Patrick Lefevere : "Le Tour à huis clos ? Il faut surtout garantir un Tour 'coronafree'"

Le Tour de France sans spectateurs. C’est la piste avancée par la ministre française des Sports, Roxana Maracineanu. Un scénario envisagé alors que l’Hexagone fait face à la pandémie de coronavirus.

L’Euro et les JO sont reportés, mais pour l’instant, le Tour de France reste d’actualité. Le grand départ est prévu à Nice le 27 juin prochain. L’idée d’un huis clos est à l’étude pour maintenir la course au calendrier. La Grande Boucle est LA plus importante épreuve cycliste du monde. La plus populaire aussi. Chaque année, des millions de personnes se massent sur le bord des routes pour assister au passage des coureurs et de la caravane publicitaire.

Fermer l’accès au public est-il une solution ? Patrick Lefevere, le manager de l’équipe Deceuninck-Quick Step n’en est pas convaincu : " Ce serait mieux que rien, mais je pense que ce sera difficile à mettre en place. On serait déjà très content de courir, mais il faut que la sécurité soit garantie. Il ne faut pas oublier que sur le Tour, il y a 20 équipes et 160 coureurs. Sans compter le staff, les mécanos. Il faut mettre tout ce petit monde dans un hôtel, se déplacer chaque jour vers un autre hôtel. Il faut s’assurer que toutes les zones traversées sont ‘coronafree’ ".

La priorité, c’est avant tout de garantir un Tour sans coronavirus. Pas simple pour cet événement extrêmement populaire. Le cyclisme reste un sport où il existe une grande proximité entre les supporters et les coureurs. Sans public et sans caravane, le Tour n’aurait pas la même saveur. Et ça semble bien compliqué de déployer des policiers sur les… 3400 km du parcours pour éviter la présence de public lors du passage du peloton.

Il y a un précédent cette saison. Lors du Paris-Nice, ASO, la société qui organise également le Tour de France avait décidé de créer des zones départ et arrivée sans public. Une sorte de périmètre de sécurité pour éviter les contacts avec les coureurs et limiter les risques de propagation du virus. Mais le Tour de France n’est pas la Course au Soleil…

Patrick Lefevere : " Ce n’est pas évident. Le Tour de France, c’est 100 fois plus grand que Paris-Nice. Au mois de juillet, si le Tour est maintenu, beaucoup de gens vont être en congé, j’imagine. Ce ne sera pas facile à gérer ".

Et s’il a lieu, le manager de l’équipe belge verrait bien le Tour sous un autre format. Une course raccourcie à 2 semaines. Une piste qui permettrait peut être de recaser des épreuves reportées dans un calendrier bouleversé par le coronavirus.

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