Mondiaux de cyclisme : Sven Vanthourenhout, le "Roberto Martinez" du cyclisme belge

"Je ne peux pas toujours faire plaisir à tout le monde. Parfois, je sais que je vais faire des déçus. Et j’essaie toujours de le faire d’une manière correcte. Je pense que c’est ma force. En tout cas, j’espère que c’est ma force".

Il a succédé à Rik Verbrugghe le 19 novembre 2020. Sven Vanthourenhout, déjà sélectionneur national du cyclo-cross depuis 2017 est aussi devenu l’an dernier le boss pour la route. Une double casquette pour le Flandrien de 40 ans. Une promotion et une grande responsabilité aussi à l’aube d’une année 2021 capitale pour le cyclisme belge. Avec 2 mondiaux à la maison et les Jeux Olympiques de Tokyo, le nouveau coach fédéral était au-devant d’une saison pleine de défis.

Les 2 premiers rendez-vous ont livré le même verdict. L’argent aux championnats du monde de cyclocross à Ostende et l’argent aux JO de Tokyo. Deux fois avec le même homme. Wout Van Aert est abonné à la 2ème place lors des dernières courses disputées avec le maillot bleu azur de la sélection nationale. L’an passé, l’Anversois avait aussi dû se contenter de la médaille d’argent dans le chrono et dans la course en ligne lors des mondiaux d’Imola.

Wout Van Aert veut transformer l’argent en or

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Sven Vanthourenhout en compagnie de Wout Van Aert à l'arrivée de la course en ligne aux JO de Tokyo © Belga

A Leuven, la pression sera encore plus forte pour la sélection noire-jaune-rouge. C’est la 10ème fois que les mondiaux se déroulent dans notre pays. Un événement très attendu par les amateurs de cyclisme. "J’essaie d’aborder ce championnat du monde comme un autre" raconte Sven Vanthourenhout. "C’est important tous les ans. Mais naturellement, cette année, il y a encore plus d’attention et tout le monde veut que nos coureurs belges brillent à domicile. Personnellement, je ne ressens pas plus de pression mais je sens que l’événement suscite beaucoup d’engouement. Partout où vous allez, on en parle. Quand on allume la TV, on en parle. C’est un événement qui vit énormément. Tout le monde dans le pays attend ce grand jour".

Un jour où les Belges devront s’unir autour de Wout Van Aert pour transformer l’argent en or. "Nous avons un plan pour décrocher l’or" affirme le coach fédéral. "J’espère qu’il sera donc juste un peu meilleur que lors des championnats précédents. Evidemment, nous ne sommes pas les seuls. La concurrence sera très forte. Mais je pense que nous avons un bon plan pour gagner la course".

Un coach discret mais proche des coureurs

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Sven Vanthourenhout lors de la reconnaissance du parcours de l'Euro de Trente avec Remco Evenepoel © Belga

Le sélectionneur national ne cache pas ses ambitions. Il s’appuie sur son travail quotidien pour former la meilleure équipe et mener son leader vers le maillot arc-en-ciel.

"On dit souvent que le coach fédéral reste assis dans son fauteuil, il écrit quelques noms sur une feuille et part au championnat. Mais c’est bien plus que ça" explique Sven Vanthourenhout. "Je suis aussi impliqué dans la détection des jeunes. J’essaie de faire un bon scouting. Et je suis tous les jours les courses. En Belgique ou à l’étranger. J’essaie aussi d’être présent en dehors des courses lors des stages des coureurs. C’est l’occasion de discuter avec le staff de l’équipe et l’entourage des coureurs. Une bonne communication est essentielle. Je dois être au courant de tout. C’est un job à plein temps où vous êtes actif à 100% et il faut essayer de faire les bons choix au bon moment".

2 podiums mondiaux en cyclo-cross et… presque champion de Belgique sur route

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Sven Vanthourenhout, vice-champion de Belgique sur route à Knokke en 2008 © Belga

Le sélectionneur s’appuie aussi sur son expérience de coureur. Près de 15 ans de professionnalisme dans les labourés mais aussi sur la route. "J’ai quand même une certaine expérience sur la route" rappelle Sven Vanthourenhout. "J’ai participé notamment au Tour de Suisse dans ma période chez Patrick Lefevere chez Quick Step. Ensuite, j’ai roulé plusieurs années pour Landbouwkrediet chez Gérard Bulens. Mon expérience sur la route n’a pas été minime".

