Rebellin, Devolder, Valverde, Gilbert… Les papys du peloton font de la résistance!

Ils ont entre 35 et... 50 ans. Ils continuent de pédaler dans les pelotons professionnels et certains continuent même de remporter des courses. Philippe Gilbert (36 ans, Deceuninck-Quick Step), Enrico Gasparotto (37 ans, Team Dimension Data), Adam Hansen (37 ans, Lotto-Soudal), Alejandro Valverde (38 ans, Movistar Team), Samuel Dumoulin (38 ans, AG2R La Mondiale), Laurens Ten Dam (38 ans, CCC Team), Stijn Devolder (39 ans, Corendon-Circus), Svein Tuft (41 ans, Rally UHC Cycling) et le recordman absolu du haut de ses… 47 ans Davide Rebellin (Sovac) sont les chefs de file de cette génération certes vieillissante mais toujours bien présente.

Bientôt quinquagénaire, Rebellin fait un peu peine à voir sur son vélo. En revanche, des garçons comme Gilbert et Valverde ne s'accrochent pas à leur bicyclette juste... pour faire beau. Ces gars-là gagnent encore et encore malgré les chutes et les blessures. Difficile de comprendre ce qui pousse ces coureurs, professionnels depuis plus de quinze ans, à poursuivre leur carrière.

Les papys font de la résistance... Et ça inspire le respect au " jeune " Julian Alaphilippe, 26 ans. " Ils font partie des meilleurs exemples. Mais il ne faut pas oublier que ce sont des coureurs exceptionnels. Des Valverde et des Gilbert, il n’y en a pas cinquante ! Ce sont des grands champions. Je pense tout simplement qu’ils aiment ce qu’ils font. Ils ont la santé, ils ont la motivation et la passion… les ingrédients pour continuer à faire ce métier qui est quand même difficile et qui demande beaucoup de sacrifices. J’ai beaucoup de respect pour tous les coureurs qui ont dix ans de plus que moi et qui prestent toujours à un haut niveau. Et puis surtout, ça nous donne de l’espoir, à nous les jeunes… On se dit que, si tout va bien, on a encore dix ans devant nous ! "

Après avoir fait deux fois deuxième de la Flèche Wallonne derrière Valverde, je n’avais qu’une chose en tête : essayer de gagner avec Valverde au départ et non quand il serait retraité. (Julian Alaphilippe)

Malgré le respect qu’il leur voue, l’Auvergnat, star montante du cyclisme mondial, n’aspire-t-il pas à voir les " vieux " dégager le plancher ? " Non, je n’ai pas envie de les voir partir. D’ailleurs, après avoir fait deux fois deuxième de la Flèche Wallonne derrière Valverde, je n’avais qu’une chose en tête : essayer de gagner avec Valverde au départ et non quand il serait retraité. Ce qu’il a fait à Innsbruck en devenant champion du Monde à 38 ans est exceptionnel. C’est amplement mérité. Quelle classe ! Il a terminé de nombreuses fois sur le podium des Mondiaux sans jamais gagner (NDLR : 6 podiums avant la médaille d’or de 2018)… et là, réussir enfin à aller chercher le titre sur sa fin de carrière, chapeau ! Avec la manière en plus, à l’issue d’une course très difficile. Il n’avait rien à prouver mais c’était clairement à son tour de porter le maillot de champion du Monde. "

Philippe Gilbert a vraiment une mentalité de compétiteur. Dans sa tête, il y a toujours cette envie de faire du cyclisme de compétition. Il a faim en permanence, faim de victoires. Que ce soit une grande ou une petite course, sa tête lui dit d’essayer de gagner. (Tom Steels)

Directeur sportif d'Alaphilippe chez Deceuninck-Quick Step, Tom Steels a stoppé sa carrière de coureur en 2008. Il avait 37 ans. Et, dit-il, "il était temps". Il a désormais sous ses ordres Philippe Gilbert, qui fêtera justement ses 37 ans le 5 juillet prochain. Tom Steels apprécie l'esprit qui anime encore et toujours le Liégeois. " Philippe a vraiment une mentalité de compétiteur. Dans sa tête, il y a toujours cette envie de faire du cyclisme de compétition. Il a encore les qualités et le caractère. Il s’entraîne dur, comme il le doit le faire. En fait, il a faim en permanence, faim de victoires. Que ce soit une grande ou une petite course, c’est la même chose, sa tête lui dit d’essayer de gagner. Il a fait une très belle saison 2018, surtout au printemps. Certes, c’est à chaque fois un autre membre de Quick-Step qui s’imposait mais il était toujours là, bien présent. Il reste l’un des meilleurs coureurs de l’équipe. Il n’est pas près d’arrêter. "

Mais finalement, Tom, c’est quand le bon moment pour pendre son vélo au clou ? " Personnellement, je me souviens de ma fin de carrière, c’était à l’issue d’un Championnat de Belgique à Knokke. Depuis un an, ça me trottait en tête. Après quinze ans de professionnalisme, je savais que je devais stopper, que c’était fini. Chaque année, c’était un petit peu plus difficile. Et quand tu sens que tu as moins faim de résulats, que tu as moins envie de t’entraîner, tu dois arrêter. Si tu t’entraînes avec cinq pourcents d’intensité en moins, tu en perdras vingt en compétition. Et quand tu es sprinter, ce qui était mon cas, et que tu ne sais plus gagner, tu dois stopper ! Des garçons comme Gilbert ou Valverde continuent parce qu’ils ont la bonne mentalité. Physiquement, si tu prends soin de ta santé, tu peux rouler correctement jusqu’à 38-39 ans, voire 40 ans mais c’est limite. Ou alors dans un rôle de capitaine d’équipe car à cet âge-là c’est vraiment très compliqué de faire des résultats. Tu as besoin du mental et du physique mais à un moment donné, le mental devient prioritaire. Chaque année, tu dois prendre les mêmes risques, être là, motivé, faire des sacrifices… Quand tu dois rouler deux heures à bloc à 40 ans, ça fait mal hein ! "

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK