Mais qu'est-ce qui fait encore courir Maxime Monfort ?

Depuis mercredi, Maxime Monfort dispute Tirreno-Adriatico, en Italie, dans un groupe Lotto-Soudal très solide avec Tiejs Benoot, Tim Wellens et Jens Debusschere. A 34 ans (depuis le 14 janvier dernier), le Bastognard d'origine entame sa quatorzième saison professionnelle. Et on se demande finalement ce qui le fait encore courir ?

Maxime gagne rarement, c'est clair. Mais il prend à coeur son rôle de capitaine de route auprès des plus jeunes, comme le néo-pro Rémy Mertz par exemple, issu lui aussi de la Province de Luxembourg. Son contrat avec l'équipe de la Loterie nationale s'achèvera fin décembre. Samuël Grulois a rencontré Maxime Monfort. Et, vous allez le lire, l'ancien champion de Belgique du contre-la-montre (en 2009 déjà !) n'a pas encore l'intention de raccrocher, oh que non!

Maxime, vous ne savez pas de quoi sera fait votre avenir au-delà de décembre 2017. N’est-ce pas une situation un peu stressante ?
"Ce n’est pas la première fois que je me retrouve en fin de contrat donc je connais cette situation. Ce qui est nouveau, c’est que le prochain contrat que je vais signer sera peut-être le dernier justement… La règle reste la même : il faut faire des résultats pour obtenir un contrat ! Je suis motivé par rapport à ça. Et à mon avis, j’ai moins de pression qu’il y a quelques années parce que, même si je suis encore très motivé à l’idée de courir trois saisons minimum, ma carrière est quand même en grande partie derrière moi. Donc voilà, je ne sens pas autant de pression que d’habitude."

Votre objectif, c’est de poursuivre avec Lotto-Soudal ou alors êtes-vous tenté par un ultime challenge ailleurs ?
"Dans un premier temps, j’aimerais rester chez Lotto-Soudal. Je m’y sens bien. Ce n’était pas forcément le cas quand j’ai débarqué il y a quatre ans mais, franchement, maintenant tout va bien. J’ai dit à la direction que je n’avais pas envie d’aller voir ailleurs. Mais bon, je reste un professionnel et il faudra voir comment les choses vont évoluer. De toute façon, je le répète, toute discussion, toute spéculation passe par des résultats quoiqu’il arrive… "

Vous avez clairement annoncé votre volonté de remettre les pieds sur le Tour de France où on ne vous a plus vu depuis 2013 (14ème du classement final à l’époque)…
"Oui, j’en ai vraiment envie et je l’ai demandé au staff. Mais je ne sais pas si ce souhait deviendra réalité. Je me rends bien compte que, par rapport à la tactique que l’équipe veut adopter autour de notre sprinter Andre Greipel, je n’ai pas forcément ma place. En tout cas, ce n’est pas à moi qu’on pense en premier. Donc, si j’obtiens ma sélection pour le Tour de France, ce sera probablement au dernier moment… Moi, j’ai aussi envie d’assurer mon avenir en participant à d’autres belles courses et en espérant m’y mettre en évidence, le Tour d’Italie notamment. Je penserai au Tour seulement après le Giro. J’essaierai de me ’vendre’ au mieux pour y aller mais ce ne sera pas avant la fin mai."

Avouez : vous ne pourrez pas vous empêcher de penser à la Grande Boucle pendant le Giro ?
" Evidemment ! Mais… non. Quand je serai au Giro, je penserai à faire un résultat… au Giro. Pour justement avoir tout en main pour négocier ma place au Tour et mon avenir chez Lotto-Soudal."

On a vraiment le sentiment que le niveau global du cyclisme est en constante augmentation. Que devez-vous faire, à 34 ans, pour encore espérer améliorer vos résultats ?
"Il faut toujours se remettre en question et toujours travailler. C’est mon leitmotiv depuis que je suis pro et je crois que c’est encore plus vrai aujourd’hui. Personnellement, je sais que je dois travailler plus, être encore plus sérieux, pour obtenir des résultats qui sont similaires à avant."

N’est-ce pas un peu frustrant ?
"Si, il y a beaucoup de frustration. J’ai partagé ce sentiment-là avec des collègues et tout le monde ressent la même chose. On est tous dans le même bateau. Tous les coureurs sont devenus un petit peu plus forts. Et ce n’est pas uniquement dans le sport cycliste. Dans tous les domaines, on se spécialise et on recherche l’excellence. Dans le vélo, ça se matérialise par un niveau général plus élevé. Par exemple, de plus en plus de coureurs sont capables de réaliser un top-10 dans un grand Tour, ce qui n’était pas le cas auparavant. Je prends ça avec beaucoup de philosophie. Je m’amuse toujours autant sur le vélo et c’est ce qui va me faire encore avancer quelques années ! "

Vous avez terminé sixième d’un Tour d’Espagne (en 2011). Avez-vous l’impression d’avoir encore le même potentiel ? Dit autrement, êtes-vous encore capable, à 34 ans, en vous préparant de la même manière, de réaliser une performance similaire ?
"On a désormais de nombreux instruments de mesure sur le vélo qui nous permettent de savoir très précisément quel est notre niveau. Et je peux vous dire qu’à 34 ans, je suis très très proche de mon niveau de 2011 quand j’ai terminé sixième. Pourtant, mes résultats récents ne sont pas extraordinaires… J’espère cependant qu’un jour tout va se goupiller pour que je puisse encore faire un top-10 dans un grand Tour. Mais la réalité est différente. Six ans après cette fameuse Vuelta, le niveau est bien plus élevé !"

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