Je m’étais préparé depuis plusieurs mois pour ce championnat à Knokke et je perds peut être pour 20 cm… 

Avec quelques belles lignes sur le palmarès. Surtout en cyclo-cross. Deux fois le bronze aux mondiaux pour le fidèle équipier de Sven Nys. Sven Vanthourenhout a aussi failli créer la surprise lors des championnats de Belgique sur route à Knokke en 2008. Devancé au sprint par le néo-pro, Jurgen Roelandts.

"Pour moi, c’était fantastique parce que j’étais issu du cyclo-cross" se souvient l’ancien vice-champion de Belgique. "C’était rare qu’un cyclo-crossman se retrouve sur le podium d’un championnat de Belgique sur route. Mais aujourd’hui, ce n’est plus si exceptionnel vu qu’il y a de plus en plus de cyclo-crossmen qui sont actifs sur la route. Mais pour moi, c’était quand même une petite déception puisque je m’étais préparé depuis plusieurs mois pour ce championnat et je perds peut être pour 20 cm à l’arrivée".

Tourner, relancer, monter, descendre… en permanence

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La "Moskesstraat", l'une des difficultés présentes sur le parcours des mondiaux 2021 © Belga

Le 26 septembre, l’équipe belge s’élancera sur le parcours des mondiaux avec la ferme intention de conquérir le maillot arc-en-ciel. Un maillot irisé qui échappe à la Belgique depuis près de 10 ans et le sacre de Philippe Gilbert à Valkenburg en 2012. A Leuven, ils devront maitriser les secrets du tracé flandrien. "Le championnat du monde à Leuven, c’est une classique belge" détaille Sven Vanthourenhout. "L’endroit le plus important peut se trouver à n’importe quel virage de la course. Surtout après avoir franchi le cap des 200 km, la course va automatiquement devenir plus dure. Et la différence pourrait se faire partout. Sur ce parcours, c’est continuellement tourner, relancer, monter, descendre. Ce sera très nerveux. Sur les 50-60 derniers km, on devra être très attentif. Tout le monde devra être prêt dans l’équipe".

Les mondiaux à Leuven? C’est une classique belge

De nombreux observateurs pointent le circuit autour d’Overijse comme l’endroit clé du parcours. La présence du Smeysberg (700m à 8,8% de moyenne à gravir 4 fois) et de la Moskesstraat (une côte pavée de 550m à 8,9% de moyenne à grimper 2 fois) sur ce circuit aura probablement une influence sur la course, mais Sven Vanthourenhout ne concentre pas toute son attention sur ces 2 difficultés empruntées lors de la Flèche Brabançonne. "Pour moi, le circuit dans le centre-ville de Leuven n’est pas à sous-estimer" ajoute le coach national. "Tout le monde parle du circuit d’Overijse avec entre autres le Smeysberg qui est bien sûr difficile, mais le centre-ville de Leuven peut aussi être un endroit dangereux. Les côtes y sont moins longues et moins pentues, mais la moindre bosse fera mal aux jambes dans la finale".

Un pour tous, tous pour Van Aert

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Wout Van Aert, médaillé d'argent lors des Jeux Olympiques de Tokyo © AFP

Et sur ce tracé, Sven Vanthourenhout n’a pas fait mystère de son plan de bataille. La Belgique roulera pour Wout Van Aert. Le champion de Belgique sera le leader unique de la sélection. "Je pense que c’est logique quand on voit ses résultats sur les deux dernières années" conclut le coach fédéral. "Il a été si fort. Le dernier Tour de France a aussi été une confirmation de ses capacités. Ensuite, il a pris la médaille d’argent aux JO. Depuis lors, tous les regards sont tournés vers le championnat du monde à Leuven. On doit donc lui donner la chance d’être le seul et unique leader pour la course".

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