Lefevere sur Cavendish : "Quand je l’ai signé, on s’est demandé si j’étais fou. J’aime être un fou comme ça !"

Il est l’attraction de cette semaine dans le peloton cycliste. On ne parle que de lui, de son come-back, de sa renaissance, de sa métamorphose. Sur les routes du Tour de Turquie, Mark Cavendish a retrouvé cette sensation qu’il aime tant : sprinter, jeter son vélo sur la ligne et ensuite hurler de bonheur et serrer le poing, car il sait qu’il a gagné (un triplé au moment d’écrire ces lignes). Après trois ans sans le moindre succès, le musculeux britannique a retrouvé le chemin. Grâce à un gros travail de sa part, mais aussi grâce à une équipe qui lui a fait confiance.

Patrick Lefevere, manager de Deceuninck-Quick Step, savoure le retour de Cav. D’autant plus que cette 3ème victoire du sprinteur apporte le… 800ème succès (depuis sa formation en 2003) de la formation belge ! "Je l’ai eu au téléphone juste après sa victoire", explique Patrick Lefevere. "Je suis naturellement très heureux. Quand je l’ai fait signer dans notre équipe l’année passée, certains se sont presque moqués de moi. Ils se sont demandés si je devenais fou. Moi, j’aime bien être un fou comme ça !".


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Explication de la métamorphose en six mois

En six mois, Mark Cavendish est passé des larmes, à la fin de Gand-Wevelgem l’année dernière, à la victoire. Que s’est-il passé en si peu de temps ? "Quand j’ai vu ces images de lui après Gand-Wevelgem l’an dernier, je me suis dit : mais ce n’est quand même pas possible ! Il m’avait déjà approché par messages et je lui avais dit que je n’avais pas le budget pour l’engager. Ensuite, il est venu dans mon bureau et là je lui ai dit : ne me téléphone pas tous les jours, je fais tout mon possible pour essayer de trouver une solution. On a cherché et voilà, on y est. Pour lui permettre de revenir, c’était surtout un travail mental. Dans ses équipes précédentes, il se plaignait d’avoir un virus mais les médecins ne le croyaient pas. Sur son vélo, il ne trouvait jamais sa position. Nous, on a ressorti le vélo qu’on avait fait pour lui quand il avait le maillot vert au Tour de France. Là, tout de suite, il a retrouvé ses sensations. C’était difficile à croire mais c’est lui le coureur. En décembre, il était encore un petit peu trop gros mais il était super motivé et il n’était pas le plus mauvais de l’équipe dans les petits sprints d’entraînements en côte. A ce moment-là, il a dit : je suis super heureux, j’ai le vélo que je veux et je suis dans l’équipe que je veux. Nous, on a dit : il reste une chose à faire, gagner. Et c’est ce qu’il fait maintenantMa relation avec Mark est particulière. Dans la vie, il y a certaines choses que vous ne pouvez pas expliquer. Avec certaines personnes, vous avez un clic et vous vous comprenez tout de suite. J’ai ça avec Mark. Il a toujours été le premier à me téléphoner et à vouloir me voir, même quand il roulait pour une autre équipe".

Il s’est très bien entraîné cet hiver

"Je suis très heureux pour lui", ajoute son équipier Florian Sénéchal. "Beaucoup de gens disaient : C’est fini pour lui, il peut arrêter le vélo et penser à son après-carrière. Mais lui, il ne voulait pas laisser tomber. Il se sentait encore frais et il avait encore de la motivation. Ça s’est vraiment vu cet hiver où il s’est très très bien entraîné, avec une grosse motivation. Il représente un bon exemple pour le sport en général. Il a eu trois années mauvaises, avec des galères. Mentalement mais aussi physiquement. Il n’a jamais laissé tomber et il prouve cette semaine que quand on a le mental, on peut y arriver".

"Ce n’est pas une métamorphose non, c’est juste un come-back. C’est vrai qu’il était en larmes après Wevelgem l’an dernier, mais c’est quelqu’un de très sentimental. Il aime son sport, il aime les sprints et surtout, il aime gagner ! Là il a retrouvé la gagne comme dans ses grandes années, je ne lui souhaite que le meilleur", confie Sénéchal.

Pourquoi Cavendish est-il parfois 'grumpy' ou ronchon face aux médias ?

Très émotionnel, Mark Cavendish donne parfois une image de lui plutôt inamicale. Quand il se présente devant les médias, même après une victoire, il peut parfois être très ronchon et "tirer la tronche". Patrick Lefevere explique et défend son coureur. "Je pense que ça vient de l’adrénaline. C’est vrai qu’il est parfois 'grumpy' (traduction : ronchon) mais je le comprends très bien. Quand j’étais coureur, j’étais un petit coureur, mais j’avais la même chose. Dès que je mettais le casque, jusqu’à la douche après la course, il valait mieux me laisser tranquille… Il a déjà expliqué qu’en fait, il est méfiant par rapport aux médias à cause de mauvaises expériences. Il n’aime pas les petits médias, les sites internet, qui changent les propos. Ils ne retirent que quelques mots et puis changent le contexte. C’est pour ça qu’il est devenu un petit peu méfiant", précise le boss de Deceuninck-Quick Step.

Et Florian Sénéchal ajoute : "Dans l’équipe, pas du tout. C’est quelqu’un qui est très sociable, qui aime le dialogue et parler de longues heures à table par exemple. C’est un mec très gentil. C’est sûr que quand quelque chose ne va pas, il va te le dire car il est honnête".

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