Offredo : "Le vélo en Belgique est vraiment dans le cœur des gens !"

Offredo : "Le vélo en Belgique est vraiment dans le cœur des gens !"
Offredo : "Le vélo en Belgique est vraiment dans le cœur des gens !" - © JASPER JACOBS - BELGA

On y est… enfin ! La saison cycliste belge démarre officiellement ce week-end avec Omloop Het Nieuwsblad samedi et Kuurne-Bruxelles-Kuurne dimanche. Une certitude : le froid polaire annoncé ne démotivera pas les fanatiques de cyclisme flamands que l’on attend par milliers, par dizaine voire par centaines de milliers, demain et après-demain sur le bord des routes de Flandre orientale et de Flandre occidentale. C’est bien connu, le froid n’arrête pas de 'fietsfan' !

Un froid que certains coureurs appréhenderont sans doute avec un peu de stress mais la plupart seront ravis d’être là malgré un thermomètre dans le négatif. Ravis de replonger dans l’ambiance si spéciale des classiques du nord du pays. Ce qui se passe en Flandre pendant le "Printemps des classiques" (même si le terme 'printemps' n’est pas très bien choisi cette année !) ne se passe nulle part ailleurs pendant la saison.

Et ce n’est pas du chauvinisme d’écrire ça… demandez plutôt au Français Yohann Offredo ce qu’il en pense ! Fin 2016, après une décennie passée à la FDJ, ce Francilien (31 ans) a décidé de quitter sa zone de confort en rejoignant une "petite équipe belge", Wanty-Groupe Gobert, qui à l’époque n’avait pas encore eu l’occasion de participer au Tour de France.

Samuël Grulois a rencontré ce coureur atypique, très attaché à l’histoire de sa discipline, à ses champions, à ses monuments et qui voulait "découvrir la vie de cycliste en Belgique, la vraie terre du vélo". Quand Offredo parle du pays des 'Flahutes', il en a… des frissons !

Yohann, vous êtes français mais pour vous, il n’y a pas photo, le pays du vélo, c’est bel et bien la Belgique ?

"C’est clair ! Il y a un sentiment très particulier en Belgique. Vous savez, le vélo en France est très populaire, pas forcément dans le sens péjoratif du terme mais ça fait partie du folklore national. Le vélo en Belgique est vraiment dans le cœur des gens et on le voit avec le public massé sur le bord des routes, avec l’ambiance qu’il y a aussi bien sur les cyclo-cross que sur les classiques ! C’est quelque chose de très particulier. Votre pays reste pour moi l’essence du vélo. Dans le mot 'classique', il y a… 'classique', il y a une espèce de continuité avec nos anciens. Et c’est ce qui m’attire dans le cyclisme."

Quand on est à Gand, au départ du Nieuwsblad, dans le bus de l’équipe, il y a forcément un mélange de stress, de peur, d’appréhension mais aussi d’excitation

D’ailleurs, on dit que le classique ne se démode pas !

"On dit en effet que le classique ne se démode pas… Moi, j’ai parfois été un peu déçu quand on changeait justement le parcours de certaines classiques parce qu’il y a un côté intemporel normalement dans les classiques avec le même final chaque année. Un final du Tour des Flandres doit rester un final du Tour des Flandres ! Et donc parfois j’ai été chagriné par des changements d’itinéraires mais ça reste néanmoins quelque chose de prestigieux, des épreuves sur lesquelles on essaie de s’illustrer."

On ressent bien cette attente. Le public belge en général, flamand en particulier, n’en peut plus… Trois mois sans vélo, c’est beaucoup !

"Il y a eu trois mois sans vélo mais il y a eu quand même trois mois de cyclo-cross. Quand on voit le monde présent sur les cyclo-cross, cette même ferveur pendant toute l’année… effectivement, il y a une attente ! Quand on est à Gand, au départ du Nieuwsblad, sur le parking, dans le bus de l’équipe, il y a forcément un petit stress, un mélange de stress, de peur, d’appréhension mais aussi d’excitation."

En France, on ne me reconnaît pas. En Belgique oui ! C’est un public de connaisseurs

Les supporters flamands reconnaissent le coureur français que vous êtes. C’est à ce genre de détail que l’on comprend que l’on a affaire à un public de connaisseurs, non ?

"Je me suis souvent fait la réflexion oui. En juillet dernier, sur le Tour de France, j’avais l’impression d’être un néopro. On ne me reconnaissait pas alors que ça fait douze ans que je suis professionnel et que j’ai régulièrement terminé dans le Top 10 des classiques. Le public belge me connaît, le public français un peu moins. Ici, il y a un public de connaisseurs, un public de passionnés. Et encore une fois, c’est un public qui a le vélo dans son cœur !"

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