Philippe Gilbert, roi du Cauberg, peut égaler Jan Raas "Monsieur Amstel"

Rarement, un coureur a dominé la concurrence aussi souvent que Philippe Gilbert dans le Cauberg. Si Jan Raas (5 succès) est toujours "Monsieur Amstel", le Remoucastrien est sans conteste "Monsieur Cauberg".

Philippe Gilbert s'est imposé à quatre reprises sur les hauteurs de Valkenburg. Quatre succès dans l'Amstel Gold Race (2010, 2011, 2014 et 2017) et son inoubliable titre mondial (2012). Le bilan est déjà impressionnant. Il prend encore plus de relief quand on se penche sur les autres résultats du champion de Belgique 2011 sur les routes néerlandaises. Depuis 2009, Gilbert a toujours terminé dans le Top 10 de "sa course", sauf en 2016 (il était diminué par une blessure à la main). Même le changement de parcours et les deux kilomètres rajoutés après le sommet de l'ultime ascension n'ont pas eu de prise sur sa domination. Que du contraire.

Situé à une soixantaine de kilomètres de Remouchamps, le Cauberg semble avoir été modelé pour notre compatriote tant il correspond à ses qualités et à sa capacité à mettre du braquet dans une pente pas trop raide (5,8% de moyenne). Phil connaît les moindres recoins, le moindre centimètre carré de cette côte d'un peu plus d'un kilomètre. A quelques dizaines de mètres près, il attaque toujours au même endroit. Ses adversaires sont prévenus mais quand il est en forme, personne n'est en mesure de prendre sa roue.

Après avoir terminé 2009 en force (Paris-Tours et Tour de Lombardie), Gilbert confirme et remporte sa première grande classique au printemps, sa première ardennaise. Omniprésent dans le final, le coureur d'Omega Pharma attaque avant d'être repris. Bien calé dans la roue de Bert de Waele (Landbouwkrediet), Gilbert attend son heure. Quand il voit qu'un petit trou s'est créé derrière lui, il démarre et s'envole vers la victoire.

Douze mois plus tard, le Remoucastrien, vainqueur en Algarve, à Tirreno, aux Strade Bianche et à la Flèche Brabançone, est le Grand favori. Son équipe assume le poids et la course. Jurgen Van den Broeck et Jelle Vanendert se mettent à plan ventre pour leur leader qui règle Joaquin Rodriguez (Katusha) au somment de son Cauberg.

Impérial en 2011, Gilbert file chez BMC. Les premiers mois sont difficiles. Sa 6e place à l'Amstel et son podium à la Flèche Wallonne sont les seules rayons de soleil d'un printemps pourri. Petit à petit, le numéro 1 mondial 2011 retrouve ses sensations. Ses deux succès à la Vuelta lui redonnent confiance juste avant les championnats du Monde à Valkenburg. Le Cauberg sert à nouveau de juge de paix même si deux kilomètres ont été ajoutés après la sommet. Mis sur orbite par Bjorn Leukemans, Phil fonce vers le maillot arc-en-ciel.

Depuis 2013, l'Amstel Gold Race a adopté le final du Mondial. Après une 5e place l'année précédente, Gilbert est une nouvelle fois irrésistible dans le Cauberg en 2014. A plus de 35km/h de moyenne dans la dernière côte, il impose sa loi à Gerrans, Valverde et Kwiatkoski et renoue avec la victoire. Il signe son troisième succès dans la classique néerlandaise.

En 2017, nouveau changement de parcours. Le Cauberg est repoussé plus loin de la ligne. Peu importe. Gilbert retrouve la première place dans le Limbourg Néerlandais. Deux semaines après sa démonstration dans le Ronde, le Liégeois lance à nouveau la course de loin. Impressionnant de force et de ténacité, Phil opère la sélection dans le Bemelerberg à 6 kilomètres de la ligne. Il règle ensuite Michal Kwiatkowski au bout d'un sprint époustouflant et haletant.

En 2018, il aura l'occasion d'égaler le record de Jan Raas (5 succès). 

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