Le huis clos sera respecté sur la première étape du Tour de Wallonie, amendes à la clé si besoin!

Le 41ème Tour de Wallonie cycliste débute aujourd’hui. Quatre étapes : Soignies-Templeuve (187 km) ce dimanche, Frasnes lez Anvaing-Wavre (172,3 km) lundi, Montzen-Visé (192 km) mardi et Blegny-Erezée (199,4 km) mercredi. C'est la dernière course par étapes de préparation avant le Tour de France. 

La très bonne date " négociée " auprès de Belgian Cycling et de l’Union Cycliste Internationale par le patron de l'épreuve Christophe Brandt a permis d'attirer quelques cadors du peloton : Philippe Gilbert, Greg Van Avermaet, Caleb Ewan, Mark Cavendish, Arnaud Démare, Sam Bennett, Niki Terpstra, Oliver Naesen, Nacer Bouhanni, Bryan Coquard, John Degenkolb ou encore le champion de Belgique Tim Merlier… que du beau monde !

Mais, en pleine pandémie de coronavirus, le public ne pourra approcher ces stars du vélo sous aucun prétexte puisque ce Tour de Wallonie 2020 se disputera intégralement à huis clos ! Personne aux départs, personne aux arrivées et... personne sur le parcours dont les détails sont d'ailleurs tenus secrets par l'organisation. Excepté les riverains et les membres de leur bulle qui seront tolérés, masqués pour les plus de douze ans, devant leur domicile, aucun spectateur ne pourra applaudir les coureurs sur le bord de la route. Sur base d'un arrêté pris par l'ensemble des gouverneurs de provinces, la police pourra contrôler et verbaliser. On vous conseille donc de suivre la course sur nos antennes, à la radio, à la télévision et sur notre site Internet.

Samuël Grulois a rencontré le bourgmestre socialiste de Tournai (l’entité dont Templeuve fait partie), Paul-Olivier Delannois, un passionné de cyclisme qui a bien l’intention de faire respecter sur son territoire toutes les mesures sanitaires annoncées. Tournai a accepté de remplacer Ath au pied levé après le forfait de la Cité des Géants. Mais Tournai ne fera pas n’importe quoi pour autant.

Monsieur le bourgmestre, pourquoi avoir donné votre accord ?

" J’ai eu face à moi toute une série de personnes qui étaient responsables. Et j’ai également reçu toute une série d’informations, tant du gouverneur de la Province du Hainaut (NDLR : Tommy Leclercq) que du ministre-président wallon Elio Di Rupo. Ils m’ont expliqué qu’ils autorisaient l’organisation de cette course cycliste mais à des conditions très strictes. Et donc oui, j’ai donné mon accord. Ça permet au sport cycliste de continuer à vivre. Et même si les amateurs de vélo ne peuvent pas venir voir, ils contribueront quelque part, en ne venant pas, à ce que la course puisse avoir lieu. J’ai dit " oui " avec tout ça à l’esprit. Mais ce n’est évidemment pas un " oui " sans condition. "

On doit prendre le risque ! Un risque totalement mesuré pour faire en sorte, tout simplement, que la vie continue mais pas à n’importe quel prix. Très honnêtement, ce prix, le prix de la sécurité, je ne vais pas le brader. A l’arrivée, il y aura toute une série de barrières derrière lesquelles… il n’y aura personne !

Êtes-vous le… Robin des Bois du cyclisme ? Vous sentez-vous investi d’une " mission ", la mission d’aider, notamment, le sport cycliste ?

" C’est la même chose au niveau de la culture. Ce week-end par exemple, le créateur Luc Petit organise aussi un spectacle à Tournai. Tant dans le monde culturel que dans le monde sportif, de nombreux évènements ne peuvent plus avoir lieu depuis plusieurs mois. Moi, je pense qu’on peut les relancer mais pas n’importe comment. On doit prendre le risque ! Un risque totalement mesuré pour faire en sorte, tout simplement, que la vie continue mais pas à n’importe quel prix. Très honnêtement, ce prix, le prix de la sécurité, je ne vais pas le brader, ni au niveau de la culture, ni au niveau sportif. "

Les organisateurs du Tour de Wallonie ont annoncé que toute la course se déroulerait à huis clos. A quoi va donc ressembler cette arrivée à Templeuve ?

" Il y aura toute une série de barrières derrière lesquelles… il n’y aura personne ! Le site d’arrivée nécessite naturellement un certain nombre de barrières mais habituellement on retrouve les amateurs de cyclisme juste derrière. Ici, et c’est une exigence du gouverneur et du ministre-président, il n’y aura personne. Les gens ont la possibilité de regarder l’épreuve à la télévision et de la suivre à la radio. "

Je veux donner un message aux amateurs de cyclisme. S’ils veulent que le sport cycliste continue d’exister, ils doivent considérer le Tour de Wallonie comme un test. Si ce test est favorable, je pense que les autorités continueront d’accepter l’organisation de ce genre de courses.

Vous savez comme moi qu’il risque malgré d’y avoir sur place des spectateurs. Comment agir le cas échéant ? Je rappelle qu’en tant que bourgmestre, vous êtes le chef administratif de la police locale. 

" Je ferai passer un message à la police. Mais je veux surtout donner un message aux amateurs de cyclisme. S’ils veulent que le sport cycliste continue d’exister, ils doivent considérer le Tour de Wallonie comme un test. Si ce test est favorable, je pense que les autorités continueront d’accepter l’organisation de ce genre de courses. Si le citoyen n’est pas responsable des actes qu’il va commettre, alors peut-être que demain les courses n’auront plus lieu, purement et simplement. Les personnes qui aiment le vélo doivent se comporter de façon responsable ! Il y a toujours le gendarme et… la peur du gendarme. Il y a une liste d’interdictions : les spectateurs -sauf les riverains- sont bannis sur le circuit et sur le site d’arrivée. Si des gens s’y trouvent malgré tout, ils pourront être mis à l’amende. " 

Comme vous, j’ai lu attentivement l’arrêté pris par le gouverneur de la Province du Hainaut. Avouez qu’il est difficilement applicable… surtout cette interdiction pour le public de se trouver sur le bord de la route ! Alors, l’esprit ou la lettre ?

" Quand vous roulez sur l’autoroute, vous ne pouvez pas dépasser 120 km/h. Il vous arrive peut-être, parfois ou souvent, de rouler à 140. Et une fois de temps en temps, vous vous faites flasher. Ici, c’est la même chose, les règles sont connues. Vous pouvez prendre le risque… mais vous prenez aussi le risque de recevoir une amende de 250 euros ! J’ai souvent tendance à croire en l’intelligence collective. Je ne peux pas vous garantir qu’il y n’y aura pas un râleur ou deux, mais je fais donc confiance à l’intelligence collective pour que monsieur et madame tout-le-monde comprennent. Pour que la magie des courses cyclistes persiste, il faut permettre… l’organisation de courses cyclistes ! Si on ne saisit pas la possibilité de le faire aujourd’hui, les Van Avermaet, Gilbert et consorts resteront chez eux à l’avenir. Et cette magie n’opèrera plus jamais. Le Tour de Wallonie aura lieu. Il permettra à des cyclistes professionnels de rouler. Les cyclistes sont des artistes et on veut leur permettre de réaliser leur art, leur sport. "

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