot que le Limbourgeois a le bonheur de porter le lendemain devant les siens en passant dans sa ville d'Hasselt. Ce Tour est marqué par une incroyable offensive de 14 coureurs au cours de la huitième étape Colmar- Pontarlier, disputée sous la pluie à 44,604 km/h de moyenne et remportée par le Néerlandais Eric Dekker. Une échappée qui relègue le peloton à 35 minutes et 54 secondes. Du jamais vu. Lance Armstrong remporte le Tour pour la troisième fois. Le 22 octobre 2012, accusé de dopage systématique lors de sa carrière, il perdra l’acquis de ses victoires d’étapes et de son succès final sur les Champs-Élysées.

24 juillet 2001 - étape 15 : Pau – Lavaur 232,5 km

Après une journée de repos dans les Pyrénées, les coureurs s'élancent de Pau, ville natale d'Henri IV et, très vite, une échappée se dessine. Rik Verbrugghe figure parmi la vingtaine d'hommes qui ont réussi à se dégager. Le Belge est en grande forme. Il a enchaîné les victoires au Critérium International, à la Flèche Wallonne et au Tour d’Italie où il a remporté le prologue le plus rapide de l’histoire et porté le maillot rose.

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Un final plein de stress pour Verbrugghe qui remporte la 15e étape. © Belga

A 18 secondes du maillot jaune

Verbrugghe visait clairement le maillot jaune le premier jour mais, 30e à 23 secondes de Moreau, il a raté son prologue à Dunkerque. Rik avait cependant une excuse : une semaine plus tôt, avant le Championnat de Belgique, une voiture l'avait percuté : " Je suis tombé sur la tête et j'ai eu une petite commotion cérébrale. " En ce début de Tour, le leader de l'équipe Lotto ne voulait pas rater le passage en Belgique. Toujours à l’affût, il n'a pas cessé de flairer les bons coups. A Seraing où Zabel s'imposa, il lui a manqué 18 secondes pour porter le maillot jaune. C'était d'autant plus frustrant qu'il habite Chaudfontaine, où le Tour venait de passer. Le lendemain, au départ à Huy, le Calidifontain occupait la troisième place du général. Trois jours plus tard, il s’est fait rejoindre à un kilomètre du but à Strasbourg par un peloton emmené par le champion de Belgique, Ludovic Capelle, qui a offert la victoire au sprint à son coéquipier Jaan Kirsipuu

Davantage gêné par ses lunettes que par Pinotti

Ce 24 juillet, dans l’échappée, Rik se méfie surtout de l’Italien Michele Bartoli, vainqueur du circuit Het Volk en début de saison. Lorsque ce dernier est victime d’une crevaison à un peu plus de 120 kilomètres de l’arrivée, Verbrugghe comprend qu’il a une très belle carte à jouer : " Je me suis dit, Rik c’est pour toi ". Marco Pinotti, qui sera six fois champion d'Italie contre-la-montre, passe à l'offensive à un peu plus de trente kilomètres du but. Le Français Franck Renier est le premier à réagir mais on comprend très vite qu'il ne reviendra jamais sur l'homme de tête. C'est alors que Verbrugghe sort de sa coquille et fond sur Renier qu'il rejoint et abandonne à son sort. Rik se rapproche à une centaine de mètres de Pinotti mais semble ensuite plafonner pendant quelques kilomètres. " L’Italien était là juste devant moi mais il profitait de l’aspiration des motos. Cela m’a mis hors de moi. J’ai puisé dans cette forme d’injustice la force de le rejoindre après une belle course-poursuite de 12 kilomètres ". La victoire se joue au sprint entre les deux hommes. Bien plus que Pinotti, la principale frayeur du Belge est…ses lunettes de soleil ! Après les avoir posées sur son crâne, elles glissent et il les récupère in extremis au bout du nez avant de les réajuster à deux reprises. Aujourd’hui encore, Rik s’amuse en revoyant ces images " agaçantes ".

Dernière péripétie, ses parents qui l’avaient rejoint la veille lors de la journée de repos à Pau devaient être sur la ligne mais ils ont loupé l’arrivée ! La mamie voulait aller à Lourdes et la famille n'est jamais arrivée à temps.

Avec Eddy autour d'une bonne table

Un coureur wallon n'avait plus gagné une étape en ligne sur le Tour de France depuis Joseph Bruyère en 1972. Avec notre assistant Albin Delsaut et notre consultant Eddy Merckx, nous avons fêté cela le soir autour d'une bonne à table au restaurant "La Garenne", une belle demeure en pierres du pays située à la sortie de Cahors. Un foie gras poêlé au verjus et un chausson à la truffe noire. Les restaurateurs n'ont toujours pas oublié notre passage...et Merckx non plus ! A la fin du repas, Eddy eut cette phrase, en forme d'hommage, "mais pourquoi le Tour passe-t-il aussi peu souvent dans le Lot ?" 

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