Qui sont ces cinq autres coureurs wallons vainqueurs de Paris-Roubaix ?

Emile Daems, vainqueur de Paris-Roubaix le 7 avril 1963
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Emile Daems, vainqueur de Paris-Roubaix le 7 avril 1963 - © BELGAIMAGE

Félix Sellier, le 12 avril 1925

Né à Spy en 1893 et Gembloutois d’adoption, Félix Sellier ne débute chez les professionnels qu’à 27 ans. Il était jusqu'alors descendu dans la mine.

En 1925, les favoris de l’Enfer du Nord sont Italiens : Costante Girardengo qui vient de remporter son quatrième Milano-Sanremo, Ottavio Bottecchia et Alfredo Binda. Les frères Pélissier figurent aussi parmi les grands candidats à la victoire. 37 coureurs se présentent sur la large avenue des Villas. Sellier s’y impose au terme d’un sprint ravageur. Le Namurois aurait été le premier coureur à utiliser un pignon de 13 dents.

Charles Meunier, le 31 mars 1929

Né à Gilly en 1903, Charles Meunier ne compte qu’une seule victoire à son palmarès : Paris-Roubaix !

En 1929, pour la première (et unique fois) fois, la course se termine sur un stade de football (le Stade Amédée-Prouvost) dont la piste est en cendrée. L’enceinte n’est pas située à Roubaix, mais sur la commune de Wattrelos ! Dans leur souci d’augmenter encore leurs profits, les organisateurs ont choisi ce lieu pour faire payer les spectateurs.

Trois Belges se disputent la victoire. Georges Ronsse qui porte fièrement son maillot de champion du monde, André Déolet et Charles Meunier. Ronsse ne peut pas perdre mais dans le dernier virage, alors que la victoire lui est acquise, il est emporté par son élan, dérape et tombe... entraînant Déolet dans a chute. Meunier est le premier surpris de passer la ligne en vainqueur.

Souffrant d’un genou, le Hennuyer renonce trois ans plus tard et retourne courageusement travailler dans la mine, jusqu’à 55 ans.

Emile Masson junior, le 9 avril 1939

Fils d’un ouvrier-mineur, Émile Masson Senior, un des plus grand routiers de son époque, Junior est né à Grâce-Hollogne en 1915.

Le Liégeois remporte son succès le plus éclatant lors de Paris-Roubaix 1939. Victime d’une crevaison à vingt-six kilomètres de l’arrivée alors qu’il vient de s’isoler au commandement, il répare seul le boyau de la roue arrière, rejoint et lâche la quinzaine d’adversaires qui l’avait débordé à la faveur de l’incident. Au cours des huit derniers kilomètres, il s’assure une avance de 1’30".

A l’arrivée, sur l’avenue Gustave Delory, papa Masson attend son fils, il a dans la poche son ordre de rappel sous les drapeaux, qu’il n’a pas osé lui montrer avant le départ. Alors qu’il est à l’aube d’une brillante carrière quand la guerre éclate, Masson Junior est donc mobilisé quelques jours plus tard et très vite fait prisonnier. Après avoir passé quatre ans dans les camps de prisonniers en Allemagne, il revient de l’apocalypse, contrairement à beaucoup d’autres. Sa vision latérale d’un œil est diminuée. Cela ne l’empêche pas de remporter Bordeaux-Paris et de devenir deux fois champion de Belgique.

Emile Masson aurait mérité la médaille du courage et de la ténacité. Il devint président du Cyclist’s Pesant Club Liégeois, et à ce titre organisateur de Liège-Bastogne-Liège.

Pino Cerami, le 10 avril 1960

D’origine sicilienne, né non loin de Catane en 1922, fils d’émigré établi au cœur du pays Noir dès 1927, Pino Cerami obtient la nationalité belge en mars 1956. Connu jusque-là pour son altruisme, il remporte Paris-Roubaix à 38 ans.

Lors de cette édition 1960 de l’Enfer du Nord, constatant que ses leaders Rik Van Steenbergen et Schoubben ne sont plus là et que ses vieilles jambes tournent mieux que jamais, Pino sort de son rôle d’équipier. Il démarre et seul le Français Tino Sabbadini est en mesure de l’accompagner. Cerami sait qu’il n’a aucune chance au sprint. Il lâche dès lors irrémédiablement son rival à deux kilomètres de l’arrivée et s’impose en solitaire sur le vélodrome de Roubaix.

Déchaîné, Pino Cerami remporte la Flèche Wallonne dix jours plus tard, chez lui à Charleroi, devant une foule en délire.

Il a 41 ans lorsqu’il devance Darrigade au sprint à Pau pour ses adieux au Tour de France.

Emile Daems, le 7 avril 1963

Né à Genval, en Brabant wallon, de père campinois, Émile Daems est petit, râblé, habile et très véloce.

C'est au terme d’une finale à rebondissements que cet ancien garçon de courses dans une poissonnerie bat Rik Van Looy et Jan Janssen. Jamais il n’y a eu autant de renversements de situation dans les deux derniers kilomètres de la reine des classiques. Seul en tête depuis 20 kilomètres, Noël Fore fonce vers la victoire. Soudain le Flandrien craque et est laissé sur place par Rolf Wolfshohl. Tout le monde voit l’Allemand vainqueur lorsque celui-ci est rejoint à l’entrée du vélodrome par un petit groupe emmené par Van Looy et où figurent aussi Post, Simpson et Poulidor. Van Looy ne peut pas perdre. Tout se déroule à merveille pour l’Empereur d’Herentals lorsqu’il commet l’erreur fatale dans l’ultime virage. Il "ouvre la porte" à Émile Daems qui plonge à la corde et prend deux longueurs d’avance que Van Looy ne pourra pas combler. Émile Daems s’impose contre toute attente à l’issue d’un sprint endiablé.

Outre Paris-Roubaix, Daems compte aussi à son palmarès un Milan-Sanremo, un Tour de Lombardie (où il dompta le fameux "mur" de Sormano) et une étape du Tour de France à Briançon, après avoir escaladé les cols du Restefond, de Vars et de l’Izoard.

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