Mauri Vansevenant, un grand talent, bien plus qu'un super lieutenant pour Evenepoel

Par ses prestations et son tempérament, Mauri Vansevenant frappe les esprits en ce début de saison. Équipier modèle dans le Ventoux pour Alaphilippe, sur le podium du Trofeo Laigueglia ou tout en haut d’un Top 10 royal, l’Ostendais impressionne. Wim Feys qui l’a guidé pendant deux saisons et demie chez les espoirs décrypte les qualités de ce petit gars de la Côte qui aime tant les côtes.


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Ami de la famille, ancien équipier du papa, Wim Feys a vu éclore le Mauri au sein de la formation EFC-L&R-Vulsteke. Cet ancien pro, reconverti dans la formation, a vu défilé quelques jolis noms dans ses équipes (Bakelants, Lampaert, …) mais il est catégorique. "Mauri est le plus grand talent que j’ai vu dans mon équipe. Et il a encore une grande marge de progression énorme".

Déjà autant de victoire que le paternel

Fils d’un gregario plutôt typé flandrien, Vansevenant junior s’épanouit dès que la route s’élève. "Avant de s’orienter vers les classiques, Wim grimpait pas mal", rappelle Feys en soulignant sa victoire au Tour du Vaucluse.

En moins d’une année pro, il a déjà gagné autant que son père, triple lanterne rouge du Tour. Plus "vainqueur" que le paternel, Mauri a hérité de son assiduité au travail. "C’est un coureur sérieux qui fait ce qu’il faut à l’entraînement. Il se comporte aussi comme un pro en dehors du vélo".

S’il a rapidement étalé sa classe chez les pros, Vansevenant n’a pas été un coureur prodige chez les jeunes. "Il a quand même montré de belles choses. En juniors, il est en tête de la Classique des Alpes. Sans une chute il gagne cette course. Il a mis du temps à s’en remettre et a vécu une revalidation de 3-4 mois".

L’Italie comme fil rouge

La saison suivante est celle de la reconstruction avec un premier coup d’éclat à l’automne au Piccolo Lombardia (5e). L’Italie déjà. L’année suivante, il remporte le Tour de la Vallée d’Aoste. L’Italie encore. A 21 ans, il signe au sein de l’armada Deceuninck-Quick Step à l’été 2020. Il épate à la Flèche wallonne quelques mois plus tard : seul en tête il chute dans la descente de Ben Ahin. Le gamin grandit vite. Très vite. Son début de mois de mars est époustouflant avec un podium au Trofeo Laigueglia et surtout son premier bouquet chez les grands au GP de l’Industrie. L’Italie toujours.

"Il m’a surpris. Je savais qu’il était capable de gagner, mais je ne pensais pas qu’il allait le faire aussi vite. Il a 21 ans et regardez les noms de ceux qu’il a battus". Un Top 10 digne d’un Grand Tour où figurent Mollema, Landa, Quintana, Valverde ou Nibali.

"Il a toujours fait ce que l’équipe lui demandait"

Vansevenant n’est pas du genre à s’enflammer ou à se prendre pour un autre. Quand certains jeunes se consacrent très tôt uniquement au vélo, il jongle entre ses entraînements, un baccalauréat en électromécanique et son travail dans la ferme familiale. Pas question de passer pro avant d’avoir son diplôme. "Il a une bonne personnalité. Il s’entend avec tout le monde. Même chez les jeunes où certains sont assez individualistes, il a toujours fait ce que l’équipe lui demandait. Il est toujours positif. C’est aussi un leader dans l’âme. Il a ça en lui".

Travailler pour les autres et briller quand on reçoit sa chance, Mauri a intégré le mantra du Wolfpack. Les pieds sur terre, Vansevenant est un dur au mal qui "va toujours à la limite. En côte et en descente". Selon Feys, ses chutes (Classique des Alpes, Flèche Wallonne) sont d’ailleurs dues à sa prise de risque, pas à une éventuelle maladresse sur le vélo. "Il a fait du cross, il est plutôt habile".

"Convaincu qu’il fera un Top 5 à Liège"

Formé à l’école du cross, c’est quand la route s’élève que Mauri s’épanouit. Feys le voit briller dans sur les Classiques Ardennaises. "Je suis convaincu fera un jour un top 5 à Liège-Bastogne-Liège. Et si tu es capable de terminer dans les cinq premiers, tu es capable de gagner".

Avec son talent de grimpeur, il pourrait aussi s’illustrer sur dans les courses à étape. "Gagner une étape de montagne est sûrement dans ses cordes", glisse Feys. Pour viser un classement, il faut désormais aussi faire mieux que se défendre dans l’exercice contre la montre. "Chez nous il n’a jamais travaillé le chrono de manière spécifique. Mais il a des capacités en la matière. Il a pris la 6e place du GP Igor De Craene sur un parcours tout plat et sans préparation. Il a aussi montré à la Flèche qu’il pouvait rouler fort en solitaire. Uran ne lui avait pas repris beaucoup de temps", se souvient le DS de EFC-L&R-Vulsteke.

Deceuninck-Quick Step l’a attiré pour commencer à construire la garde rapprochée de Remco Evenepoel. Mais avec Mauri Vansevenant, Patrick Lefevere a déniché bien plus qu’un super lieutenant.

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