Milan-Sanremo, de l'indécision aux balcons

Chaque année, à moins de cinq kilomètres de l'arrivée, le scénario est identique : qui va gagner Milan-Sanremo ? Malgré les attaques dans le Poggio, malgré les prises de risques dans la descente, une fois dans la dernière ligne droite, devant les balcons de la Via Roma, l'indécision est totale.

A l'image de ce sprint incroyable et historique l'année dernière. Michal Kwiatkowski, Peter Sagan et Julian Alaphilippe ont toute la largeur de l'avenue pour sprinter. Mais sur la ligne, les trois coureurs se retrouvent côte à côte, coude à coude, presque imbriqués. Kwiatkowski gagne pour quelques centimètres et le cyclisme a déjà son image de l'année. 

Les derniers vainqueurs de Milan-Sanremo

2008 Fabian CANCELLARA Suisse
2009 Mark CAVENDISH Grande-Bretagne
2010 Oscar FREIRE Espagne
2011 Matthew GOSS Australie
2012 Simon GERRANS Australie
2013 Gerald CIOLEK Allemagne
2014 Alexander KRISTOFF Norvège
2015 John DEGENKOLB Allemagne
2016 Arnaud DEMARE France
2017 Michal KWIATKOWSKI Pologne

Milan-Sanremo: le palmarès complet et les vidéos

Depuis 10 ans, on retrouve sur les lignes du palmarès 10 vainqueurs différents. Car cette course peut convenir à tous les profils. Avec tout de même deux conditions : pouvoir passer les bosses et aller vite au sprint. La distance inhabituelle (près de 300 km) demande de l'endurance, mais le parcours laisse rêver tous les coureurs. Les grimpeurs comme Vincenzo Nibali se voient décrocher tout le monde dans le Poggio et gagner l'épreuve en solitaire. Les puncheurs comme Philippe Gilbert, Greg Van Avermaet, Julian Alaphilippe ou Michal Kwiatkowski tentent de lâcher les purs sprinteurs pour ensuite se disputer la victoire en petit comité. Les sprinteurs comme Mark Cavendish, Arnaud Démare, André Greipel, Elia Viviani, Marcel Kittel ou Alexander Kristoff serrent les dents dans la dernière bosse, bataillent en queue de groupe et s'accrochent pour ensuite faire parler la vélocité dans les 300 derniers mètres. Et puis, il y a encore les coureurs hybrides, comme Peter Sagan, capables de tout, sur tous les terrains. 

"Vous connaissez quelqu'un qui a déjà gagné sept fois à la loterie ?"

Milan-Sanremo c'est un mélange de nervosité et de tactique, sur un parcours trop peu sélectif. Une course sous forme de guerre des nerfs où chaque effort, chaque coup de pédale est compté. Vient alors le fameux mot "loterie". Cette impression que la victoire peut tomber sur n'importe quel favori ou outsider. De quoi faire bondir le septuple vainqueur Eddy Merckx. "Vous connaissez quelqu'un qui a déjà gagné sept fois à la loterie ?", répond le Cannibale.

Mais le cyclisme d'Eddy a changé. Aujourd'hui, il faut le reconnaître, la Primavera est de loin la classique la plus aléatoire du calendrier. Et pour revenir au terme "loterie", ces dernières années les Belges n'avaient jamais les bons numéros. Le dernier vainqueur est Andreï Tchmil, en 1999, il y a près de 20 ans !

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En 1999, le Belge Andreï Tchmil piège in extremis les sprinteurs sur Milan-Sanremo. © Belga
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