Pendant que le Giro Rosa bat son plein, le cyclisme féminin attend son Tour de France

Ce vendredi se lançait pour huit jours le Tour d’Italie, version féminine. Cette course est la plus importante compétition de cyclisme féminin, toutes les sportives internationales étaient présentes. Dont des coureuses belges. Pourtant, même si le cyclisme féminin est en pleine expansion, la discipline fait encore face à un perpétuel traditionalisme. 

La route est encore longue

Malgré les efforts, le cyclisme féminin reste bien moins valorisé que son équivalent masculin. Exemple parlant : le Tour de France, troisième compétition sportive mondiale. ASO, qui gère son organisation, met en place une épreuve féminine en 2014. Cette compétition, intitulée La course by le Tour de France, se déroule sur une journée seulement, lors d’une étape importante du Tour de France, avant le passage des coureurs masculins. Cette tentative de réponse aux différents appels des associations féminines est jugée très timide par de nombreuses coureuses professionnelles qui se battent pour l’ouverture de la compétition aux équipes féminines.

À la suite des critiques du maire de Lyon, Gregory Doucet, qui a jugé le Tour " machiste et polluant ", le directeur général du Tour, Christian Prudhomme, s’est expliqué au micro de Rodrigo Beenkens : " nous organisons des épreuves féminines depuis longtemps, comme la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et La course by Le Tour. Il y aura pour la première fois un Paris-Roubaix féminin le 25 octobre prochain. Nous travaillons sur la version féminine d’une grande course par étapes pour 2022. Nous aurions aimé la mettre en place en 2021, mais le Covid est passé par là et il y aura les JO l’an prochain dans la foulée du Tour. Ce sera remis à l’année suivante ".  

En attendant la version féminine du Tour de France, les coureuses participent cette semaine au rendez-vous le plus important du cyclisme féminin, le Giro Rosa. C’est la 31ème édition du Tour d’Italie. Il a été intégré au calendrier du UCI Women’s World Tour, l’année de la création de l’association, en 2016. Cette année, le Giro Rosa coïncide avec le Tour de France qui monopolise la médiatisation du cyclisme.

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'La Course by Le Tour', course féminine d'une journée organisée avant une étape du Tour de France © Tous droits réservés

La Belgique donne de l'espoir

Certaines de nos coureuses belges ont pris part au Giro Rosa. Même si elles ne font pas partie des favorites, elles se défendent. Notamment Lotte Kopecky, 18ème au classement UCI, arrivée sixième à la troisième étape et deuxième à la cinquième étape. Membre de l’équipe Lotto Soudal Ladies, elle est championne de Belgique du contre-la-montre en 2019 et 2020, une épreuve qu’elle affectionne particulièrement depuis ses plus jeunes années car elle l’avait déjà remportée en catégorie cadettes en 2010. Ce jeudi 17 septembre, Lotte Kopecky est arrivée première à la 7ème étape du Giro lors d’une étape vallonnée longue de 112 kilomètres.

En termes de cyclisme féminin, la Belgique montre l’exemple. En mai passé, alors que la discipline subissait de plein fouet la crise du coronavirus, David Clarinval a réagi. Ministre du budget et de la Fonction Publique, il a débloqué 90 000 euros de subvention pour l’association Lotto Soudal Ladies.  " La féminisation d’un certain nombre de sports, dont le cyclisme, est quelque chose de très important à mes yeux " confiait-il à nos collègues de la DH Les Sports.

Le Tour d’Italie se termine samedi, à l’issue de 109 kilomètres parcourus dans les Pouilles. En attendant que le cyclisme féminin s’impose, on se contentera du maillot rose.

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