Tomas Van Den Spiegel : "Aucun doute sur le fait que le Tour des Flandres se déroulera ce dimanche!"

Elle se dispute traditionnellement autour de Pâques. Mais elle est décalée six mois plus tard cette année à cause de la pandémie de coronavirus. La 104ème édition de la 'Grand Messe' du cyclisme flamand, le Ronde van Vlaanderen, se déroulera ce dimanche 18 octobre sur 243,3 kilomètres, soit une vingtaine de moins qu’en 2019. Les organisateurs ont, en effet, raccourci l’épreuve et revu les horaires pour éviter un chevauchement avec l’arrivée de la 15ème étape du Tour d’Italie. Moins de kilomètres mais toujours autant de bergs, 17 au total. Mais aucun spectateur n’y sera admis si ce n’est, quand il y en a, les riverains, masqués évidemment.

Ce Tour des Flandres sera à huis clos ou… ne sera pas ! La société organisatrice Flanders Classics a testé avec succès cette configuration à l’occasion des récents Gand-Wevelgem et Grand Prix de l’Escaut. C’est d’ailleurs à l’issue de cette course, à Schoten, que le CEO Tomas Van Den Spiegel a accepté de répondre aux questions de Samuël Grulois. L’ancien basketteur l’affirme fièrement tout de go : " Notre sport se tient debout ! "

Tomas, alors que nos autorités prennent chaque jour de nouvelles mesures pour canaliser la deuxième vague de Covid-19, les responsables de Flanders Classics sont-ils rassurés à propos de la tenue du Tour des Flandres ?

" On n’a aucun doute sur le fait que le Tour des Flandres se déroulera ce dimanche ! Évidemment, nous devrons faire tous les efforts possibles, comme lors de Gand-Wevelgem et du Scheldeprijs, pour respecter les normes sanitaires. D’ailleurs, nous serons encore plus attentifs, avec plus de mesures sur le Ronde vu l’engouement qu’il génère. Nous demandons aux supporters de rester chez eux ! Nous, nous sommes convaincus de pouvoir organiser la course sans aucun danger pour la santé des gens mais nous avons besoin de la collaboration de tout le monde… "

Avez-vous l’impression, en sauvant vos épreuves, de sauver à votre manière le sport cycliste ?

" Nous avons prouvé que les acteurs du cyclisme professionnel pouvaient mettre sur pied leurs épreuves, même dans ces circonstances, sans aucun risque. Et c’est très important car le cyclisme constitue un vrai secteur économique. Il y a beaucoup d’équipes, il y a beaucoup d’organisateurs, il y a beaucoup de passionnés aussi qui ont besoin de pouvoir regarder le vélo à la télévision. Notre sport se tient debout ! Même sans l’ambiance des supporters sur place, c’est un produit qui fonctionne bien en télé car c’est différent du foot. C’est l’occasion également de bien préparer l’avenir. Si la crise sanitaire est encore là en 2021, nous serons prêts pour organiser nos courses de la même façon ! "

Je crois que le Tour de France était prioritaire pour ASO ! Ses dirigeants ont compris, vu les décisions prises par leurs autorités, qu’il serait compliqué d’organiser Paris-Roubaix. Je pense que Christian Prudhomme et son équipe n’ont pas tout essayé pour pouvoir mettre l’Enfer du Nord sur pied.

Roubaix se situe à quelques kilomètres à vol d’oiseau de Wevelgem (ville-arrivée de Gand-Wevelgem) et d’Audenarde (ville-arrivée du Tour des Flandres). Et pourtant, Paris-Roubaix a été annulé. Comprenez-vous la décision d’ASO (NDLR : Décision prise en concertation avec les autorités politiques françaises évidemment) ?

" Je crois que le Tour de France était prioritaire pour ASO ! Ses dirigeants ont compris, vu les décisions prises par leurs autorités, qu’il serait compliqué d’organiser Paris-Roubaix. La logistique est énorme, on doit mettre beaucoup de moyens et d’énergie… et, semble-t-il, ce n’était plus la priorité d’ASO. Je pense que Christian Prudhomme et son équipe n’ont pas tout essayé pour pouvoir mettre l’Enfer du Nord sur pied et ont donc pris rapidement cette décision. "

Êtes-vous fiers, chez Flanders Classics, de réussir ce défi ?

" Nous devons être fiers oui ! Nous avons pris nos responsabilités pour nous, organisateurs, mais aussi pour le cyclisme en général, pour tout le monde. Avec tout ce qu’on a fait jusqu’à aujourd’hui, le sport cycliste peut être heureux. Et nous aussi. "

C’est très difficile et je ne dors pas très bien. Je serai très content lundi si on a pu organiser un Tour des Flandres réussi sur les plans sportif et sanitaire !

Au départ du Tour des Flandres, le plateau de favoris sera incroyable. Et comme Paris-Roubaix n’aura pas lieu, il y aura encore plus d’enjeu pour les spécialistes des pavés !

" Oui, je crois que tout le monde a envie de cette épreuve, au milieu de cet automne un peu étrange, un peu bizarre. Pour tous les coureurs, pour l’ensemble des acteurs du cyclisme, ça permettra de clôturer cette saison des classiques avec un beau final. En espérant que la saison prochaine puisse se dérouler d’une façon un peu plus normale même s’il est clair que nous serons encore dans un contexte Covid… "

Avez-vous, Tomas… bien dormi ces dernières semaines ?

" Euh… Le secteur de l’organisation des grands évènements est dans une période de crise depuis février. C’est très difficile et non, je ne dors pas très bien. Je serai très content lundi si on a pu organiser un Tour des Flandres réussi sur les plans sportif et sanitaire ! "

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK