Le cyclisme sur route va-t-il favoriser le succès du cyclo-cross ?

Wout van Aert (Jumbo-Visma), Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix), Tom Pidcock (INEOS Grenadiers) ou encore un certain Julien Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), ils sont quelques coureurs à s’être illustrés en cyclisme sur route ces dernières années, mais en étant passés avant tout sur un terrain bien différent : le cyclo-cross.

Alors, est-ce que le succès des coureurs des labourés sur la route permettra-t-il de populariser cette discipline ?

Du cyclo-cross au cyclisme sur route

Depuis quelques années, deux des plus grands champions de cyclo-cross se sont tournés principalement vers la route. Wout van Aert (Jumbo-Visma) et Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) enchaînent les succès depuis plus de deux ans dans le peloton professionnel. Ils ont été rejoints ces derniers mois par des coureurs comme Tom Pidcock (INEOS Grenadiers) ou encore Tim Merlier (Alpecin-Fenix). Avant Van Aert, victorieux sur Milan-San Remo et Van der Poel, vainqueur sur le Tour des Flandres, seuls quelques coureurs avaient réussi à remporter un monument sur route et à être champion du monde en cyclo-cross : Roger De Vlaeminck, Adrie Van der Poel, mais aussi Pascal Richard.

J’ai le sentiment que le phénomène des cyclo-crossmen qui deviennent de bons routiers n’est pas quelque chose de nouveau.

Pourtant, il semblerait que cette transition du cyclo-cross vers la route ne soit pas neuve : "Je pense qu’il y a eu d’autres coureurs avant les Van Aert, Van der Poel, qui ont contribué à cela. Je pense notamment à Sven Nys qui est aussi une sorte d’icône en Flandre. Il a aussi son centre d’entraînement qui draine beaucoup de jeunes actuellement et qui est d’ailleurs une entreprise commerciale couverte par Golazo et Energy Lab qui fonctionnent très bien. J’ai le sentiment que le phénomène de cyclo-crossmen qui deviennent de bons routiers n’est pas quelque chose de nouveau. On peut en citer de grandes quantités comme Thomas Frischknecht, Klaus-Peter Thaler, les frères De Vlaeminck, Pascal Richard, Lars Boom. Ce sont tous des gars qui ont fait du cyclo-cross et qui sont venus avec de sérieux résultats chercher de bons résultats sur la route", détaille notre consultant Gérard Bulens.

Les stars du cyclo-cross influencent les jeunes amateurs de cyclisme sur route

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Le cyclo-cross attire beaucoup de spectateurs, surtout du côté néerlandophone belge. © Copyright ISOSPORT

Une popularité qui peut se transmettre vers les plus jeunes générations. Pour Christophe Detilloux, ancien coureur professionnel et directeur sportif de la formation Bingoal – Wallonie-Bruxelles Développement, les stars du cyclo-cross qui brillent également sur la route ont une certaine influence sur les plus jeunes : "Je pense que beaucoup vont s’en inspirer d’un point de vue entraînement et, en intensité pour l’hiver, le début de saison et revoir les méthodes d’entraînements de certains. Ça va faire réfléchir beaucoup. Je pense qu’avec la popularité de Van Aert, Pidcock, les jeunes qui s’intéressent un peu à la route voient que ces champions viennent du cyclo-cross et font que, eux-mêmes, s’intéressent au cyclo-cross."

Même son de cloche du côté de Gérard Bulens : "Bien sûr, l’opposition créée essentiellement par la presse entre Van Aert et Van der Poel est de nature à ce que ce phénomène s’amplifie un peu et, à mon avis, attire quand même des jeunes dans le cyclo-cross, c’est un fait évident."

Une discipline plus sécurisée que sur la route

Le cyclo-cross est l’une des disciplines cyclistes les plus sécurisées et c’est certainement l’élément qui attire de nouveaux coureurs et qui continuera d’en faire son succès, selon notre consultant Gérard Bulens : "Pour moi, la raison principale, c’est que c’est un sport qui n’est pas dangereux. Même s’il est spectaculaire, même s’il y a beaucoup de petites chutes. Vous tombez dans le sable, dans la boue et les conséquences ne seront jamais très importantesC’est un sport très athlétique qui permet de pratiquer l’entraînement en toute sécurité puisque, normalement, on est en dehors de la circulation. Je pense que l’un des vrais écueils, en dehors du prix d’un vélo, c’est bien sûr l’insécurité de lancer des enfants sur la rue, seuls, à l’entraînement. Je souris parfois quand je vois tous les aménagements qui sont faits pour les pratiquants de vélo à Bruxelles et dans l’agglomération. Mais ça n’empêche pas les accidents et ça n’empêche pas que, chaque semaine, il y a des cyclistes blessés graves parce que la cohabitation entre les cyclistes et les automobilistes, ça n’existe pas. Si vous n’êtes pas sur vos gardes en permanence, vous êtes en danger," explique-t-il.

Je pense que la discipline pourra se développer une fois que la pandémie sera terminée.

Cet aspect sécuritaire pourrait constituer un élément important dans la popularisation du cyclo-cross, comme le souligne Christophe Detilloux : "Je pense qu’il y aura une popularisation, même en Wallonie, de par le fait que le cyclisme sur route devient de plus en plus dangereux avec la circulation et les gens qui sont stressés. On sait faire des entraînements d’une heure et demie, deux heures, sans avoir du trafic. Je pense que pour les parents, c’est sécurisant. Je crois que c’est une discipline qui peut remettre des jeunes sur le vélo, comme avec le VTT. Avec le Covid, c’est un peu compliqué. On n’a pas repris les courses avec les jeunes, mais il y a une volonté de vouloir développer le cyclo-cross. Je pense que la discipline pourra encore plus se populariser une fois que la pandémie sera terminée."

Si la jeunesse peut être impactée par des coureurs qui brillent en cyclo-cross et sur la route, il reste néanmoins du travail en fédération Wallonie-Bruxelles pour que la discipline des labourés arrive à obtenir le même succès déjà acquis en Flandre.

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