Retro: Milan-Sanremo en 10 dates

Retro: Milan-Sanremo en 10 dates
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Retro: Milan-Sanremo en 10 dates - © Tous droits réservés

Classique parmi les Classiques, Milan-San Remo fait partie des courses cyclistes de légende. La Classicissima ouvre d'ailleurs au printemps le calendrier des courses prestigieuses d'un jour.

Malheureusement la course a été postposée et repoussée à plus tard dans le calendrier. RTBF.be/sport vous propose en ce 21 mars, date originelle de la course en cette année 2020, de revivre quelques éditions marquantes ou atypiques de l'histoire de la Primavera.

Milan-Sanremo 1910 - Le podium méritait 4 marches

Le 3 avril 1910, Milan-San Remo se dispute dans des conditions météorologiques dantesques. Le Passo del Turchino est recouvert par 20 centimètres de neige! Sur les 71 engagés présents au départ, seuls 4 rallieront l'arrivée, dont Eugène Christophe, le vainqueur, qui sera plus tard le premier homme à revêtir le maillot jaune. Arrivé à 18h, les membres littéralement gelés, il est transporté directement à l'hôpital où il reste un mois. Sa convalescence se prolongera jusqu'à l'automne suivant.
Il devance d'une heure le deuxième, Giovanni Cocchi. Giovanni Machese clôture le podium, devant Enrico Sala, dernier classé. Trois autres coureurs ont aussi terminé la course, mais sans être classés: Luigi Ganna, Piero Lampaggi et Sante Goi.

Milan-Sanremo 1946 - Les 140 kilomètres d'échappée de Fausto Coppi

Le 19 mars 1946, Fausto Coppi s'octroie une victoire historique dans la Primavera, au terme d'une échappée solitaire de 140 km. Le Campionissimo s'extrait du peloton dans le Turchino avec un groupe de huit hommes. Parmi eux se trouvent notamment le Français Lucien Teisseire.
Dès les premiers lacets du col, Coppi se débarrasse un à un de ses comparses d'échappée, à l'exception du Français, qui lâchera en dernier, peu avant le sommet. Il ne le reverra plus.
Hésitant sur la suite des opérations, Coppi décide de se lancer tête baissée dans son échappée au long cours et termine avec 14 minutes d'avance sur Teisseire. l'Italien Mario Ricci complète le podium.
Fausto Coppi a remporté deux autres Milan-Sanremo, en 1948 et en 1949.

Milan-Sanremo 1966 - Un jeune Belge écrit son histoire

Le 20 mars 1966, un joueur coureur belge, évoluant pour l'équipe Peugeot, roule son premier Milan-San Remo. Agé de 20 ans, ce coureur est annoncé comme un talent plus que prometteur. Il a déjà à son actif un titre de champion de Monde amateur et 84 succès chez les amateurs. Son nom: Eddy Merckx.
C'est la première fois qu'il dispute une course aussi longue et parvient à tenir la distance avec le peloton jusqu'au pied du Poggio. Le groupe étant encore trop volumineux, Eddy se met devant et écrème le groupe des rescapés. Si bien que le groupe de tête se présente sur la Via Roma sans réel favori. Eddy Merckx se charge de régler ses derniers opposants au sprint. Il devance Herman Van Springel et s'offre sa première victoire sur Milan-San Remo, la plus belle de toute confie-t-il.

Milan-Sanremo 1969 - Merckx sème la moto de la RAI

La forme physique d'Eddy Merckx est exceptionnelle en ce 19 mars 1969. Il vient de remporter Paris-Nice et fait partie, avec ses deux victoires sur la course, d'épouvantail. Pourtant, il n'arrive pas à faire la différence dans le Poggio mais à 100 mètres du sommet, il place une dernière cartouche. Il enchaîne avec une descente vertigineuse. "J'ai descendu comme un dingue" concède-t-il. "Je connaissais les virages par cœur." Si bien que la moto de la RAI n'arrive pas à suivre son rythme dans la descente vers Sanremo! Le Cannibale s'impose avec 12 secondes d'avance sur le peloton, réglé par Roger De Vlaeminck.

Milan-Sanremo 1981 - La dernière victoire d'un Belge de souche

Avec son allure très soignée, Alfons De Wolf peut être considéré comme le plus Italien des Belges. Il faut dire que ses victoires dans la Botte ont participé à sa réputation en Italie et à le faire aimer le pays transalpin. Vainqueur notamment du Tour de Lombardie en 1980, il enchaîne l'année suivante avec une victoire sur la Primavera.

