Les 4, 3 ou 1 jour(s) de La Panne ?

Les Trois Jours de Bruges-La Panne étaient programmés ce mercredi chez les messieurs et le lendemain chez les dames. Pour la première fois depuis sa création en 1977, la course n’aura pas lieu en raison de la pandémie de Coronavirus. Retour l'étonnante histoire d’une épreuve qui s’est toujours appelée " Les Trois Jours " alors qu’elle en a parfois compté quatre, trois ou un seul !

La naissance de l’épreuve remonte au milieu des années ’70, au temps de la prestigieuse équipe cycliste belge Ijsboerke (un grand glacier belge) qui comptait alors dans ses rangs quelques fameux coureurs belges comme Walter GodefrootWilly PlanckaertFrans Verbeek ou Ludo Peeters et dont le directeur sportif était Rik Van Looy. Durant les Quatre Jours de Dunkerque, une course par étapes qui durait six jours (!), l’équipe avait pris l’habitude de loger à l’hôtel Zeedijk à La Panne. Une réelle amitié est née entre la direction de l’équipe et le directeur de l’établissement. C’est ainsi qu’a germé l’idée d’organiser une course à étapes entre Tielen (siège de Ijsboerke) et La Panne.

Le lundi 21 mars 1977, c’est la naissance de " Trois Jours de La Panne ". Première incongruité, la course se déroule en quatre jours et cinq étapes ! Le plateau est très relevé avec la présence de Jan Raas qui vient de remporter Milan-Sanremo et de Lucien Van Impe, vainqueur du dernier Tour de France. Le départ est donné dans le centre de La Panne avec un contre-la-montre par équipes. Le deuxième jour, les coureurs prennent la direction de Tielen où le Néerlandais Adri Schipper s’impose. Le troisième jour, retour à La Panne et succès de Herman Van Springel. Le dernier jour, Willem Peeters (de l’équipe Ijsboerke !) triomphe le matin au sprint et Dirk Baert remporte le chrono individuel. Roger Rosiers, vainqueur de Paris-Roubaix en 1971, devient le premier lauréat de l’épreuve, essentiellement grâce à la victoire de son équipe le premier jour.

Durant les trois années suivantes, l’étape initiale étant supprimée, on en vient à trois jours de course et une seule étape quotidienne. A partir de 1981, les " Trois Jours " adoptent enfin une formule stable avec quatre étapes disputées en trois jours (deux demi-étapes le dernier jour). Une formule qui va durer 36 ans, soit jusqu’en 2017.

Malgré des débuts encourageants, les organisateurs sont cependant vite confrontés à des difficultés financières. La chasse aux sponsors commence.

En 1990, les organisateurs optent pour un départ à Anvers (devant une boulangerie renommée) mais bloquer la circulation dans une aussi grande ville s’avère ingérable et l’expérience tourne court. La ville de Coxyde manifeste alors son intérêt. Son bourgmestre est prêt à délier les cordons de sa bourse mais il exige une contrepartie : une arrivée chez lui. Le nom de sa ville est même ajouté à la dénomination de la course qui devient Les Trois Jours de La Panne-Coxyde. La première étape emprunte de prestigieux monts flandriens. Elle est la plus spectaculaire et se termine à Zottegem. La deuxième s’achève à Coxyde. La troisième se dispute en deux temps à La Panne : en ligne le matin et contre-la-montre individuel l’après-midi.

Longtemps, les Trois Jours de La Panne ont bénéficié d’une position idéale au calendrier : le mardi, mercredi et jeudi qui précèdent le Tour des Flandres. Mais change en 2018 lorsque l’UCI (Union Cycliste Internationale) accepte le déplacement dans le calendrier de À Travers la Flandre au mercredi précédent le Ronde. Aujourd’hui, l’épreuve est positionnée une semaine plus tôt, le mercredi entre Milan-Sanremo et Gand-Wevelgem, deux jours avant l’E3 et elle est devenue une course d’un jour disputée entre Bruges et La Panne. Les victoires de Groenewegenet Viviani l’ont démontré, c’est désormais une affaire de sprinters. Philippe Gilbert, lauréat en 2017, restera probablement à jamais le dernier vainqueur de la course à étapes " Les Trois Jours de La Panne ".

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