Milan-Sanremo: le dernier des 5 travaux de Philippe Gilbert

Philippe Gilbert sur le podium de Paris-Roubaix 2019. Avec Milan-Sanremo dans un coin de la tête ?
Philippe Gilbert sur le podium de Paris-Roubaix 2019. Avec Milan-Sanremo dans un coin de la tête ? - © DIRK WAEM - BELGA

Eddy Merckx, Rik Van Looy, Roger De Vlaeminck... et un jour peut-être Philippe Gilbert ? "Le Phil" peut-il rejoindre ces 3 légendes, les 3 seuls coureurs vainqueurs des 5 Monuments du cyclisme (Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie) ? Il en rêve, en tout cas. Son slogan "Strive for Five" ("Se battre pour les cinq"), ce n'est pas que de la communication: il résume tout simplement le défi de sa fin de carrière. Et si cela a pu en faire sourire certains, persuadés que Gilbert voyait trop gros, trop tard, chacun semble revoir son jugement après le monumental Paris-Roubaix remporté par le Belge, venu s'ajouter à ses victoires au Tour de Lombardie (2009-2010), à Liège-Bastogne-Liège (2011) et au Tour des Flandres (2017). Dernière marche à gravir donc, peut-être la plus difficile : Milan-Sanremo. Un peu comme Wimbledon pour Justine Henin, une dernière case à cocher pour parfaire un palmarès déjà ultra-fourni. Ceux qui restent sceptiques rétorqueront que Philippe Gilbert a peut-être déjà laissé passer sa chance. Intrinsèquement, un Gilbert époque "pré-champion du monde" avait clairement la Primavera dans ses cordes. Il est d'ailleurs monté 2 fois sur le podium à Sanremo: 3e en 2008, 4 secondes derrière Fabian Cancellara (et battu sur la ligne par Filippo Pozzato), 3e en 2011, quand Matthew Goss avait réglé un petit groupe au sprint (Cancellara avait alors pris a 2e place). Une époque où le parcours était aussi un peu différent. 

Un "autre" coureur

Désormais, le vainqueur du Tour des Flandres 2017 et de Paris-Roubaix 2019 est un autre coureur. C'est d'ailleurs dans ce but qu'il a rejoint l'armada Deceuninck-Quick Step après sa période BMC (où il avait été sevré de Classiques pavées) : Gilbert-le-puncheur est devenu Gibert-le-gros-rouleur, jamais aussi fort que quand il peut lâcher les chevaux. Et s'il pourra compter sur son expérience de la Primavera (15 Milan-Sanremo disputés, 15 Milan-Sanremo terminés), pour s'imposer il aura "tout simplement" besoin de sortir la course parfaite. Besoin sans doute aussi d'une équipe à son service, pour rendre la course très dure, contrôler et éliminer les adversaires, et permettre à Gilbert de s'envoler, un peu à la Nibali l'an dernier... En fin de contrat chez Deceuninck-Quick Step, cet argument le fera-t-il réfléchir ? L'esprit du "'Wolfpack" est puissant, mais les leaders potentiels sont aussi nombreux (Alaphilippe, vainqueur cette année, ou encore Viviani, qui peut aussi rêver de la victoire sur ses terres transalpines...). 
Reste que Gilbert peut désormais se concentrer à 100% sur cet objectif. C'est à la fois un avantage, parce que rares sont les coureurs qui peuvent se permettre de placer leur (premier) pic de forme si tôt dans la saison, et un désavantage, parce que partir avec l'énorme pancarte d'homme à suivre est toujours un exercice compliqué. Et s’il parvient à s’imposer, en plus d’entrer dans l’Histoire du cyclisme aux côtés de ses illustres aînés, Gilbert marquerait aussi l’Histoire de la Primavera puisqu’il en deviendrait à 37 ans le vainqueur le plus âgé (record actuel: Andrei Tchmil, vainqueur à 36 ans et 57 jours). Les sceptiques ressortent leur calculette. Mais Roubaix a aussi permis de dégager une certitude: impossible n'est pas Gilbert !

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