Rémy Mertz: "Ca semble irréel, on est tellement vulnérable sur un vélo"

Le monde du cyclisme peine toujours à reprendre son souffle depuis l’annonce de la mort de Bjorg Lambrecht, décédé à 22 ans ce lundi à la suite d’une chute sur le Tour de Pologne. Un nouveau décès dans le monde du cyclisme belge, un de plus, un de trop. Le grand espoir a vu son destin briser sur les routes. Une perte qui touche de très près toute l’équipe Lotto-Soudal dont il faisait partie.

Rémy Mertz, 24 ans, n’est pas présent au Tour de Pologne avec son équipe. Il évoque avec nous la disparation de son coéquipier et ami. La gorge nouée par l’émotion il peine à mettre des mots sur l’indicible. "Il avait 22 ans. C’était un gamin. Un jeune-homme vraiment ambitieux pour sa carrière. Talentueux, il venait de resigner un contrat de deux ans. Toujours motivé, mais aussi dans la Lune. On pouvait aller boire un café à vélo, et après une heure il se rendait compte qu’il avait oublié son vélo au café. Ce sont toutes des histoires comme ça qui font de lui une personne spéciale. Il était professionnel mais il profitait aussi de la vie. Pour ses proches ça doit être vraiment insoutenable… ça semble irréel."

Un tel accident sème toujours beaucoup de doutes dans l’esprit des coureurs : "Dans la famille du vélo ça a des répercussions incroyables. Tout le monde est endeuillé aujourd’hui. En tant que coureur on sait tous que le cyclisme représente des risques au quotidien. Quand ça arrive comme ça, tu as des doutes. On est tellement vulnérable sur un vélo."

Et après la mort d’une si jeune personne, c’est une nouvelle fois le sentiment d’injustice qui prévaut : "J’ai eu des explications sur son décès. On ne peut même pas mettre la faute sur les risques qu’il a pris dans la course… Il s’agit juste de faits de course. Quand je vais prendre le départ maintenant, je vais encore plus penser à ça. Les risques sont considérables. Perdre la vie en pratiquant sa passion, c’est ça le pire. Que tout s’arrête si brutalement. J’en ai déjà perdu tellement des amis qui sont décédés à vélo… C’est juste trop injuste."

Même pour les coureurs plus "prudents" en course, il y a toujours un risque d’accident : "Par rapport à d’autres coureurs, je prends beaucoup moins de risques. Depuis que je fais du vélo, je minimise les risques. Mais le risque zéro n’existe pas. Moi aujourd’hui, pour aller rouler ça va être compliqué. Les prochaines courses, quand je vais arriver… on remet toute notre vie en question. Tout le monde est sans voix. On n’arrive pas à réaliser pour le moment. Ça va être difficile ces prochains mois, ces prochaines années. Je pense qu’il sera toujours dans nos pensées. Ça fait vraiment un gros boum dans le cyclisme mondial."

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