Le travail de fond de Lefevere pour dénicher des sponsors: "Il ne suffit pas de prendre les pages jaunes"

L'équipe Quick-Step a annoncé ce lundi l'arrivée d'un nouveau sponsor principal. La firme Deceuninck, spécialisée dans les PVC, succédera à Quick-Step comme apport financier principal de l'équipe de Patrick Lefevere. Le Manager de l'équipe belge s'est confié à Erik Libois sur ce changement de sponsor. Il y aborde les difficultés de conserver une grande équipe belge dans le contexte financier du vélo actuel. Un contexte difficile, même pour l'équipe qui a remporté le plus de victoires cette année.

C’est le premier paradoxe, Quick Step est d’abord victime de ses propres succès: 69 bouquets décrochés en 2018. "Quand vous avez une équipe qui gagne comme la notre, les coureurs et les représentants valent naturellement plus d'argent" annonce Patrick Lefevere. Car le vélo vit tous les excès du sport professionnel mondialisé et l’inflation des coûts. "On a eu tellement de mécénat, de loteries, de pays qui sponsorisent. Heureusement qu'ils sont là mais ce n'est pas un bon signe."

36 millions de budget pour Sky, 32 pour Katusha 32, 18 seulement pour Quick Step. le seule réponse que peut apporter Lefevere, c'est le savoir-faire. "Nous sommes une maison de confiance. Je ne suis pas quelqu'un qui vend des choses que je n'ai pas. Je ne suis pas non plus un homme qui travaille sur le court terme. Je ne vends pas des bulles."

Et chaque année Lefevere réactive son réseau. "Il ne suffit pas de prendre les pages jaunes. Il s'agit de réseau, de connexions, de relations. C'est une recherche continue. Je me sens quand même représentant pour 75 familles."

Mais la crise règne. Il y a trop d’acteurs pour le même gâteau. Et dans ce concert, quelle place pour la Belgique, pays de tradition du vélo, mais avec un marché en diminution? "Ca dépendra de nous" termine le Belge. "Si demain un Mexicain milliardaire achète l'équipe et veut que ce soit un drapeau mexicain à côté de l'équipe, ce sera comme cela. L'argent ne pue pas. L'homme dans la rue, le vrai fan de cyclisme, il s'en fout de qui est le propriétaire."

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