Tour 2021 : Pogacar, van Aert, Alaphilippe et Gilbert sélectionnés dans notre équipe idéale

Vous en rêviez, nous l’avons fait. Si en chaque Belge sommeille un sélectionneur, en chaque fan de vélo vit sans doute un directeur sportif. Sans restriction de budget, en respectant les ambitions affichées par chacun et leur rôle officiel dans leur formation, nous avons établi notre équipe de 8 coureurs puisés uniquement parmi les 184 coureurs au départ de Brest. Une formation dont l’objectif serait de remporter la victoire finale et un maximum d’étapes.

1. Tadej Pogacar, un leader naturel

Le jeune vainqueur sortant a une année de plus, une maturité pas encore acquise dans les chiffres mais déjà palpable sur son vélo. L’homme voit clair. Pogacar sait tout faire. Le jeune gamin annoncé chez les jeunes comme un OVNI confirme chaque jour un peu plus le talent qui coule dans ses veines. Vainqueur cette année de Liège Bastogne, de Tirrenno, du Tour de Slovénie, du Tour des Emirats, Pogacar est un boulimique. Son moins bon résultat final cette année ? Une 7e place au Strade Bianche. Tout est dit.

Avec l’expérience de la victoire 2020, le Slovène sera encore plus fort cette année, qui plus est dans cette formation virtuelle où les coéquipiers ont été triés sur le volet. Un capitaine de route, deux rouleurs, deux grimpeurs et des baroudeurs passent partout. La garde autour du roi sera solide. La forteresse est bien gardée par des fidèles habitués à tout donner pour une seule cause. Épaulé, Tadej Pogacar ne devrait plus se faire piéger dans les coups de bordure qui l’ont obligé à courir derrière le chrono ensuite.

2. Wout van Aert, beaucoup plus utile qu’un sprinter

En quête d’un sprinter, deux solutions existent : soit sélectionner Caleb Ewan, intrinsèquement l’homme le plus rapide du peloton, mais dans ce cas il faudra aussi envisager de lui adjoindre un autre coureur pour vivre tout le tour à ses côtés… un effectif en moins pour épauler notre leader. Ensuite, sans équipiers pour contrôler les échappées dans les étapes de plaine, il faut espérer que les autres équipes de sprinters assument la chasse dans les étapes de plaine pour revenir sur les futurs échappés.

Pas impossible tant l’importance que revêt une victoire d’étape sur le Tour pour une équipe pousse parfois les directeurs sportifs à craquer rapidement dans les parties de poker derrière l’échappée.
La deuxième solution se nomme Wout van Aert. Le champion de Belgique n’est sans doute pas l’homme le plus rapide du peloton mais il appartient au cercle fermé des fines gâchettes. Sa pointe de vitesse conjuguée à ses autres qualités en font un redoutable candidat à la victoire d’étape dès que le parcours est un peu vallonné. Ajoutons à cela qu’avec van Aert cette équipe virtuelle disposera d’un garçon capable de protéger son leader dans les étapes de moyennes montagnes. Il l’a fait pour Roglic, il n’y a aucun doute à avoir sur sa loyauté.

3. Julian Alaphilippe, l’arc-en-ciel est tellement beau

Un maillot de champion du monde sur le Tour, ça ne se refuse pas. Si le Français est motivé, et il l’est, il devient un redoutable candidat pour des victoires d’étape. Le départ de Brest lui offre d’entrée de jeu deux occasions de se mettre en évidence avec à la clé peut-être un maillot jaune. S’il a fait illusion en 2019, Julian Alaphilippe doit savoir au fond de lui qu’il risque toujours de trouver sur sa route de victoire finale au moins un candidat plus fort que lui en haute montagne. Conscient de cela, Alaphilippe est un atout dans une équipe. Il véhicule les valeurs du Wolfpack, il connaît le sens du collectif et sa bonne humeur peut faire du bien dans des moments plus difficiles. Dans une formation avec Pogcar pour la victoire finale et un Wout van Aert pour les succès d’étapes, il faudra parfaitement définir les rôles.

