Rodrigo Beenkens préface le plus long direct de l’histoire : "van der Poel est probablement le plus fort sur une montée sèche"

Ce samedi, les amateurs de cyclisme auront les yeux rivés sur leur écran pour suivre la plus longue classique de l’année : Milan-Sanremo. Pour la première fois, la RTBF diffusera en intégralité la Primavera sur ses antennes. Rodrigo Beenkens préface avec nous la course et les longues heures d’antenne qui l’attendent.

Cette année, la classique italienne est longue de 306,6 kilomètres (départ fictif compris), ce qui fait d’elle la plus longue course d’un jour du calendrier. Pour la première fois, Milan-Sanremo sera à suivre en intégralité sur les antennes de la RTBF, devenant le plus long direct d’une course cycliste de l’histoire de la télévision. Une expérience qu’attend Rodrigo Beenkens avec impatience : "Depuis quelques années, on fait le Tour des Flandres et Paris-Roubaix en intégralité mais ces courses ont près de 40 km de moins. Ici, on parle de presque une heure de course en plus."

L’une des particularités de la course italienne est sa prévisibilité : "Depuis la création de Milan-Sanremo en 1907, l’échappée n’a été au bout qu’à deux reprises. Le scénario attendu m’oblige forcément à préparer plus de choses que pour d’autres courses comme Paris-Roubaix. Le cyclisme a ceci de magique que c’est un sport par lequel on peut aborder beaucoup d’autres thèmes, toujours plus ou moins liés au sport. On va passer par des paysages formidables, il y a tellement d’anecdotes à raconter depuis 1907, des belles, des dramatiques. Il y a beaucoup de choses dans l’actualité et d’enjeux dont on peut parler, que ce soit au niveau sportif, au niveau des équipes…"

Habitué aux courses intégrales avec le Tour de France, notre journaliste entend profiter de cette expérience : "Je pense qu’on a réussi, ces deux dernières années sur le Tour, à trouver un système sur les étapes intégrales, même si elles étaient plus courtes. On va mettre en place des discussions, des débats, même si le commentaire live aura toujours la priorité. Il m’arrive régulièrement de préparer plein de choses et que la course soit tellement spectaculaire que je n’ai pas l’occasion d’en parler."

Le trio magique attendu cette année

Alors que la course ne se décante habituellement que dans les derniers kilomètres, le scénario pourrait être différent cette année si Mathieu van der Poel se décidait à sortir de loin. Rodrigo doute toutefois de cette éventualité : "Je ne pense pas qu'il attaquera. Si c'était un autre coureur j'en serais sûr. Mais il est tellement imprévisible. Quand il s’ennuie sur le vélo, il attaque. Il est incroyable." Selon lui, la force de van der Poel est telle qu’il n’a pas besoin de prendre des risques de loin : "Sur ce qu’il a montré, c’est probablement le plus fort sur une montée sèche. Je pense qu’il peut lâcher tout le monde sur les derniers mètres du Poggio. Techniquement, c’est un des plus forts du peloton donc il va pouvoir faire la descente. Même s’il n’arrivait pas à lâcher tout le monde, je ne vois pas qui pourrait le lâcher à la régulière, il faudra le battre au sprint."

J’aimerais bien voir un sprint à trois avec van der Poel, van Aert et Alaphilippe.

Concernant le scénario de la course, Rodrigo a une idée bien précise : "Je vois Alaphilippe, van der Poel et van Aert arriver à trois pour un sprint. Selon moi, la seule option pour qu’ils soient battus à la régulière est qu’un autre coureur attaque et qu’ils se regardent. Le problème psychologique pour les autres candidats comme Nibali et Van Avermaet, c’est de se dire qu’ils peuvent espérer un mauvais jour de l'un et de la malchance pour un autre mais il y en a trois à devancer. C’est dur psychologiquement." Malgré cela, le commentateur n’imagine pas une neutralisation dans le Poggio : "Je n’y crois pas trop dans le Poggio car je m’attends à une attaque de van der Poel et/ou d’Alaphilippe. Je vois plutôt van Aert essayer de suivre. Là où il pourrait y avoir une neutralisation, c’est dans le bas de la descente, à deux kilomètres de l’arrivée, il pourrait y avoir de l’intox. Un groupe de cinq ou six coureurs pourrait revenir, c’est pour cela qu’il faut s’accrocher."

En dehors de van Aert, le public belge suivra avec attention la prestation de Philippe Gilbert qui pourrait compléter sa collection en remportant le dernier Monument manquant à son palmarès. Rodrigo reste prudent sur les chances de victoire du Liégeois : "Tout est possible mais c’est clair qu’il y a trois gars qui sont très forts. Il faudra des circonstances très favorables mais dans le vélo on ne sait pas ce qu’il peut se passer. Si Gilbert a les jambes pour basculer, il peut la gagner. C’est ça qui est fascinant dans Milan-Sanremo, tout peut arriver. Le meilleur ne gagne pas forcément."

Une recette difficile à trouver pour gagner

En cas de victoire ce samedi, Wout van Aert deviendra seulement le quatrième coureur à réaliser le doublé depuis Eddy Merckx. Une telle statistique et les profils des différents vainqueurs démontrent les difficultés des équipes à trouver la bonne stratégie : "Il n’y a pas de vraie théorie mais on gagne ou on perd plus facilement dans la montée et dans la descente du Poggio. Si on est explosif, très bon descendeur et qu’on a une pointe de vitesse intéressante, on devient un vrai candidat. Cependant, cela ne suffit pas forcément. Sagan a les trois qualités mais n’a jamais réussi à gagner, en partie car il n’a jamais réussi à s’échapper seul au sommet du Poggio. Beaucoup d’équipes disent que la course ne se gagne qu’avec un leader mais si le leader est un sprinteur et qu’un puncheur gagne ou vice-versa, l’équipe est foutue."

Rendez-vous donc ce samedi dès 9h30 pour suivre en direct sur les antennes de la RTBF et voir qui sortira vainqueur du premier Monument de la saison qui s’annonce, on l'a compris, particulièrement indécis.

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