La crise inquiète le peloton, 27% des coureurs arrivent en fin de contrat

Plus d'un quart du peloton World Tour arrive en fin de contrat
Plus d'un quart du peloton World Tour arrive en fin de contrat - © Tous droits réservés

La saison cycliste à peine entamée est déjà au point mort comme pratiquement toute la planète. Dans ce contexte particulier, le peloton s’inquiète pour son avenir. Des interrogations encore plus importantes pour 27% des coureurs du World Tour qui ne connaissent pas le nom de leur futur employeur.

La mode n’a jamais été aux contrats longue durée en cyclisme. Les coureurs se lient pour une ou deux saisons, parfois trois. Il n’est donc pas rare qu’une partie du peloton arrive en fin de bail. Mais avec l’absence de courses, la crise économique qui guette les sponsors, l’incertitude s’accentue en cette année 2020.

"C’est très simple. Si le Tour n’a pas lieu, des équipes pourraient disparaître, des coureurs et des membres d’encadrement se retrouveraient sans travail", a asséné un Marc Madiot, manager de la Groupama-FDJ, toujours aussi direct.


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Les situations sont différentes d’une équipe à l’autre. Patrick Lefevere émarge à la catégorie des "biens lotis". 2019 a été chargée en reconductions, le boss de Quick-Step est donc plutôt tranquille cette année avec 23 loups dans sa meute pour 2021. Certains cadres du Wolfpack sont quand même sur le marché : Jungels, Lampaert ou Devenyns.

Sunweb (24 coureurs), Movistar (21 coureurs), Ineos ou Trek-Segafredo (18 coureurs) affichent un noyau aux contours assez clairs. Même si des leaders comme Wilco Keldermann, Soren Kragh Andersen, Chris Froome, Michal KwiatkowskiJasper Stuyven ou Richie Porte sont susceptibles de partir. Lotto-Soudal est dans la moyenne basse avec 13 coureurs pour 2021 et beaucoup de Belges à renouveler (Wellens, De Gendt, Maes, Wallays, Armée, Mertz,…).

Qui pour accompagner Campenaerts chez NTT ?

A l’autre bout de l’échelle, on retrouve des équipes comme NTT Pro cycling, Israël Start up Nation ou CCC. L’ex-Dimension Data ne peut compter que sur 5 coureurs en vue de l’an prochain. Le staff va donc devoir travailler pour se renforcer et ajouter des noms à son line-up à côté de Victor Campenaerts ou Domenico Pozzovivo. Dan Martin, Ben Hermans, Hugo Hofstetter ou Krists Neilands porteront eux encore les couleurs de la formation israélienne. Une bonne base, mais un peu maigre tout de même.

Le cas de CCC est encore plus délicat. L’équipe est touchée de plein fouet par la crise. Le sponsor connaît des difficultés financières et personne ne sait s’il honorera sa dernière année de partenariat. Greg Van Avermaet, Simon Geschke, Serge Pauwels, Michael Schär ou Alessandro De Marchi font partie des futurs "free agents".

De bonnes pioches ?

Et ces cinq-là ne sont pas les seuls noms attrayants dans l'étalage. Les jumeaux Yates (Mitchelton-Scott), Michal Kwiatkowski (Ineos), Dylan Teuns, Ivan Garcia Cortina (Bahrain-McLaren), Oliver Naesen (Ag2r-La Mondiale), Nils Politt (Israël-Start Up Nation), Miguel Angel Lopez (Astana), Sep Vanmarcke (EF Pro Cycling) ou Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe)  - pour ne citer qu'eux - ont assez d’atouts à faire valoir pour ne pas trop s’en faire pour leur avenir.

Romain Bardet (Ag2r-La mondiale), Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) et leurs gardes rapprochées (Cherel, Frank, Latour, Reichenbach, Mollard, ...) cherchent potentiellement un nouveau port d’attache. Même si un déménagement semble peu envisageable pour les deux Français, viscéralement liés à l’équipe qui les a lancés chez les pros. La remarque vaut aussi pour Tim Wellens et Thomas De Gendt chez Lotto-Soudal, même si Benoot a prouvé que couper le cordon pouvait aussi s’avérer vivifiant.

Reste tous les autres, les gregarios ou tous ceux qui misaient sur le printemps et la première partie de saison pour "se vendre". Sans course, impossible de se montrer. Et avec un calendrier ramassé d'août à octobre, les occasions seront moins nombreuses.

Du côté des managers, le discours n’est pas encourageant. "Désolé pour les garçons qui sont en fin de contrat, mais qui va parler de transferts maintenant ? (…) Tu ne sais même pas si tu seras là l’année prochaine", a souligné Patrick Lefevere à Sporza.

Le boss de Deceuninck-Quick Step affirme qu’il n’est pas prêt à sauter sur la moindre "bonne affaire". "Je regarde d’abord les coureurs en fin de contrat chez moi. J’ai toujours dit que je ne frappais pas un homme à terre".

Palmarès, âge, profil, parmi les 145 coureurs en fin de contrat, tous ne sont pas dans la même situation ni confronté à la même incertitude. Certains seront forcément plus courtisés que d’autres. Et si on décroche à contrat quelles seront les conditions ? C'est encore une autre question.

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