4. Philippe Gilbert : Ô capitaine, mon capitaine

Inscrire Philippe Gilbert dans une équipe idéale de 8, certains crient déjà au fou… mais l’expérience ne s’achète pas, elle s’acquiert. Gilbert est un coureur hors pair qui possède un sens de la course et un talent inné. Deux qualités qui lui ont permis de se forger un palmarès exceptionnel. Mais ce n’est pas tout, Gilbert a aussi une aura qui inspire le respect. Quand il parle, les autres se taisent et écoutent. La grande gueule du sanglier conjuguée à sa science de la course en font un atout indéniable dans le peloton. Les oreillettes ne remplacent pas tout. Parfois, il faut agir vite en fonction de circonstances et d’événements que seuls les coureurs peuvent juger. En nommant Gilbert capitaine de route, l’équipe possède un relais inestimable parmi les coureurs.

5 et 6 La montagne est encore plus belle quand on est bien accompagné

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Lauréat du Giro 2020, Tao Geoghegan Hart est un candidat vainqueur dans un futur proche. © AFP or licensors
A 25 ans, Ben O’Connor commence à se forger de belles références © AFP

Pour défendre un maillot et résister aux assauts, il faut être bien escorté. Les embuscades seront nombreuses sur les routes étroites et sinueuses des cols alpestres et pyrénéens. Chacun doit connaître son rôle. Si Julian Alaphilippe et encore plus Wout van Aert peuvent accompagner les meilleurs dans les premiers cols d’une journée, il convient de garder des forces vives au plus près du leader. Tao Geoghegan Hart présente pas mal d’atouts pour figurer dans notre équipe virtuelle. Le premier, c’est sa victoire au Giro 2020. Car en tant que responsable d’équipe, il faut être capable d’envisager tous les cas de figure… même la perte d’un leader dès les premiers jours. En choisissant un grimpeur qui pourrait être leader dans une autre équipe, ça permet aussi de disposer de plusieurs stratégies en fonction des événements. En 2020, Jumbo disposait avec Dumoulin d’une deuxième carte à côté de Roglic, en le sacrifiant très tôt pour faire le tempo, l’équipe néerlandaise s’est brûlé les ailes. Tao Geoghegan Hart pourrait faire office de lieutenant idéal. Il possède toutes les qualités requises et l’expérience acquise avec sa victoire au Giro est un plus. Même s’il a un fort caractère, le Britannique découvre le Tour et ce rôle de premier lieutenant devrait lui convenir un an.

A côté, le choix subjectif, aurait pu se porter sur Robert Gesink qui à 35 ans est peut-être occupé à vivre ses plus belles années. Le Néerlandais est capable de rouler longtemps avec les meilleurs en montagne et ses qualités de rouleurs en plaine en font un atout supplémentaire quand il faudra contenir les échappées à portée de fusil.

Mais au vu des résultats de ses dernières semaines, l’heureux élu sera australien : Ben O’Connor. A 25 ans, l’homme a participé à trois Giro et une Vuelta. S’il n’a pas terminé son premier Giro en 2018, il s’est classé chaque 32e, 25e et 20e ensuite. Une progression confirmée cette année avec une 4e place au Dénivelé du Mont Ventoux, une 8e au Dauphiné et une 6e en Romandie.

7. Luke Rowe, le fidèle serviteur

Dans chaque, équipe, il faut prévoir des guerriers ou des durs au mal, des hommes fidèles qui sont animés par un seul objectif la victoire de l’équipe dans ce sport individuel. Luke Rowe fait partie de cette catégorie de coureurs pas assez reconnus par le grand public. Rowe connaît la course, il sent les choses, c’est un coureur malin qui si le vent se lève, si une bordure se dessine, est capable de protéger son leader comme personne rangeant ses ambitions personnelles sans rechigner.

8 Tim Declercq, l’équipier modèle

On pourrait classer Tim Declercq dans une catégorie similaire à celle de Rowe. Une différence, Declercq est capable de rouler dès la première heure de course si les circonstances l’exigent. Son Tour pourrait se résumer à une course qui démarre une demi-heure après que l’échappée se soit formée et qui se termine sous le portique annonçant les dix derniers kilomètres. Un rôle exposé aux caméras du direct mais qui ne figure que rarement dans les résumés. Une tâche ingrate mais tellement nécessaire.

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