Rétro, nos cinq grands moments de l'E3 : Museeuw, Tchmil, Boonen le cannibale, Merckx à la diète...

Tom Boonen, Johan Museeuw et Andreï Tchmil
5 images
Tom Boonen, Johan Museeuw et Andreï Tchmil - © Belga - RTBF

Le 63ème Grand Prix de l'E3, considéré comme un "Mini Tour des Flandres" et comme la dernière répétition générale avant le Ronde programmé le week-end suivant, aurait dû tenir en haleine tous les passionnés de vélo ce vendredi. Mais la pandémie de coronavirus en a décidé autrement...

>> Rétro : Milan-Sanremo en dix dates

Pour atténuer votre peine, nous vous proposons de revivre, par écrit ou en vidéo, quelques-unes des plus belles éditions de l'E3-Prijs... Une course qui a promu les robustes Johan Museeuw et Andreï Tchmil au rang de chasseurs de Classiques dans les nineties, qui a permis à Tom Boonen, recordman de victoires à Harelbeke avec cinq succès, d'écrire sa légende, mais qui n'a jamais souri au Cannibale, Eddy Merckx, dont le meilleur résultat ici est une deuxième place derrière Hubert Hutsebaut...

1992 : Johan Museeuw claque sa première "Flandrienne"

En 1992, Johan Museeuw, alors âgé de 26 ans, est avant tout considéré comme l'un des futurs grands noms du sprint mondial. Mais celui qui deviendra par la suite le Lion des Flandres est de plus en plus à l'aise sur les monts flandriens, comme en atteste sa deuxième place sur le Ronde en 1991.

Sous les couleurs de l'équipe Lotto - Mavic, le coureur de Gistel va remporter, au sprint, sa première classique printanière sur les routes de l'E3. Il va ensuite bouder le podium à Harelbeke pendant cinq ans, notamment pour favoriser le succès de ses coéquipiers (Mario Cipollini en 1993, Bart Leysen en 1995, Carlo Bomans en 1996).

En 1998, le leader de la Mapei s'offre un deuxième et dernier succès sur l'E3 en réglant au sprint deux Italiens, Michele Bartoli et Mirko Celestino, avant de s'adjuger le Tour des Flandres une semaine plus tard. Grand favori de Paris-Roubaix, il est victime d'une lourde chute sur les pavés de l'Enfer du Nord, ce qui met un terme à sa saison.

2004-2007 : Les années Tom Boonen

Ses deux dernières saisons dans le peloton, Johan Museeuw les passe à former celui que tout le monde présente comme son successeur, Tom Boonen.

Chez QuickStep, les deux hommes se partagent les responsabilités sur les Flandriennes en 2003 (Johan Museeuw, 37 ans, remporte son dernier grand succès sur les routes du Circuit Het Volk, alors que Tom Boonen, qui n'a que 22 ans, termine cinquième du Volk et troisième de Gand-Wevelgem), avant la passation des pouvoirs en 2004.

Comme son aîné, c'est sur les routes de l'E3 que Tom Boonen remporte sa première Classique. Il y restera invaincu jusqu'en 2007 et ajoutera un cinquième et ultime succès en 2012 après, notamment, quelques mémorables duels avec son grand rival de l'époque, Fabian Cancellara.

1967-1973 : Le "Cannibale" doit rester sur sa faim...

Entre 1967 et 1973, Eddy Merckx prend six fois le départ de celle qu'on appelle alors Harelbeke-Antwerp-Harelbeke... et ne monte "que" deux fois sur le podium (troisième en 1971, deuxième en 1972), alors qu'il domine le cyclisme mondial de la tête et des épaules.

Le Cannibale va toutefois dire adieu à cette course sur une note positive, puisqu'en 1973, c'est son coéquipier chez Molteni Willy In 't Ven qui remporte à Harelbeke le plus beau succès de sa carrière.

Eddy Merckx y avait douze mois plus tôt loupé le coche, lorsque lui et Walter Godefroot avaient été devancés au sprint par Hubert Hutsebaut, 24 ans, qui mettra un terme à sa carrière quelques semaines plus tard après avoir rencontré des problèmes de santé sur la Vuelta.

1994-2001 : La première et... la dernière d'Andreï Tchmil

Après deux saisons passées au sein de la formation GB-MG, Andreï Tchmil a déjà 31 ans lorsqu'il rejoint l'équipe Lotto en 1994. Alors actif sous licence moldave (il est né en URSS et a toujours la nationalité russe à l'époque), il n'a plus gagné depuis ses succès sur Paris-Bourges et le Grand Prix Pino Cerami en 1991, remportés pour le compte de la petite équipe belge S.E.F.B. - Saxon - Gan.

Jusqu'alors considéré comme un coureur de seconde zone sur les Flandriennes, Andreï Tchmil va littéralement exploser au printemps 1994 : en l'espace d'un mois, il remporte sa première Classique, l'E3, son premier Monument, Paris-Roubaix, monte sur le podium du Tour des Flandres et termine quatrième de la Flèche Brabançonne et de Gand-Wevelgem. Déjà neuvième de Milan-Sanremo, il passe tout près du Top 10 sur Liège-Bastogne-Liège et l'Amstel Gold Race, deux courses qu'il boucle à la onzième place.

Après neuf saisons couronnées de succès sous les couleurs de la loterie nationale belge, Andreï Tchmil, qui dispose désormais de la nationalité belge, tire sa révérence en 2002. Sa dernière grande victoire ? L'E3, en 2001, après avoir fait la différence dans le Vieux Kwaremont avant de s'envoler seul vers la victoire à vingt kilomètres de l'arrivée. Il a alors... 38 ans.

2017 : Greg Van Avermaet surprend Philippe Gilbert

2017, une année exceptionnelle pour les amateurs de cyclisme, sevrés de bagarres et de rebondissements sur les Flandriennes. L'E3 n'échappe pas à la règle avec, dans le rôle des principaux animateurs, trois Belges, Greg Van Avermaet, Philippe Gilbert et Oliver Naesen.

Les trois hommes font la différence dans le Paterberg, puis dans le Vieux Kwaremont, et se présentent ensemble sur la ligne d'arrivée tracée à Harelbeke.

Oliver Naesen tente de surprendre ses deux compagnons d'échappée en lançant le sprint, mais Greg Van Avermaet saute rapidement dans sa roue. Le Champion de Belgique Philippe Gilbert, qui a réagi un poil trop tard, échoue à quelques centimètres de Golden Greg...

Déjà vainqueur du Nieuwsblad, Greg Van Avermaet ajoutera encore Gand-Wevelgem et Paris-Roubaix à son palmarès au cours d'un printemps exceptionnel, mais il échouera à la deuxième place du Tour des Flandres une semaine après son succès à Harelbeke, devancé par qui vous savez...

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK