Lefevere : "Je ne vois pas comment courir le Giro, le Tour, la Vuelta et les classiques en quelques mois"

Lefevere : "Je ne vois pas comment courir le Giro, le Tour, la Vuelta et les classiques en quelques mois"
Lefevere : "Je ne vois pas comment courir le Giro, le Tour, la Vuelta et les classiques en quelques mois" - © YUZURU SUNADA - BELGA

La crise du coronavirus touche aussi le cyclisme, qui a vu son calendrier complètement chamboulé, avec le report des classiques de printemps et du Giro, entre autres. Pour le Manager général de l’équipe Deceuninck Quick-Step Patrick Lefevere, les reports en nombre vont poser de gros problèmes dans le calendrier en fin d’année.

"C’est formidable que la saison ait été prolongée mais je ne vois pas comment vous pouvez intégrer le Giro, le Tour de France, la Vuelta et les classiques en quelques mois" a expliqué Patrick Lefevere au Laatste Nieuws. "Il y a encore tellement de questions : Est-ce que tous les grands tours vont durer 3 semaines ? Qui va prendre les décisions ? Les classiques ardennaises peuvent-elles prendre place avant les championnats du monde, maintenant que les JO ont été reportés ? Pour ceux qui ne participent pas aux Mondiaux, sera-t-il possible de courir les Flandriennes après les Mondiaux ?"


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Brian Cookson, l’ancien président de l’UCI, avait effectivement suggéré que les grands tours se déroulent sur 2 semaines au lieu de trois, en commençant par le Tour, fin juillet ou début août.

"Je suis un optimiste mais je ne vois pas comment ils pourraient justifier de courir le Tour de France" a ajouté Lefevere. "Cela pose une question au niveau des fans : qui peut venir voir le Tour ? Qui peut entrer en France et qui ne peut pas ? Je ne peux pas imaginer que quelqu’un agite une baguette magique début juillet et que la crise du coronavirus soit soudainement résolue dans le monde. Soyons raisonnable."


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Du côté politique français, la ministre des sports Roxana Maracineanu a abordé mercredi la possibilité de voir la Grande Boucle se disputer sans spectateurs sur le bord des routes. "Tous les scénarios sont à l’étude", a-t-elle avancé, précisant que les discussions avec l’organisateur ASO étaient en cours mais qu’il était "trop tôt pour se prononcer".

"Le modèle économique du Tour de France ne repose pas sur de la billetterie mais sur les droits TV et la retransmission média. Tout le monde a compris les bénéfices de rester chez soi et donc de privilégier le spectacle télévisé que le direct. Finalement, ce ne serait pas si pénalisant puisqu’on pourrait le suivre à la télévision", a-t-elle expliqué à France Bleu.

Un déficit déjà enregistré de 500.000 euros

Toujours est-il que l’annulation en série de course met à mal les finances des équipes cyclistes. Deceuninck Quick-Step n’y déroge pas. "Nous avons décidé de payer tout le monde jusqu’à la fin du mois de mars quoiqu’il arrive" termine Patrick Lefevere. "Nous avons besoin de voir combien de temps les courses vont s’arrêter et nous prendrons des décisions dans les mois à venir. Bien sûr nous économisons de l’argent dans certains domaines, comme les carburants ou les hôtels. Mais d’un autre côté, nous n’avons pratiquement aucun revenu. Cela nous a déjà coûté 500.000 euros."

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