Pauline Ferrand-Prévot : "La Flèche wallonne, la plus belle victoire de ma carrière"

Pauline Ferrand-Prévot, c’est un des plus beaux palmarès du cyclisme féminin. Avec un titre mondial dans 3 disciplines, sur route, en VTT et en cyclo-cross. Elle s’est confiée sur son confinement et ses rêves olympiques.

Jusqu’à lundi dernier, le 11 mai, Pauline a dû respecter un confinement strict, chez elle dans le sud. Au programme des séances de home-trainer, du gainage, de la musculation, 10 à 12 de sommeil par nuit, un peu de cuisine mais aussi du temps devant la série " Les filles du téléphone " avec son compagnon, Julien Absalon, double champion olympique de VTT.

Du patinage artistique au vélo

Pauline a commencé le vélo à 5 ans… Pour faire comme son frère, sa maman et son papa qui tenait un magasin de vélo à Reims. " Ma maman s’est dit que ce serait mieux que je fasse du patinage artistique. J’en ai fait pendant un an. Mais j'ai détesté. J’ai commencé le vélo et à 8 ans je faisais du VTT et de la route. Et puis j’ai commencé à faire des compétitions. Je gagnais contre des garçons et souvent ce sont les mamans des garçons qui le vivaient assez mal. Parce que leur fils s’était fait battre par une fille. C’était assez compliqué à vivre. J’ai toujours voulu prouver que le vélo n’était pas uniquement un sport de mec ".

Début de confinement compliqué avec les JO en tête

La championne du monde a assez mal vécu le début du confinement, surtout que dans d’autres pays les autres athlètes pouvaient s’entraîner normalement. " Pour moi c’était hyper dur. Je savais les autres filles s’entraînaient et moi je ne pouvais pas sortir. Et on ne savait pas si les JO allaient avoir lieu. Du coup quand j’ai appris le report j’étais soulagée. Je me suis dit que tout le monde aura du coup les mêmes chances pour se préparer ".

Pauline et les Jo c’est une véritable histoire d’amour, elle s’est d’ailleurs fait tatouer les anneaux olympiques sur le poignet. " J’ai fait ce tatouage en 2012. Mon rêve c’était d’aller au JO. Je suis allé à Londres et à Rio. Je ne sais pas si on peut regretter un tatouage mais celui-là, je ne le regretterai jamais ".

Eviter les erreurs de Rio

Inscrite en VTT et sur route à Rio, la championne française regrette d’avoir voulu en faire trop en 2016. " A Londres et à Rio j’ai voulu faire les deux. J’ai été super déçue les deux fois. Je ne veux plus commettre les erreurs du passé. Maintenant je vais me concentrer sur une discipline et donc mettre le paquet sur le VTT. "

Une médaille olympique et une fin de carrière au JO de Paris

Elle veut aller chercher le titre olympique, le seul qui lui manque. " C’est vrai que je me focalise là-dessus. C’est un peu le rêve de ma carrière. Si je termine le vélo sans médaille olympique j’aurais l’impression d’avoir une carrière inachevée".

A 28 ans elle rêve encore des JO à Paris. " J’aimerais rouler jusqu’à Paris en 2024. J’aurai 32 ans c’est encore jeune. J’aimerais ensuite avoir une vie de famille plus calme. Puis avoir des enfants, donc Paris ce serait une belle fin de carrière ".

Anecdote en confinement

Contrairement à la situation en Belgique, en France les sportifs de haut niveau étaient confinés chez eux. La seule liberté autorisée était une sortie seule, une heure max et dans un périmètre de 1 km autour du domicile. C’est lors d’une de ces sorties que Pauline a eu une drôle d’aventure. " A chaque sortie il fallait une attestation en papier pour indiquer que j’avais le droit de sortir courir près de chez moi. Je suis partie courir. Je n’avais pas de poche et j’ai glissé mon attestation entre ma culotte et mon pantalon. Je me suis fait contrôler. J’ai montré au policier mon attestation qui était devenue illisible parce que j’avais transpiré. Il semblait plus mal à l’aise que moi et il m’a laissé partir sans souci "

Sa plus belle victoire sur la Flèche Wallonne

Même si Pauline met à présent toute son énergie sur le VTT, elle n’oublie pas la route sa victoire au sommet du Mur de Huy en 2014. " Gagner là-bas c’était incroyable. C’est la plus belle victoire de ma carrière. Monter ce mur mythique, avec le public belge hyper chaleureux. Cela restera pour moi la plus belle victoire de ma carrière "

Pauline rêve à présent de retrouver ses parents qui habitent à 3 heures de route de chez elle et qu’elle n’a plus vus depuis plus de deux mois.

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