Oliver Naesen : " Sur les chemins de vigne, on ne voit que des tracteurs et des vaches ! "

On dispute ce dimanche la… 113ème édition de Paris-Tours qui a vu le jour en 1896, la même année que Paris-Roubaix, quatre ans seulement après la " Doyenne " Liège-Bastogne-Liège. Et pourtant, la " Course des lévriers " n’a pas, n’a plus, la même aura, éjectée du circuit World Tour et reléguée au rang d’épreuve hors-catégorie.

Alors, pour tenter de garder la tête hors de l’eau, les organisateurs (ASO) ont décidé il y a un an d’introduire une bonne dizaine de kilomètres de " chemins de vigne ", des tronçons de sable et de graviers serpentant les vignobles du Vouvray. En 2018, on a vu un " beau " spectacle mais on a aussi assisté à un record de crevaisons ! Au soir de la victoire de Soren Kragh Andersen, Patrick Lefevere avait déclaré qu’on ne reverrait plus son équipe sur ce parcours. Et il a tenu parole puisque Deceuninck-Quick Step, lauréate en 2015 (Matteo Trentin), 2016 (Fernando Gaviria) et 2017 (Trentin encore), n’a pas fait le déplacement.

Le plateau de cette édition est un peu " tristounet ". Mais qu’importe, les absents ont toujours tort et le Belge de chez AG2R Oliver Naesen, pourtant loin d’être fan du nouveau parcours, espère tout s’illustrer, voire s’imposer ce dimanche. Interview.

Oliver, votre deuxième place mardi à Binche-Chimay-Binche parle pour vous : vous êtes en forme ! L’an dernier, vous aviez terminé au pied du podium à Tours. Vous êtes donc un sérieux candidat à la victoire ce dimanche.

" J’y crois bien sûr. Mais j’y vais en sachant qu’il y a des chances que je finisse dans la voiture de l’équipe parce qu’on aura utilisé toutes les roues de rechange à cause des crevaisons ! Toutes ces courses avec des secteurs de graviers… ça ne me plaît pas ! C’est joli à la télé mais ce n’est pas pour nous. "

Et pourtant, vous adorez les pavés sur les courses flandriennes du printemps !

" Ici, ce ne sont pas des pavés. Des pavés, ça ne coupe pas ! Sur les pavés, il y a la circulation quotidienne mais sur les chemins de vigne, il n’y a que des tracteurs qui passent. Et parfois des vaches ! "

Comprenez-vous la décision de Deceuninck-Quick Step de ne pas aligner d’équipe sur ce Paris-Tours ?

" Oui, oui, bien sûr ! "

" Paris-Tours avait une identité, c’était toujours les sprinters contre les puncheurs. Une année, un puncheur gagnait, l’année d’après on assistait à un sprint magnifique. Mais désormais, il n’y a plus d’identité, ça change chaque année et le facteur chance est devenu prépondérant. "

J’ai un peu de mal à vous suivre… Finalement, vous êtes content d’y être ou bien vous êtes là avec des pieds de plomb ?

" Je vous rassure, je suis content de disputer la course parce que je sais que je peux la gagner. Mais je répète qu’il n’était vraiment pas nécessaire de rajouter ces secteurs. Paris-Tours avait une identité, c’était toujours les sprinters contre les puncheurs. Une année, un puncheur gagnait, l’année d’après on assistait à un sprint magnifique. Mais désormais, il n’y a plus d’identité, ça change chaque année et le facteur chance est devenu prépondérant. En 2018, je n’étais vraiment pas bien mais, parce que je n’ai pas crevé au contraire de nombreux adversaires, je me suis retrouvé devant, dans le final, sans avoir les jambes. C’est une très longue approche pour un final musclé. Cette course me plaît mais pas les chemins de vigne ! Je fais toujours de bonnes fins de saison. C’est toujours une période qui me convient bien et pendant laquelle il est très agréable de rouler. "

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