Philippe Gilbert : " Laissez le temps à Remco Evenepoel "

Le cyclisme et la Belgique, une histoire d’amour pour l’éternité. Cette année encore la garde bleue enfilera le costume de favorite sur ses terres, tous unis autour de Wout van Aert en s’offrant le luxe de laisser les vieux serviteurs Gilbert et Van Avermaet chez eux. Une abondance de bien dont la fin n’est pas programmée. A côté d’un van Aert qu’on n’imaginait pas à ce niveau il y a cinq ans, la Belgique garde encore dans sa manche le joker Evenepoel. Remco, chef de file d’une nouvelle génération prête à se faire un nom les armes à la main. Car le coureur de Deceuninck n’est pas la seule éclaircie à l’horizon. Vansevenant, Van Wilder, Arnaud De Lie, Sylvain Moniquet ou autre Cian Uyttdebroecks, ils sont tous prêts à entrer dans l’arène. Cette "Next gen" nourrit des ambitions à la hauteur du passé et des palmarès des anciens.

- " La Belgique est très impressionnante avec cette capacité à sortir des champions. On est un tout petit pays et on arrive toujours à avoir des coureurs de talent. " insiste Philippe Gilbert. " Surtout la Flandre. 95% des coureurs qui font des résultats viennent de Flandre. Il y a un gros travail de détection. La Belgique est un petit pays, mais malgré ça, sur les 20 dernières années, au classement par nation, on n’a jamais été plus loin que la 5e place je pense et souvent dans les trois premiers. Je me rappelle à l’époque de Museeuw et Van Petegem, tout le monde se disait ça va être fini après puis Boonen est rapidement arrivé. Un peu après c’était moi puis Van Avermaet a fait des résultats. On a Evenepoel qui est là et il y a des jeunes qui ne demandent qu’à percer. La Belgique demeure un pays porteur pour la détection des jeunes ".

La Belgique, un réservoir de talents inépuisable… Surtout en Flandre

Une Belgique qui attend avec impatience un successeur à Van Impe et Johan De Muynck au palmarès d’un Grand Tour. Aujourd’hui, les résultats de Remco Evenepoel en font le candidat idéal mais les attentes énormes ne risquent-elles pas de l’écraser sous la pression ?

- " Dans ma génération, on a eu un Jurgen Vandenbroeck qui était capable de faire dans les 5 premiers du Tour, je crois qu’il a même été une fois troisième. On a dit de lui qu’il était le nouveau Van Impe mais il n’a jamais fait de résultats exceptionnels dans les Grands Tours. On a Remco qui est très impressionnant dans les courses par étapes d’une semaine. Il y a beaucoup d’attentes et d’espoirs qui reposent sur lui. Lui aussi est très ambitieux mais je pense qu’il faut lui laisser un peu de temps. On verra dans l’avenir ce qu’il vaut en haute montagne et sur une course de trois semaines, mais son retour cette année après cette fameuse chute au Tour de Lombardie, c’est déjà très impressionnant. Il faut lui laisser le temps. L’année prochaine il sera toujours temps qu’il se teste sur un Grand Tour. Lequel ? Je ne sais pas, à eux de voir ".

La Wallonie accuse le coup ? Bruxelles n’a plus de club formateur c’est un constat qui témoigne du problème ?

- " C’est un problème, tous les subsides en communauté française ont été attribués à une entité centrale articulée autour de la structure Wallonie – Bruxelles. Tous les petits clubs ont perdu leurs subsides et beaucoup de passionnés finissent par disparaître. Je pense au club VC Ardennes que je connais personnellement. Le fossé se creuse de plus en plus. C’est dommage car c’est à ce niveau que s’opère la détection des jeunes. Laurent Mars fait du bon boulot avec les juniors et le club de Chevigny, mais il faudrait au moins cinq ou six structures identiques pour développer plus les jeunes. On a les mêmes aptitudes physiques que les Flamands, il n’y a pas de raison mais il faut développer tout cela ".

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