Philippe Gilbert : "Croisons les doigts pour que Roubaix se déroule bien "

Eliminé des championnats d’Europe sur un pépin mécanique, Philippe Gilbert n’en reste pas moins philosophe. La course de Trento est à l’image de sa saison. Pourtant, Gilbert n’a pas perdu ses ambitions. Malgré l’épisode de la non-sélection pour les championnats du monde de Louvain, il refuse de se laisser abattre. La saison 2021 n’est pas terminée.

" Il reste encore Paris-Roubaix et le GP de Francfort que je n’ai jamais couru. La date officielle c’était le 1er mai et pour moi c’était difficile par rapport à Liège Bastogne Liège, le Giro ou d’autres courses que j’ai disputées dans le passé. Quand j’ai vu que c’était déplacé dans le calendrier, je me suis dit que c’était l’occasion d’y aller. J’ai regardé le palmarès des éditions précédentes et on constate que c’était quand même un sprint avec un peloton assez réduit. Les montées sont à 40 ou 50 kilomètres de l’arrivée, il y a moyen de faire la différence ".

Et puis il y aura Paris-Roubaix le 3 octobre dont le dernier vainqueur reste… Philippe Gilbert en 2019.

- " C’est juste. C’est un peu bizarre… On a tous hâte de courir à nouveau un Paris-Roubaix. J’ai l’impression que ce sera pour cette année… L’échéance approche. Pour le moment, il n’y a que des petites rumeurs d’annulation mais rien de très sérieux. On nous dit que les chiffres augmentent apparemment. Croisons les doigts pour que la course se déroule bien ".

Une course qui sourit souvent aux coureurs expérimentés qui opposent à la fougue des plus jeunes leur vécu. Une course que l’équipe de Patrick Lefevere a toujours dominée avec régulièrement la victoire à la clé. Une course qui semble aussi taillée pour les phénomènes van Aert et van der Poel. Réaliser le doublé dans ces conditions n’en serait que plus beau.

- " Paris – Roubaix reste une course où le matériel est très important, mais c’est aussi une course où le jeu d’équipe est capital. Quand je gagne en 2019, on a pu jouer tactiquement en étant plusieurs devant. C’est toujours plus facile quand on se trouve avec des équipiers dans le final. Quant à des garçons comme van Aert ou van der Poel, ce sont des coureurs qui ont un talent énorme et qui sont polyvalents, avec une aisance et une conduite exceptionnelles avec leur technique de cyclo-cross.

Ils vont très fort dans les virages et ils sont très bons dans les relances. Il faut d’abord pouvoir les suivre dans les parties techniques. C’est vrai que Paris – Roubaix, c’est souvent rectiligne mais il y a quand même quelques virages un peu plus techniques où l’on peut perdre rapidement du temps. En fait, ils ont les capacités à pousser les autres coureurs à la faute. On l’a déjà vu dans le passé. Je me rappelle une édition où Boonen avait mis Hushovd sous pression. Il était tellement passé vite dans le virage que Thör n’était pas passé ".

van Aert et van der Poel, deux phénomènes qui ont rendu aux cyclo-cross ses lettres de noblesse, mieux même, qui l’ont propulsé sur le devant de la scène médiatique. Le cyclo-cross est devenu une voie d’accès en vogue pour intégrer le peloton pro. Comme chacun voulait son Colombien il y a quelques années, on a le sentiment que chacun veut son crossman aujourd’hui.

" Il y en a qui vienne du football aussi… C’est certain que la piste ou le cyclo-cross amènent une technique très importante. Quand on arrive dans des zones plus délicates ou des sprints massifs, quand on n’a pas beaucoup de technique parce qu’on a souvent été habitué à rouler seul, c’est compliqué de lutter avec des coureurs qui ont énormément d’expérience ".

Un an au cœur du peloton puis un avenir à écrire

Après le GP de l’E3, Philippe Gilbert est reparti à Monaco quittant la Flandre en pleine période des classiques, laissant derrière lui ces courses qui le font tant vibrer. Pas de Tour des Flandres et un moral un peu touché. Pourtant, à 39 ans, Gilbert n’a jamais été tenté de tout arrêter.

- " C’est clair que quand j’ai eu des périodes difficiles, ce n’était pas amusant. J’en ai eu d’autres dans ma carrière. Quand c’est comme ça, il faut juste être patient. On est professionnel, payé par des sponsors, une équipe qui a des attentes. Il faut rester exemplaire même si des fois, je n’arrive pas à prester comme je le voudrais. Il faut donner le maximum. C’est important ne serait-ce que par rapport aux jeunes ".

Il lui reste une année à vivre dans le peloton, mais déjà les questions sur l’avenir de Philippe Gilbert se profilent, des rumeurs, des idées mais rien de concret même si certains voient en lui un futur manager d’équipe. En 2019, Patrick Lefevere l’avait désigné comme le successeur idéal pour sa structure.

- " Je ne vais pas me presser. Cycliste, c’est un métier qui demande beaucoup de temps et d’engagement. Pour le moment, je ne veux décider de rien ".

Avec le tempérament qu’on lui connaît c’est difficile d’imaginer que Philippe Gilbert n’a pas déjà tracé les ébauches de plans pour son avenir dès 2023.- " J’ai plein d’idées, mais c’est comme pour tout. Un projet, ça commence par de l’écriture. On met ses plans sur papier puis après on commence à faire des montages. Je ne suis qu’à l’étape "papier". Pour l’instant les plans se dessinent, ils se mettront en place plus tard et viendra alors l’heure de la communication. Pour le moment, je travaille sur mes plans et mes idées, ensuite on communiquera ".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK