Patrick Lefevere : " Pour moi le coronavirus c'est comme une 3e guerre mondiale "

Patrick Lefevere veut jouer un rôle d'exemple dans la lutte contre le coronavirus.
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Patrick Lefevere veut jouer un rôle d'exemple dans la lutte contre le coronavirus. - © @Wout Beel

Le patron de la Deceuninck- Quick-Step, traverse la crise actuelle avec une grande prudence. Il est conscient du danger du Covid19 et veut être un exemple dans la lutte contre la pandémie.

Fini les embrassades et les serrages de mains

Patrick Lefevere c’est un véritable BV, Bekend Vlaming (un Flamand connu). Et en cette période de coronavirus, il souhaiterait parfois mettre de côté sa notoriété. " Quand j’arrive sur la place de Roulers (ndlr : Sa commune) tout le monde vient me saluer. Je m’arrange à présent pour aller manger dans un coin de mon restaurant préféré. Les gens veulent me serrer la main ou m’embrasser. Mais je leur dis directement que ça, c’est le passé. Certains ne comprennent pas. Je veux éviter au maximum de m’exposer et d'exposer les autres au danger. Et aujourd’hui encore, les gens ne mesurent pas les risques liés au coronavirus".

"Jamais connu ça en 50 ans"

A 65 ans, le Manager le plus célèbre du cyclisme flamand n’a jamais connu pareille situation, lui qui est dans le peloton depuis sa plus tendre enfance. " Cela fait 50 ans que je suis dans le cyclisme. Pour moi c’est comme une 3e guerre mondiale. Je n’aime pas trop les films d’horreur, mais on s’y croirait. Quand je fais du vélo avec ma femme, je me demande si on fait bien de passer par cette commune, ou cette autre commune. Le virus il est dans l’air. On ne le voit pas. C’est un ennemi qu’on ne voit pas et c’est ça qui est super dangereux ".

Budget ok pour 2021… mais après ?

Super dangereux et super anxiogène, dans un sport qui ne fonctionne qu’avec le parrainage et le sponsoring. Patrick Lefevere estime les pertes du début de saison à 1,3 million d’euros. Pour un budget global de son équipe qui tourne aux alentours de 20 millions d’euros. Les pertes globales pour l’exercice 2020 pourraient atteindre 3, voire 4 millions d’euros. Une situation délicate mais qui n’inquiète pas, à court terme, le patron de l’équipe belge. " Pour l’avenir de l’équipe je n’ai pas peur. J’ai tous les contrats signés avec les sponsors pour 2021. Mais il n’y a personne qui viendra me voir le 31 décembre en me disant " Ca y est le virus est parti". Ce n’est pas comme ça que ça marche. Et donc si le virus est toujours présent l’année prochaine là on va vraiment avoir un problème ".

Parce que les sponsors eux aussi tireront la langue ou refuseront de payer sans aucune visibilité en retour. C’est donc l’après 2021 qui inquiète plus Patrick Lefevere, qui malgré son âge, préfère rester dans le peloton pour faire briller son wolfpack, plutôt que de profiter pleinement d’une retraite déjà bien méritée.

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