Strade Bianche : Julian Alaphilippe, Wout Van Aert et Mathieu van der Poel en quête de gloire

Quinze ans. Quinze ans seulement. Quinze ans à peine et pourtant lorsqu’on parle d’elle on ne peut s’empêcher d’y associer le passé glorieux et épique du cyclisme. Les images un peu jaunies des chevaliers en culotte de cuir, le torse barré d’une chambre à air et le visage en partie caché par de lourdes lunettes métalliques enfourchant des vélos dont le poids pouvait parfois dépasser les 30 kilos.

Le Strade bianche, c’est le paradoxe du calendrier. Une course qui n’a connu que quatorze éditions mais qui semble inscrite au patrimoine cycliste depuis toujours.

Tout pourrait se résumer en un seul nom Sienne. Ville haute et ville hôte, la belle cité médiévale jette un regard sur sa campagne devenue un terrain de jeu très prisé d’un peloton tombé sous ses charmes.

Les routes blanches sinueuses et pentues s’ouvrent sur des décors majestueux où les allées de cyprès ou d’ifs garnissent le paysage.

A 11h40 samedi, devant la Fortezza Medicea, le peloton s’élancera de la Piazza della Liberta, des Gladiateurs des temps modernes lâchés à travers monts, vignes et champs d’oliviers. 184 kilomètres d’effort dont plus d’un tiers sur ces chemins cendrés avant de connaître le nom de l’équilibriste numéro un.

Les prétendants sont nombreux, d’un Mathieu van der Poel aux jambes en feu à Julian Alaphilippe qui pourrait devenir le premier coureur à porter haut l’arc-en-ciel sur la Piazza del Campo sans oublier le vainqueur sortant Wout Van Aert. 3 participations et autant de podiums. Même si la course toscane sera son épreuve de rentrée, Van Aert sort d’une saison de cyclo-cross rassurante sur son état de forme.

On pourrait ajouter plus d’une dizaine de postulants pour cette folle cavalcade. Mollema, vainqueur du trophée Laigueglia cette semaine. Fuglsang, déjà placé, jamais gagnant. Formolo dauphin de Van Aert en 2020. Pogacar, la pépite tout terrain slovène juste auréolée de son succès aux Emirats. Greg Van Avermaet, l’homme en or aux 7 Top10 depuis 2011 ou encore Wellens, Bardet et Pidcock qui n’ont pas peur de la pluie annoncée samedi.

Alors oui, en l’absence du public l’effervescence dans la ville sera moins grande mais la volonté de briller ne s’atténuera pas. Comme les " Contrade ", les quartiers de la ville qui s’opposent tous les deux ans en été lors du célèbre Palio, les coureurs voudront défendre leurs blasons et leurs vertus sur le Campo. Un final en apothéose dans lequel le dernier des 11 secteurs de routes blanches se situe à 12 kilomètres seulement de l’arrivée. Une fin de course épique dans les ruelles sinueuses et abruptes de Sienne avec un passage à 10% aux 500 mètres et une inclinaison à 16 avant d’emprunter la via Santa Caterina, de virer à droite et d’entrer dans la lumière de la Piazza del Campo.

Quatorze éditions seulement mais des champions au palmarès qui ont fait la gloire et la renommée des " Strade ". Samedi, un nom s’ajoutera à ceux de Van Aert, Cancellara, Gilbert, Alaphilippe ou Kwiatkowski, un campionissimo d’aujourd’hui mais un illustre descendant des gladiateurs d’antant dans une Toscane où l’histoire est à portée de main, où depuis plus de 50 ans les trésors du passé sont chouchoutés et câlinés comme les champions cyclistes.

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