Rik Verbrugghe devient directeur sportif chez Bahrain-Merida

C’est une information exclusive RTBF : Rik Verbrugghe sera de nouveau directeur sportif en 2018 ! On l’attendait chez Lotto-Soudal mais il a surpris tout le monde en s’engageant finalement au Moyen-Orient, chez Bahrain-Mérida, une équipe créée en ce début d’année et qui compte en ses rangs l’ancien vainqueur du Tour de France Vincenzo Nibali mais aussi Gasparotto, Colbrelli, Haussler ou encore Pellizotti. Il a signé un contrat d'un an.

"Team Barhain m’a contacté pour devenir directeur sportif et avoir aussi un rôle de manager sportif dans l’équipe. Ça me fait vraiment plaisir de retrouver une belle équipe World Tour !", a réagi celui qui fut consultant pour la RTBF lors du dernier Tour de France.

Bahrain-Merida, ce n’est peut-être pas l’équipe la plus populaire pour le grand public mais c’est une équipe qui a des ambitions, non ?
Rik Verbrugghe: "Oui ! Il y a un coureur comme Nibali par exemple. C’est une équipe qui a beaucoup d’ambition. Mais après un an d’existence, la direction se rend compte qu’il y a quelques petits changements, quelques petits réglages à faire. Je suis donc content qu’on ait pensé à moi !"

Si l’équipe a de l’ambition, c’est aussi parce qu’elle est sponsorisée par le petit mais richissime état de Barheïn… il y a de l’argent !
"Mais comme toutes les équipes World Tour ! Ils ont un budget, ils respectent leur budget ! Mais c’est vrai que c’est une équipe qui a de l’ambition et qui a des moyens pour y arriver."

Ça vous manquait de bosser dans le monde cycliste ?
"Oh oui ! J’ai pris beaucoup de plaisir à commenter le Tour de France et certaines courses pour la RTBF mais c’est vrai que l’aspect purement sportif, au contact des coureurs, me manquait un peu."

Vous êtes encore jeune (43 ans) mais vous avez déjà quelques belles années d’expérience comme directeur sportif et manager. Vous avez une jolie carte de visite et c’est utile quand il faut convaincre de futurs employeurs…
"C’est certain que ça aide. Il y a d’abord mon vécu de coureur en premier. Et puis, mes différentes expériences de directeur sportif dans des équipes comme Quick Step et BMC, mon passage comme manager chez IAM Cycling. Ça ouvre des portes pour la suite."

On sent que vous avez besoin de gérer une équipe et de ne pas en être " seulement " directeur sportif. A terme, vous aimeriez d’ailleurs, je pense, diriger le Team Barhain ?
"En effet. On a trouvé un accord avec Barhain et on verra après un an. On va voir comment se passe notre collaboration et puis il y aura certainement des opportunités, peut-être plus de responsabilités dans les mois et les années à venir."

Vous êtes resté quasi un an éloigné de la gestion d’une équipe. Est-ce que vous en avez profité pour réfléchir sur votre manière de travailler ? Est-ce que vous allez changer votre approche humaine, par exemple ?
"Certainement. Je pense que prendre un peu de recul et m’éloigner un peu du milieu m’a permis de prendre conscience de certaines choses. Maintenant, à moi de les appliquer dans la vie de tous les jours et auprès des coureurs."

On a longtemps cru que vous alliez signer avec Lotto-Soudal mais finalement ça a capoté. Et pourtant, malgré l’engagement récent de Paul De Geyter comme manager général, il y avait encore un poste à pourvoir là-bas. Ce ne sera finalement pas pour vous. Pourquoi ?
"Tout simplement parce que Barhain est arrivé avec une très belle proposition. J’ai senti des personnes très motivées dans ce projet. C’est ce qui m’a poussé à faire ce choix."

Mais vous avez négocié avec Lotto ? Ça a même été assez loin, non ?
"Oui, c’est vrai que ça a été très très loin. Mais ça a trop traîné sur la longueur. Moi, j’aime travailler avec des gens qui prennent des décisions rapidement."

Etes-vous déçu de ne pas bosser pour Lotto (où vous avez été coureur) après avoir connu Quick Step ? Ce sont les deux plus grandes équipes belges…
"Vous savez, je suis encore relativement jeune. A 43 ans, beaucoup de choses peuvent encore se passer. Je ne ferme pas la porte à l’idée de revenir un jour en Belgique."

En tout cas, le travail est différent au sein d’une équipe Lotto qui cible les classiques printanières et une équipe Barhain qui privilégie les grands Tours. La gestion de la saison ne sera pas la même…
"Non, certainement pas. Mais j’ai entendu lors de mes entretiens que Bahrain avait l’intention de renforcer son groupe pour les classiques. Pas d’ici l’année prochaine mais dans le futur. Ils ont de nombreuses cartes en main et il y aura moyen de faire quelque chose de très bien dans cette équipe."

On se souvient de John Lelangue obligé de s’exiler au Qatar pour préparer les Championnats du Monde. Est-ce que Rik Verbrugghe va devoir s’exiler à Barheïn ?
"Non, non, je resterai en Europe et je suivrai surtout les courses en Europe. Ça n’exclut de partir quelques jours pour des stages à Barheïn. Mais le cyclisme, ça se passe surtout en Europe."

Vous avez donc été consultant pendant un an pour la RTBF en télé et en radio sur VivaCité. Qu’avez-vous appris dans ce job-là qui pourra vous aider dans votre futur boulot de directeur ou manager sportif ?
"J’ai attrapé énormément de respect pour les journalistes en m’immiscant dans leur monde. C’est un aspect du monde cycliste que je ne connaissais pas du tout. J’ai été coureur, directeur sportif, manager d’équipe mais je n’avais jamais travaillé comme consultant, donc du côté journalistique. Et j’ai appris beaucoup de choses, j’ai désormais un autre regard. Et notamment sur les rapports entre journalistes et coureurs. Ce sera un plus pour moi dans l’avenir."

Vous serez donc plus conciliant quand on sollicitera un coureur de votre équipe pour une interview ?
"Euh ... C’est tout-à-fait possible ! Même s’il faut évidemment que ce soit au bon moment. Je sais maintenant comment fonctionnent les journalistes et c’est vraiment intéressant d’avoir été consultant cette année-ci."

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