Patrick Lefevere : "Il y a vingt ans, on aurait pris Remco Evenepoel pour un dikkenek"

Patrick Lefevere, directeur sportif de Deceuninck- Quick-Step, formation de Remco Evenepoel.
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Patrick Lefevere, directeur sportif de Deceuninck- Quick-Step, formation de Remco Evenepoel. - © Tous droits réservés

Alors que la situation sanitaire est toujours incertaine, Remco Evenepoel s'apprête à faire son grand retour à la compétition lors du Tour de Burgos (28 juillet - 1er août). En marge de cette course, nous nous sommes entretenus avec Patrick Lefevere, le directeur sportif de Deceuninck-Quick Step, la formation du jeune Belge.

"Les coureurs sont prêts. Il y a quelques surprises, on a par exemple décidé de faire courir Sam Bennett. Puis il y a Remco Evenepoel qui redémarre, il est motivé comme jamais. A 20 ans, c'était son année, celle de la confirmation après ses bons résultats de la saison dernière. Lui aussi a été touché par la situation actuelle. On pourrait dire "il n'a que 20 ans, il a tout son temps" mais ce n'est pas évident, il a des objectifs et ces objectifs sont postposés" affirme Patrick Lefevere.

Alors qu'Evenepoel entamera sa deuxième partie de saison par un quatuor corsé Tour de Burgos- Tour de Pologne - Tour de Lombardie - Giro, il enchainera par la suite avec l'Euro, les championnats de Belgique et ensuite les championnats du monde (chrono et course en ligne). Un programme trop chargé ? Pas forcément, selon les dires de Patrick Lefevere.

"La période est chargée pour tout le monde. Si cela va trop loin, on a des médecins et des entraîneurs qui peuvent lui dire d'arrêter. L'Euro et les championnats, ce sont des courses d'un jour. Le chrono nécessite beaucoup d'énergie et de concentration mais ce sont des épreuves qui ne durent pas longtemps" explique-t-il.

"Il y a 20 ans, on aurait pris Remco pour un dikkenek"

Fidèle à son tempérament, Remco Evenepoel a profité de l'intermède coronavirus pour réitérer ses grandes ambitions. Un comportement salué par son directeur sportif qui estime, cependant, que les temps ont changé : "C'est bien. En clamant haut et fort ses ambitions, il y a 20 ans on l'aurait pris pour un "dikkenek". Aujourd'hui, on considère ça comme de la motivation et de l'ambition. On verra si ces déclarations sont justifiées "

Au final, la relation entre Evenepoel et Lefevere n'est pas sans rappeler celle du même directeur sportif avec un certain Tom Boonen. Celle d'un père spirituel qui protège son poulain. "C'est trop tôt pour comparer ma relation avec Remco à celle que j'avais avec Tom Boonen. Remco est bien entouré dans l'équipe. Son père est aussi son manager donc il a une ligne directe avec moi. Ensemble, on va tout faire pour lui permettre d'atteindre le niveau auquel tout le monde pense qu'il peut accéder."

Alors qu'attendre de Remco Evenepoel sur le Tour de Burgos ? Avec quelles ambitions, le jeune joyau belge se présente-t-il sur la ligne de départ ? "Il y a deux arrivées au sommet donc il va pouvoir se mesurer aux autres. A l'entraînement on m'a dit qu'il "volait", mais on a aucune comparaison avec les autres équipes. Tout le monde a bossé autant que nous, on verra quel sera le résultat de ces trois semaines intenses à 2000 mètres d'altitude" conclut Lefevere.

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