Ce 21 mars 1981, tout se décide dans le Poggio. Le Belge Jean-Luc Vandenbroucke attaque et est vite rejoint par un petit groupe, dans lequel se trouve Fons De Wolf. Le natif de Willebroek a bien vu que cet effort a obligé les autres coureurs à puiser dans leurs réserves et décide d'en remettre une couche.
Seul Silvano Contini le suit à une dizaine de mètre, juste devant le peloton, mais l'Italien et ne parvient pas à le rejoindre, malgré les qualités limitées du Belge en descente.

Milan-Sanremo 1992 - La descente à tombeau ouvert de Sean Kelly

Le 21 mars 1992, Sean Kelly brise les rêves de toute une nation: l'Italie. Un homme est ultra-favori. Il court à domicile et possède la plus belle équipe au départ de la Primavera. Il s'agit de Moreno Argentin. Extrêmement bien préparé, via une superbe prestation générale lors de Tirreno Adriatico, il charge ses équipiers de cadenasser la course jusqu'au Poggio. Dans la montée de la dernière difficulté de la course, Moreno Argentin fait exploser le peloton. Il attaque à plusieurs reprises et décramponne un à un ses adversaires, de Laurent Jalabert au Belge Jim Van de Laer en passant par Steven Rooks. Il arrive avec 10 secondes d'avance à la cabine téléphonique, excellent signe vu que l'arrivée est jugée sur le Corso Cavalotti, juste après la descente.

C'est sans compter sur Sean Kelly, qui effectue une descente à tombeau ouvert et rattrape l'Italien sous la flamme rouge avant de le déborder dans le sprint final. Johan Museeuw est troisième. L'Irlandais inscrit son nom pour la deuxième fois au palmarès de l'épreuve, Argentin, lui, laisse passer sa plus belle chance d'accrocher la course à son tableau de chasse.

Milan-Sanremo 1999 - Tchmil au nez et à la barbe du peloton

Le 20 mars 1999, deux hommes, Cerezo Di renzo et Robert Hunter, animent la course. Echappés pendant 209 kilomètres, ils sont repris à 40 kilomètres du but. Plusieurs favoris tentent leur chance dans les dernières difficultés: Marco Pantani et Michele Bartoli dans la Cipressa, Gabriele Colombo dans le Poggio. L'Italien passe la cabine téléphonique avec 7 secondes d'avance et est rejoint dans la descente par Beat Zberg. Les deux hommes vont y croire jusqu'au regroupement général, à 600 mètres du but. Le double tenant du titre, Erik Zabel se retrouve dans un fauteuil et voit s'ouvrir devant lui la route pour un troisième succès de rang, ce qu'aucun cycliste n'a réussi.

C'est sans compter sur Andreï Tchmil. Le Belge place une attaque dès le regroupement et résiste au peloton. Il offre à la Belgique ce qui reste la dernière victoire belge sur la Primavera.

Milan-Sanremo 2004 - Erik Zabel y croit trop vite

En football, on dit habituellement qu'un match n'est jamais fini avant le coup de sifflet final. Cette évidence, Erik Zabel aurait du la garder dans un coin de la tête. Comme chaque année depuis 1997 - à l'exception notoire de la victoire d'Andrei Tchmil en 1999 - la Primavera va se livrer à un sprinteur. Au terme de l'emballage final, le quadruple lauréat de l'épreuve Erik Zabel pense qu'une nouvelle ligne va s'ajouter à son palmarès déjà immense. L'Allemand domine la meute et à quelques mètres de l'arrivée, juge son avance suffisante. Il lève les bras mais se fait sauter sur la ligne in extremis par l'Espagnol Oscar Freire, qui remporte la Clacissima pour la première fois. Il inscrira encore son nom à l'épreuve en 2007 et 2010.

Milan-Sanremo 2009 - Sprint: Deux titans seuls au monde pour la 100ème

Le 21 mars 2009, Mark Cavendish remporte la 100ème édition de la Primavera en devançant dans un sprint d'anthologie l'Allemand Heinrich Haussler. Les deux hommes, seuls au monde, largement devant le peloton, seront départagés à la photo finish. A 22 ans, Mark Cavendish remporte sa première grande classique, pour sa première participation à la Classicissima.

Milan-Sanremo 2013 - Neige, vent, une Primavera dantesque

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La "Primavera" se déroule pour la première fois un dimanche et connait des conditions météo hivernales très éprouvantes (froid, pluie, neige). Elles provoquent de nombreux abandons comme ceux du champion de Belgique Tom Boonen et de Vincenzo Nibali, un des grands favoris. Les organisateurs sont contraints de neutraliser la course et de réduire le parcours d'une cinquantaine de kilomètres en raison de la neige sur certaines routes.

Dans ces conditions, l'Allemand Gérald Ciolek surprend au sprint le grand favori, Peter Sagan, en réglant le groupe d'échappés, constitués de 6 coureurs.

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